Journée du 10 août 1792

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La déchéance de Louis XVI, proclamée par les députés sous la pression des révolutionnaires parisiens

La journée du 10 août 1792 est le jour où l'Assemblée législative vote la suspension des pouvoirs du roi Louis XVI, qui va ensuite être emprisonné avec sa famille. Cette révolution est due à l'insurrection des Parisiens, et des divers patriotes volontaires venus de province, très en colère contre les menaces des envahisseurs prussiens. Ils sont également furieux du refus du roi d'accepter de mettre en application les lois votées qui mettaient en place les mesures militaires et politiques permettant de répondre à la situation dramatique de la France.

La situation avant le 10 août 1792[modifier | modifier le wikicode]

Les révolutionnaires parisiens envahissent le palais des Tuileries le 20 juin 1792

La France qui a déclaré la guerre à l'Autriche (vite rejointe par la Prusse) est dans une situation militaire très difficile.

Le roi Louis XVI s'oppose aux mesures votées par l'Assemblée pour faire face aux difficultés. Le 20 juin, les Sans-Culottes parisiens ont attaqué le Palais des Tuileries afin d'obtenir un changement de la politique du roi. Malgré la menace Louis XVI n'a pas cédé.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : journée du 20 juin 1792.

Malgré l'interdiction royale les volontaires (appelés le 8 juin) venus des départements (en particuliers de Bretagne et de Provence) arrivent à Paris. Rapidement ils sont formés politiquement dans les clubs révolutionnaires de la capitale. Le 11 juillet l'assemble a décrété « la Patrie en danger », elle demande aux Français de s'enrôler pour devenir volontaires (on arrive à mobiliser près de 200 nouveaux bataillons, formés de jeunes gens inexpérimentés mais enthousiastes ; ils élisaient leurs officiers).

Devant le renforcement du camp révolutionnaire, la reine Marie-Antoinette fait parvenir au duc de Brunswick, commandant en chef prussien, un texte menaçant pour les Parisiens hostiles à la monarchie. Le duc accepte ce texte et le publie (c'est le Manifeste du duc de Brunswick) le 25 juillet. Il y est dit que les Français ne doivent pas s'opposer à l'avance des troupes ennemies, que les Parisiens doivent se soumettre aux ordres du roi et que s'ils touchaient de nouveau au roi, les Prussiens détruiraient Paris. Le texte est connu des Parisiens le 1er août 1792.

La préparation de l'insurrection[modifier | modifier le wikicode]

Loin d'être terrorisés par le Manifeste, les révolutionnaires parisiens réclament alors la déchéance du roi. Les Girondins, pourtant très hostiles au roi mais défenseurs de la propriété et de la liberté totale du commerce, craignent un débordement révolutionnaire et cherchent à gagner du temps. Pendant ce temps les Prussiens continuent, d'avancer en direction de Paris, mais lentement.

De province, des pétitions arrivent à Paris pour appuyer la demande des Parisiens. Les assemblées des sections parisiennes sont en alerte. Dominées par les Sans-Culottes, elles siègent en permanence.

Les révolutionnaires ont fixé au 9 août l'expiration du délai laissé à l'assemblée pour déchoir le roi. Selon les conseils de Danton, orateur très influent du club des Cordeliers, les Parisiens sont décidés à chasser le roi. L'assemblée législative malgré la menace fait la sourde oreille et ne décide rien. Les Girondins effrayés envisagent de négocier secrètement avec le roi.

L'insurrection parisienne du 10 août[modifier | modifier le wikicode]

L'attaque des Tuileries par les révolutionnaires parisiens. En rouge, les défenseurs, les gardes-Suisses

Dès minuit (9 au 10 août), le tocsin (cloches donnant l'alerte) sonne dans Paris pour appeler les révolutionnaires aux armes. Les délégués des sections se réunissent à l'l'Hôtel de Ville et créent une commune insurrectionnelle qui prend les pouvoirs de la municipalité légalement élue mais plutôt bourgeoise. Antoine Santerre, un brasseur du Faubourg Saint-Antoine, gagné aux idées révolutionnaires, prend le commandement de la garde nationale.

Le 10 août au lever du jour, les sectionnaires, les volontaires provinciaux, les gardes nationaux venus des quartiers populaires de Paris, attaquent le Palais des Tuileries. Les Gardes suisses, des gardes nationaux venus des quartiers bourgeois, des nobles venus spontanément tentent de défendre le roi.

Vers 10 heures, alors que les insurgés progressent dans le palais, le roi et sa famille quittent leurs appartements et se réfugient dans les locaux de l'assemblée législative. Le roi ordonne de cesser la résistance face aux insurgés qui ravagent le palais et massacrent les défenseurs survivants.

Sous la pression, l'assemblée, en partie envahie, vote la suspension des pouvoirs du roi. Les pouvoirs exécutifs du roi et de ses ministres sont désormais exercés par un conseil exécutif provisoire, avec le Girondin Rolland qui retrouve le ministère de l'Intérieur et Danton qui est nommé à celui de la Justice. Afin de rédiger une nouvelle constitution (celle de 1791, qui était appliquée jusque-là ne convient plus du fait de la suspension de Louis XVI) l'assemblée décide la convocation d'une Convention nationale élue au suffrage universel masculin.

Une partie des députés les plus aisés ou les plus favorables à la monarchie quittent l'assemblée pour se réfugier en province. Le général La Fayette qui n'a pas réussi à entraîner ses troupes sur Paris pour défendre le roi se rend aux autrichiens (qui l'emprisonnent). L'assemblée, réduite à 260 membres sur 745 et qui est en sursis jusqu'à la première séance de la nouvelle assemblée, doit faire face à la concurrence de la Commune insurrectionnelle, où vient siéger Robespierre, l'animateur principal du club des Jacobins. La Commune fait emprisonner le roi et sa famille dans la prison du Temple.

Le 10 août marque la fin de la tentative de monarchie constitutionnelle et censitaire mise en place par la Constitution de 1791. Les citoyens passifs, c'est à-dire les boutiquiers et les artisans, sont admis dans la garde nationale. Le triomphe des classes populaires annonce l'installation d'un régime plus démocratique et républicain.

Pour compléter[modifier | modifier le wikicode]

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