Acadie française

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Localisation actuelle des Acadiens

L'Acadie était une ancienne colonie française du Canada. Les Acadiens habitaient ce qui est aujourd'hui la province canadienne du Nouveau-Brunswick et dans certaines parties de la province actuelle de Nouvelle-Écosse et l'ile du Prince-Édouard.

L'Acadie a dépendu de la France de 1604 à 1713. L'Acadie (et en particulier la Nouvelle-Écosse) a été le théâtre de nombreux conflits armés entre Français et Britanniques, les deux pays affirmant leur souveraineté sur une partie du territoire. Devenus définitivement sujets britanniques, la plupart des habitants francophones restèrent sur place. Cependant en 1755, ils refusèrent de prêter serment de fidélité au roi d'Angleterre. Les 18 000 Acadiens furent alors déportés dans les autres colonies britanniques d'Amérique du Nord.

Les explorations européennes[modifier | modifier le wikicode]

Il est probable que les Vikings aient découvert ces régions à la fin du XIe siècle. Depuis le traité de Tordesillas, signé en 1494, par l'Espagne et le Portugal, la région faisait partie du domaine réservé aux Espagnols. Mais les autres pays européens n'en tinrent pas compte. Au XVe et au début du XVIe siècle, plusieurs explorateurs abordèrent dans ces régions : Jean Cabot pour le compte de l'Angleterre en 1497 et João Álvares Fagundes pour le Portugal vers 1520 . Mais ils ne prennent pas possessions des terres au nom de leurs rois respectifs.

En 1524, le navigateur Giovanni da Verrazzano, qui travaille pour le roi de France François Ier, aborde dans ces régions et celles plus au sud. Séduit par les ressources de la région il la nomme Arcadie (dans l'Antiquité grecque l'Arcadie était la région sensée être habitée oar les nymphes). Ce n'est qu'au XVIIe siècle que le nom d'Acadie est donné à la région canadienne.

Jacques Cartier explore le territoire en 1534, pour le compte de la France. En 1603, le roi de France Henri IV s'appuyant sur l'exploration de Verrazzano, considère que la région appartient à la France et concède le monopole de l'Acadie à Pierre Dugua de Mons pour qu'il y fonde une colonie entre, au sud, le cap Cod (aujourd'hui dans le Massachusetts et au nord, le cap Breton (aujourd'hui en Nouvelle-Écosse). Les colons recevaient le monopole du commerce des fourrures.

Cependant les Anglais s'intéressent aussi à la région. En 1584, Humphrey Gilbert s'empare de Terre-Neuve. Les Anglais s'installent plus au sud dans le Maine en 1602. La rivalité entre les deux pays voit le jour.

Installations des Français en Acadie[modifier | modifier le wikicode]

Au moment de l'arrivée des Européens la régions était habitée par des peuples amérindiens : les Malécites, les Micmacs et les Abénaquis. Avec des peuples installés plus au sud ils forment la confédération Wabanaki. Ce sont des chasseurs et des pêcheurs.

De 1598 a 1603, une première colonie française est installée sans succès sur l'ile de sable (Nouvelle-Écosse). Dugua de Mons fonde sa colonie sur l'ile Sainte-Croix (actuellement dans le Maine aux États-Unis). C'est aussi un échec. Il fonde alors Port-Royal en 1605 (sur la rive sud de la baie de Fundy) (Nouvelle-Écosse).

Rivalités franco-britanniques pour la possession de l'Acadie-Nouvelle-Écosse[modifier | modifier le wikicode]

La rivalité est grande entre les Britanniques et les Français, chacun se déclarant maître de la côte et des terres intérieures. Pour les Français il s'agit de gêner le port de Boston au sud, pour les Britanniques de repousser les Français le plus au nord possible. S'ensuit une série de conflits qui permettent à l'un ou à l'autre des deux adversaires de se prétendre souverain de ces territoires.

Notons que ces territoires sont très mal connus des Européens et que la cartographie laisse à désirer. Notons également que le peuplement d'origine européenne est très faible (surtout du côté français) et est fait de points fortifiés isolés les uns des autres. Notons enfin que l'avis des populations amérindiennes n'est pas demandé. C'est par l'intermédiaire de compagnies privées à monopole que s'exercent la main-mise européenne sur ces territoires américains.

L'installation des Britanniques[modifier | modifier le wikicode]

En 1606, le roi Jacques Ier d'Angleterre accorde à la compagnie de Virginie, les territoires compris entre les 34e et 45e parallèles nord, ce qui englobe les établissement français d'Acadie.

En 1613, l'Écosse (dont Jacques Ier est le roi sous le nom de Jacques VI d'Écosse), se proclame souveraine de la Nouvelle-Écosse, un territoire où se trouve une partie de l'Acadie française. En 1621, le territoire est concédé à William Alexander, le favori du roi.

En 1620, la Compagnie de Virginie est remplacée par le Conseil de Plymouth qui contrôle la Nouvelle-Angleterre. Les territoires accordés sont immenses et traversent de part en part le territoire américain. Ils s'étendent de l'océan Atlantique à l'est à l'océan Pacifique à l'ouest et forment une bande entre le 40e parallèle au sud et le 48e parallèle au nord. Ces territoires tracés sur une carte, non explorés, comprennent l'Acadie et même le Canada français autour de l'embouchure et de la vallée du Saint-Laurent.

L'installation des Français[modifier | modifier le wikicode]

La France agit de même. En 1627, la Compagnie de la Nouvelle-France obtient le monopole commercial sur un territoire comprenant toutes les terres délimitées à l'est par Terre-Neuve, à l'ouest par les Grands Lacs, au nord par le cercle Arctique et au sud par la Floride (appartenant aux Espagnols). Le roi de France s'approprie ainsi l'Acadie mais aussi les possessions anglaises d'Amérique du Nord. La guerre qui éclate en Europe entre la France et l'Angleterre se termine par le Traité de Saint-Germain-en-Laye par lequel la France récupère l'Acadie. Le roi de France accorde les terres du Saint-Laurent à la Virginie, à des compagnies privées dont les dirigeants sont souvent rivaux et cherchent la faveur royale. La Compagnie d'Arcadie est dirigée par Isaac de Razilly, un cousin du cardinal de Richelieu principal ministre du roi Louis XIII.

Les colons, d'abord uniquement des hommes, sont recrutés en Poitou (terre natale de Richelieu), en Bretagne, en Normandie, en Touraine voire en Champagne. En 1636, douze femmes et douze enfants débarquent en Arcadie. Au total la colonie comprend une cinquantaine de familles. Ils s'installent d'abord sur les terres longeant la rivière Dauphin et le long e la baie de Fundy (qui alors était entièrement sous le contrôle des Français). Ils ils s'étendent vers l'île Royale, l'île du Prince-Édouard (alors nommée île Saint-Jean) et le sud du Nouveau-Brunswick.

Les rivalités entre les Français et les Britanniques[modifier | modifier le wikicode]

Cependant le roi d'Angleterre Charles Ier continue de distribuer, moyennant finances, des terres acadiennes à ses amis (un bon moyen pour lui d'avoir des revenus supplémentaires ce qui lui permet de se passer du contrôle financier du Parlement de Londres) avec lequel il est en conflit larvé.

En 1654, les Anglais, qui sont alors dirigés par Olivier Cromwell s'emparent de nouveau de l'Acadie. Mais en 1656, les Anglais s'entendent avec les anciens dirigeants locaux français (en particulier Charles de Saint-Étienne de La Tour). Ils obtiennent la Nouvelle-Écosse, pourtant entre les mains de William Alexander. Après de multiples péripéties, en 1664, le territoire est donné au duc d'York frère du roi Charles II qui a repris le pouvoir en 1660.

En 1665, l'Angleterre est en guerre contre les Provinces-Unies. Le roi Charles II, ayant besoin du soutien de Louis XIV, restitue l'Acadie à la France. Les résistances des Anglais locaux sont vives et la restitution ne se fera qu'en 1670. Le territoire revenant à la France est limité par le Cap des Rosiers au nord, l'île du Cap-Breton à l'est, le cap de Sable au sud et le fort Pentagouët à l'ouest. Afin d'affirmer la présence française, le territoire est divisé en 32 seigneuries. Cependant la région étant assez ignorée du gouvernement français, les relations commerciales se font avec la Nouvelle-Angleterre toute proche, ce qui est contraire aux pratiques commerciales de l'époque (système de l'Exclusif colonial) qui réservent le commerce à la métropole. Les Britanniques ne se privent pas de venir pêcher dans les eaux acadiennes.

Alors qu'en Europe, Louis XIV fait la guerre aux Provinces-Unies, en 1674, les Néerlandais s'emparent de certains points fortifiés français et renomment le territoire Nouvelle-Hollande. En 1676, la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales nomme un gouverneur de la Nouvelle-Hollande. Mais en 1678 le traité de Nimègue met fin à la guerre entre la France et les Provinces-Unies; l'Acadie ne figure pas dans les territoires qui changent de maitres.

En 1686, un traité entre la France et l'Angleterre, reconnait la souveraineté de chacun des pays sur les territoires occupés à la date de la signature. La souveraineté française sur l'Acadie est ainsi reconnue. Depuis 1681, les Britanniques réclament le territoire de Sagadahock (est de l'État actuel du Maine). Mais depuis 1688, les relations franco-britanniques sont très mauvaises après la prise du pouvoir à Londres de Marie et Guillaumed'Orange ennemis de Louis XIV. En 1690 les hostilités reprennent en Acadie. En 1691, les Anglais annexent l'Acadie et le territoire de Sagadahock à la colonie britannique du Massachusetts. En 1692, les Français reprennent la majeure partie de l'Acadie. La Nouvelle-Écosse est séparée du Massachusetts en 1696.

À la fin de la guerre de la Ligue d'Augsbourg qui oppose la France de Louis XIV à la quasi totalité de l'Europe, en 1696 le Traité de Ryswick annule la souveraineté de l'Angleterre sur l'Acadie. Mais les Britanniques continuent de réclamer le Sagadahock. Les frontières entre les terres françaises et les terres anglaises sont incertaines (fleuve Kennebec ou bien fleuve Saint-Georges ?). À cette époque faute de cartes suffisamment précises l'Acadie a une extension vague, elle est souvent prise pour un prolongement vers le sud des rives du Saint-Laurent et certains l'étendent jusqu'à la Virginie.

La guerre de succession d'Espagne qui se déroule en Europe partir de 1701 a des répercussions en Amérique du Nord. En 1703, les Français et leurs alliés les indiens Abénaquis ravagent les régions côtières de la Nouvelle-Angleterre. Les Anglais ripostent en prenant Port-Royal en 1704, puis ils s'emparent de la ville en 1707. Mais la ville est rapidement libérée par les Français, pour être reprise par les Anglais en 1710.

Au traité d'Utrecht en 1713, une partie de l'Acadie est cédée aux Anglais (elle deviendra la Nouvelle-Écosse). Les Acadiens passés sous le contrôle des Britanniques peuvent choisir de partir pour l'Île Royale. La plupart préfèrent rester sur place. Ils négocient le droit de continuer à pratiquer leur religion catholique (alors que celle-ci est interdite dans les territoires britanniques). La France conserve l'île Royale et l'île Saint-Jean, en plus de ses autres possessions, dont l'île d'Anticosti et des droits de pêche à Terre-Neuve. Après la signature du traité les Britanniques ne s'installent pas dans la partie continentale du territoire qui reste sous souveraineté française, elle fait alors partie du Canada français. Les Britanniques décident de développer la ville d'Halifax.

Pour renforcer la présence française, le régent Philippe d'Orléans fait construire la forteresse de Louisbourg sur l'île Royale. On y loge des soldats, des fonctionnaires et des commerçants venus de France. cependant les échanges commerciaux continent avec les Acadiens restés en Nouvelle-Écosse.

Vikiliens pour compléter sur l'histoire de l'Acadie[modifier | modifier le wikicode]

Source[modifier | modifier le wikicode]

  • [1] article de Wikipédia sur le même sujet.
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