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Révolution belge

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La Révolution belge d'août 1830, aboutit à l'indépendance et à la neutralité de la Belgique. Elle fait partie du mouvement révolutionnaire qui a lieu en Europe à la suite de la révolution de juillet 1830 à Paris.

Unis aux Néerlandais depuis 1815, les Belges se sentent maltraités par leur roi, le Néerlandais Guillaume Ier des Pays-Bas. Ils sont écartés des postes de responsabilité politique et les mesures économiques prises par le roi, les défavorisent au profit des Néerlandais. Encouragés par la révolution parisienne de juillet 1830, les « patriotes » belges se soulèvent à Bruxelles le 25 août 1830. Les soldats néerlandais doivent évacuer la ville à la fin du mois de septembre. Les Belges proclament leur indépendance le 4 octobre 1830.

Les puissances européennes, ne pouvant ou ne voulant pas intervenir militairement au profit de Guillaume Ier, se réunissent à Londres en décembre 1830-janvier 1831. Elles proclament l'indépendance et la neutralité permanente de la Belgique et fixent ses frontières avec les Pays-Bas.

Les tentatives de retour en force de Guillaume Ier échouent devant l'intervention militaire française en 1831 et 1832. Les Pays-Bas ne reconnaissent l'indépendance de la Belgique qu'en 1839.

Les Belges dans le royaume des Pays-Bas[modifier | modifier le wikicode]

Guillaume Ier des Pays-Bas

En 1815, au Congrès de Vienne, les vainqueurs de Napoléon Ier, créent le royaume des Pays-Bas. Ce nouvel état réunit les Provinces-Unies et la Belgique. Il s'agit d'empêcher définitivement la France d'annexer la Belgique (un des buts de la politique extérieure française depuis Louis XIV). Il s'agit aussi de créer un état-tampon entre la France et le royaume de Prusse. La couronne est donnée à Guillaume Ier des Pays-Bas, de la famille néerlandaise d'Orange-Nassau.

Les 3,5 millions de Belges sont majoritaires parmi les 6 millions d'habitants du royaume. Pourtant, le roi Guillaume Ier les tient à l'écart des responsabilités politiques : sur les 7 ministres, il n'y a qu'un seul Belge et il en est de même parmi les 28 ambassadeurs. Dans la plupart des administrations royales, 4 fonctionnaires sur 5 sont Néerlandais. Jusqu'en 1822, la langue officielle du royaume est le néerlandais, or les Wallons, qui forment à l'époque la plus grande partie de la population belge, sont francophones. Les Flamands, qui forment l'autre partie de la population belge, parlent un dialecte du néerlandais.

Dans le domaine économique, Guillaume Ier établit le libre-échange avec le Royaume-Uni. Cette mesure favorise les commerçants et les armateurs des ports et villes flamandes et néerlandaises qui développent leurs activités avec les Britanniques. Par contre, la jeune industrie de Wallonie est très fortement concurrencée par la puissante industrie britannique beaucoup plus ancienne et développée.

S'ajoute l'opposition religieuse entre les Néerlandais protestants et les Belges catholiques. Le clergé catholique belge supporte mal que les fonctionnaires néerlandais surveillent l'enseignement dispensé dans les écoles tenues par les catholiques. Cependant, une partie des Belges, d'idées libérales, veulent un enseignement dégagé du contrôle de l'Église catholique.

En 1828, surmontant leurs divergences, les catholiques et les libéraux belges s'entendent pour demander des réformes. Ils veulent la liberté de la presse, la liberté de l'enseignement, une réforme électorale et plus d'autonomie pour la partie belge. Mais ils ne veulent pas se séparer du royaume des Pays-Bas.

La proclamation de l'indépendance par les Belges[modifier | modifier le wikicode]

Révolte des Bruxellois en août 1830

En juillet 1830, les Parisiens chassent le roi Charles X et son cousin Louis-Philippe d'Orléans devient le roi Louis-Philippe Ier. En Pologne, en Italie des mouvements révolutionnaires chassent les souverains.

Encouragés par la situation, les Bruxellois se soulèvent contre le roi Guillaume Ier. Le prétexte en est la représentation de la Muette de Portici, d'un opéra d'Auber qui a pour sujet la révolte de pêcheurs italiens contre l'occupant espagnol. Guillaume Ier envoie des troupes pour rétablir l'ordre. Mais fin septembre 1830, celles-ci doivent évacuer Bruxelles où la population, renforcée par des volontaires venus de toute la Belgique, résiste.

Les patriotes belges ont formé un gouvernement provisoire qui le 4 octobre proclame l'indépendance de la Belgique. Il convoque un Congrès national chargé d'élaborer une constitution : la Belgique sera un royaume dont la langue officielle est le français. Le régime politique sera parlementaire et le droit de vote censitaire : il y aura près de 50 000 électeurs (soit en proportion deux fois plus qu'en France à la même époque).

Guillaume Ier demande l'aide militaire des pays ayant participé au Congrès de vienne. Mais la Russie ne peut intervenir car elle doit réprimer la révolte des Polonais (la Pologne faisait alors partie de l'empire Russe). La Prusse elle aussi doit surveiller les Polonais. L'Autriche doit faire face aux soulèvements italiens (l'Autriche occupe tout le nord de l'Italie depuis 1815). Le Royaume-Uni ne veut pas intervenir. Il en est de même pour la France où Louis-Philippe Ier se rappelle qu'il doit son trône à une révolution, de plus, il ne veut pas contrarier le Royaume-Uni. Guillaume Ier doit donc faire évacuer le territoire belge (sauf Anvers).

La Belgique reconnue par les puissances européennes[modifier | modifier le wikicode]

Caricature d'Honoré Daumier sur la Conférence de Londres
Léopold de Saxe-Cobourg vers 1825

Cependant, les puissances européennes tiennent une conférence à Londres en décembre 1830-janvier 1831. Elles décident de reconnaître l'indépendance de la Belgique (20 décembre 1830). Pour protéger le nouveau pays des ambitions territoriales françaises ou néerlandaises elles garantissent la neutralité permanente de la Belgique (21 janvier 1831). Elles fixent les frontières entre les Pays-Bas et la Belgique (qui à l'époque recevait le Limbourg, le Luxembourg et la Flandre zélandaise).

En février 1831, le Congrès national belge offre la couronne de roi des Belges au duc de Nemours, fils cadet de Louis-Philippe Ier, mais ce dernier devant l'hostilité des Britanniques refuse. En juin 1831, les Belges choisissent l'Allemand Léopold de Saxe-Cobourg. Ce dernier veuf d'une princesse anglaise épousera en 1832, une fille de Louis-Philippe Ier.

Guillaume Ier tente de reconquérir la Belgique. Une expédition militaire française le repousse en 1831, et le port d'Anvers est repris aux Néerlandais en 1832. Guillaume Ier ne reconnait l'indépendance belge qu'en 1839, après avoir récupéré le Limbourg et le Luxembourg.

Conséquences de l'indépendance de la Belgique[modifier | modifier le wikicode]

La création du royaume de Belgique est un événement très important de l'histoire européenne. C'est d'abord l'application du principe du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » qu'avait défendu la Révolution française. C'est une brèche dans les traités mis au point au Congrès de Vienne.

Le Royaume-Uni obtient que la France renonce à l'annexion de la Belgique, cela tourne la page de plus de 150 années de conflits dans cette partie de l'Europe. Mais la France peut être satisfaite de voir sa frontière nord (la plus difficile à défendre) protégée par un état dont la neutralité est garantie. De plus la France joue de nouveau un rôle diplomatique en Europe et tente de se rapprocher de l'Angleterre (c'est la première Entente cordiale).

Vikiliens pour compléter sur le mouvement des nationalités au XIXe siècle[modifier | modifier le wikicode]

Article mis en lumière la semaine du 17 juillet 2017.
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