Ordonnance de Villers-Cotterêts

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Article 111 de l'Ordonnance of Villers-Cotterêts, imposant l'usage du Français dans les documents officiels.

L'Ordonnance de Villers-Cotterêts, aussi appelée ordonnance Guilelmine, est une ordonnance royale décrétée les 10 et 25 août 1539 à Villers-Cotterêts par François Ier, roi de France.

Elle traite de diverses préoccupations administratives du royaume (telles que la justice, la police ou les finances), mais la véritable innovation qu'elle contient réside dans les articles 110 et 111 qui imposent l'usage du français dans les actes administratifs.

Contexte historique[modifier | modifier le wikicode]

Au XVIe siècle, dans le Royaume de France, tous les sujets ne parlent pas français, que l'on appelle la langue d'oïl ; en vérité, il faut même dire que cette langue est réservée à assez peu de personnes. Ses locuteurs sont essentiellement les habitants de l'Île-de-France et des environs de la Loire.

Dans tout le reste de la France, on parle une variété incroyable de dialectes et de patois régionaux, tels que la langue d'oc, le breton, le provençal, ou le picard et leurs variantes... Les savants et les hommes d'églises, quant à eux, apprennent le latin, dans la tradition savante du Moyen Âge. Néanmoins le français est la langue des élites, des commerçants et d'une part de la population des villes. Il sert à se comprendre d'une région à l'autre du royaume.

L'ordonnance[modifier | modifier le wikicode]

L'ordonnance de Villers-Cotterêts[modifier | modifier le wikicode]

Château de Villers-Cotterêts

François Ier, un souverain volontariste, entreprend d'importantes réformes à travers le pays. Depuis le château de Villers-Cotterêts dans le comté de Valois, qu'il a rénové pour pouvoir chasser dans ses environs, il dirige et administre le pays. C'est en ce lieu qu'il signe une ordonnance royale (décision ayant la portée d'une loi) élaborée entre le 10 et le 25 août par son chancelier Guillaume Poyet (d'où le nom d'« ordonnance Guilelmine »).

Cette longue ordonnance, qui comporte 192 articles, concerne essentiellement la gestion et l'administration du royaume. Elle prend par exemple des mesures pour imposer l'indépendance de la justice vis-à-vis de l'Église (qui sont très liées depuis le Moyen Âge). L'ordonnance commande aux prêtres de tenir un registre des baptêmes dans toutes les paroisses. Certains registres existaient avant cela mais n'étaient pas systématiques, c'est une étape notable de la création de l'état civil en France.

Guillaume Poyet, chancelier de France de 1538 à 1542.

C'est pour un autre sujet traité que l'ordonnance est la plus connue. Les articles 110 et 111 de cette loi, suscitant débats et l'intérêt, vont trouver un écho un peu partout en France. Ces articles imposent que les actes administratifs du royaume doivent être rédigés, prononcés et publiés en « langue maternelle française », de façon claire et compréhensible, alors qu'ils étaient le plus souvent écrits en latin avant cela. C'est une première.

Conséquences[modifier | modifier le wikicode]

Par cette mesure, François Ier centralise encore davantage son pouvoir. Il assure aussi l'unité du royaume, par une langue commune à tout le royaume. Il permet également aux sujets de comprendre la langue de l'administration.

Le français, dont l'utilisation se développait déjà, va finir de supplanter le latin pour les utilisations officielles et les actes administratifs. Il va aussi faire reculer progressivement les langues régionales. Cette ordonnance va contribuer à faire du français la langue officielle du pays et à modeler durablement l'identité française.

Les articles 110 et 111 de l'ordonnance sont maintenant les plus anciens textes de loi encore en vigueur en France. Ils n'ont jamais été abrogés et peuvent être retrouvés sur le site Légifrance (wp), le site officiel qui rassemble toutes les lois et tous les textes réglementaires français.

Les articles toujours en vigueur, sur le site Légifrance (wp).

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Sources[modifier | modifier le wikicode]


Documents[modifier | modifier le wikicode]

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