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Sagrada Família

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La Sagrada Família vue de nuit.

La Sagrada Família est une basilique de Barcelone, consacrée en 2009 par la pape Benoît XVI. Elle a été construite d'abord par l'architecte Jean de Villar, puis reprise par Antoni Gaudi, lequel passa plus de 42 ans à la conception et la construction de ce qui allait être l'œuvre de sa vie. Elle est, de par de ses dimensions, une des plus grandes églises au monde et un des exemples les plus flagrants du modernisme catalan, incarné par Gaudi. Elle n'est pas encore finie (inauguration prévue horizon 2026) et financée par des fonds privés et des particuliers.

Histoire[modifier]

Les origines de la basilique[modifier]

La Sainte Maison du sanctuaire de Loreto.

Le XIXe siècle fut une période particulièrement difficile pour le christianisme. Toute l'Europe connut une profonde transformation sociale et économique qui changea la société. En Espagne, l'Église perdit de son influence et, en 1936, il fut décidé de vendre les terres et les biens de l'Église. La Révolution industrielle modifia les habitudes, provoquant l'installation de nombreux ruraux dans les périphéries de ville, qui devinrent des ouvriers. Une crise spirituelle fut enclenchée à cause de ce processus d'urbanisation, mais le clergé espagnol le combattit avec l'œuvre missionnaire.

En 1866, l'Association des dévots de Saint-Joseph s'engagea avec l'Église pour tenter de préserver le catholicisme conservateur. En 1878, elle comptait un demi-million de membres et son créateur, Josep Maria Bocabella, eut l'idée de construire un temple expiatoire consacré à la Sainte-Famille et financé par les dons des fidèles. Il s'inspira du sanctuaire de Loreto (qui conserve les restes de la Sainte-Famille) qu'il avait visité en Italie pour mettre en œuvre le projet. Il voulut qu'il soit construit sur le quartier de l'Ensanche.

Barcelone fut enrichie de cette "industrialisation" : la ville connut un rapide essor économique, social et culturel. Ce dernier se manifesta dans le mouvement Renaixença, qui visait à rendre à la langue catalane sa condition de langue littéraire au Moyen Âge et qui permit le développement de la littérature, de l'art et de l'architecture. Ce mouvement fut encouragé par la bourgeoisie, enrichie par l'industrialisation, et plaça la revendication de la foi catholique au cœur de la moralitéPrécision capitaliste de la Renaixença. En effet, celui-ci est un nationalismePrécision modéré et conservateur d'origine chrétienne, qui défend l'idée que l'esprit de la nation catalane est dans la famille, la propriété (elle se rapporte de ce fait au capitalisme) et la religion.

L'Ensanche était un nouveau quartier, à l'époque: il est issu de la destruction des murailles et divisé en plusieurs îlots disposés en quadrillage. Il couvre plus de 1 500 hectares. En 1881, Josep Maria Bocabella achète un de ces îlots pour la construction de la Sagrada Família.

Le premier projet de del Villar et l'arrivée de Gaudí[modifier]

La Cathédrale de Strasbourg, une église gothique !

Bocabella proposa le projet à Francisco de Paula de Villar, architecte du diocèse, qui proposa ses services gratuitement. Villar persuada Bocabella de construire un temple néo-gothique à la place de la réplique du sanctuaire de Loreto, voulue par Bocabella. Le néo-gothique était en vogue à l'époque : il consistait en une réadaptation des canonsPrécision gothiques (flèches élancées, arcs-boutants, importance des vitraux à l'intérieur). La première pierre fut posée le 19 mars 1882 avec la présence du pape. Le projet consistait en une église à trois nefs, en forme de croix latinePrécision, avec une absidePrécision à sept chapelles et une flèche de 85 mètres sur la façade principale. Il y avait également des contrefortsPrécision et des rosaces d'inspiration médiévale. Ceux-ci renforçaient l'impression d' "église gothique". L'ensemble était très vertical (à cause de la flèche et des nombreux éléments verticaux tels que les pinacles et les colonnes).

Les travaux commencèrent par la crypte et s'interrompirent un an plus tard. Cet arrêt était dû à un différend entre del Villar et Bocabella et son conseiller architecte Joan Martorell. Del Villar voulait réaliser les piliers de la crypte avec des pierres de grande taille, cependant Bocabella et Martorell souhaitaient que ces mêmes piliers soient remplis en matériaux de maçonnerie pour économiser de l'argent. Par la suite, del Villar et Bocabella acceptèrent cette solution, de peur de n'avoir plus d'argent pour financer l'entreprise.

Bocabella décida de confier la direction des travaux à Martorell, mais celui-ci refusa et recommanda vivement Gaudi, son plus talentueux élève, qui avait 31 ans à l'époque. Il accepta la commande en 1883, en cette année, il avait ses deux premiers grands projets en construction : la Casa Vicens et le Caprice. Malgré son inexpérience (à peine cinq ans dans l'architecture !), il voulut relever le défi et commencer l'œuvre qui allait être celle de sa vie (plus de 43 ans de travaux).

Les modifications du projet[modifier]

Gaudí avait déjà imaginé un aspect totalement différent du projet de del Villar, quelques semaines avant qu'il ne prenne la direction du projet. La taille et la portée de l'œuvre (ou "transcendance") furent également modifiées : la Sagrada Família devait être haute, très haute avec plusieurs flèches et clochers (et non un comme dans le projet original).

Architecture[modifier]

Le projet de la Sagrada Família est une synthèse de l'ensemble de son œuvre architecturale. Il voulait construire un "temple parfait" et employa 43 ans à en concevoir les structures interne et externe. Son but final était de célébrer la liturgie chrétienne. Il était perfectionniste : avec le temps, il devint de plus en plus croyant et s'intéressa beaucoup aux thèmes liturgiques. D'ailleurs, il n'eut pas besoin d'un prêtre pour mettre en place les cycles narratifs de la cathédrale. Ainsi, l'extérieur de la basilique représente l'Église à travers les apôtres, les évangélistes, la Vierge et les saints. La croix qui culminera à 172 mètres représentera le triomphe de Jésus et les façades, les phases de sa vie les plus importantes : la naissance, la mort, la résurrection et la gloire. C'est un chef-d'œuvre, car Gaudí sut mettre son génie architectural au service de la foi comme tant d'autres l'avaient fait auparavant (Michel-Ange...). Elle couvre plus de 4500 m² et peut accueillir plus de 14 000 fidèles.

Extérieur[modifier]

L'extérieur de la basilique est composé de trois façades (façade de la Nativité, de la Passion et de la Gloire), de six tours et de douze clochers répartis sur ces même façades. L'entrée se fait par la façade de la Gloire qui n'est pas encore terminée.

Les trois façades[modifier]

Façade de la Nativité[modifier]
Façade de la nativité.

C'est la seule façade que Gaudí vit de son vivant. Il voulait absolument la terminer pour donner un exemple aux générations futures, pour continuer à construire la Sagrada Família. Les travaux durèrent 41 ans et s'achevèrent en 1936. Elle est également spéciale, car c'est lui qui la conçut intégralement. La décoration complexe de groupes sculpturaux ne fut possible que grâce aux dons des fidèles du diocèse de Barcelone. L'administrateur du projet encouragea Gaudí à investir rapidement dans les maquettes et les artistes et ouvriers pour terminer la façade, car souvent, à l'époque, les évêques redistribuaient les dons à d'autres projets.

Cette façade relate les premières années de vie de Jésus. On y trouve plusieurs épisodes, tels que la Nativité, la fuite en Égypte et l'Annonciation. La façade compte trois portes, une centrale et deux latérales auxquelles sont associés des membres de la Sainte Famille, ainsi que leurs vertus : l'Espérance pour saint Joseph, la Charité pour Jésus et la foi pour la Vierge Marie. Toutes ces portes sont surmontées de pinacles, dont celui de Jésus - de la porte centrale -, qui dépasse tous les autres, est doté à son extrémité d'un "arbre de Vie" qui symbolise la vie éternelle. On peut également trouver leurs signesPrécision.

Le contexte sculptural est très optimiste, joyeux, les sculptures sont pleines de dynamismePrécision et de joie. L'ensemble de la façade a également un aspect très organiquePrécision : ceci est dû à une idée des sculpteurs de Gaudí, de donner l'impression que la Nature dans toute sa splendeur accueille et célèbre l'arrivée de Jésus. Ainsi, on peut observer de nombreux animaux et végétaux en parallèle avec la scène de la Nativité. Chaque animal sculpté a sa signification : les oiseaux jouent le rôle des messagers entre le Ciel et la Terre, en opposition avec les serpents qui incarnent le monde terrestrePrécision.

Deux colonnes séparent les trois entrées : elles sont hautes de 13,5 mètres, avec un fûtPrécision à canneluresPrécision en spirale, et possèdent un couple d'anges qui souffle chacun dans une trompette pour annoncer l'arrivée de Jésus. Ces couples d'anges reposent sur des sphères, symboles de la lumière du soleil, et sur un chapiteauPrécision décoré de feuilles de palmiers. Les noms des invocations sont inscrites à la moitié de la colonne, sur un tambour (saint Joseph pour la colonne gauche et la Vierge Marie pour la droite). Ces colonnes reposent sur des tortues marines, sculptées à la base des celles-ci. Elles représentent le lien entre profanePrécision et sacré.

Il faut préciser que la porte de cette façade est divisée en deux arcs par un meneauPrécision : celui-ci abrite le groupe sculptural de la Nativité en son sommet. Les sculptures de la façade sont organisées autour de l'Enfant Jésus. Toute l'attention est ainsi projetée sur lui. Le meneau est décorée de 40 noms de la généalogiePrécision de Jésus et possède un serpent avec une pomme dans sa bouche à sa base : il symbolise le péché originel. Il ne peut pas s'échapper, car il y a une maille en fer forgé autour de la colonne.

Façade de la Passion[modifier]
Façade de la Passion.

La façade de la Passion est la deuxième façade, qui fut construite après celle de la Nativité. Gaudí décida de s'attaquer en premier lieu à celle-ci, car c'était la plus joyeuse, celle qui représentait le moment le plus heureux de la vie de Jésus-Christ (son enfance). Gaudí pensait déjà donner un côté sinistre et effrayant à la façade de la Passion, mais il ne voulait pas commencer le projet avec cette façade, pensant que ce serait contre-productif. En 1911, il contracta la fièvre de Malte et déménagea à Puigcerdà. Il vit de près la mort (rédigea même son testament) ce qui lui fournit l'inspiration pour terminer la façade de la Passion. Ce projet fut développé dans une atmosphère de douleur. Il reconnut plus tard qu'il voulait transmettre la peur à travers la conception ce cette façade.

Les travaux reprirent en 1954, grâce à des ébauches laissées par l'architecte. Lui-même ne s'était occupé que de la partie décorative, laissant libre interprétation sur le programme sculptural. Après que la structure générale du portail fut achevée, Josep Maria Subirachs se chargea de mettre en œuvre toute la tristesse et la douleur imaginées par Gaudí. Cette façade est orientée vers le coucher du soleil, ce qui signifie symboliquement, que l'on assiste à la "fin" de la vie de Jésus, avec le récit de la Passion. Elle ne possède pas de décoration, afin d'exprimer la cruauté du sacrifice du Christ.

Tous les groupes sculpturaux (12 en tout) de cette façade sont abstraits et possèdent des traits anguleuxPrécision qui accentuent la tristesse et la gravité de la Passion de Jésus. Ces groupes décrivent les heures qui s'écoulèrent entre la Cène et la résurrection de Jésus-Christ. Ils sont disposés selon une composition en S. Les murs et les six colonnes inclinées augmentent la sensation de "dépouillement". Ce dépouillement est dans la continuité de l'idée que la façade doit rester vide de toute décoration. Il y a également un fronton dont les colonnes évoquent des os.

La Cène de Subirachs est inédite pour sa composition : les disciples sont regroupés en demi-cercle autour de Jésus, figure principale, qui est présenté de dos. Les visages de ces disciples expriment l'affliction, le chagrin, la tristesse. Cette scène représente l'instant où Jésus annonce les faits qui sont sur le point de se dérouler (sa trahison et sa mort). Ensuite nous avons la flagellation, scène qui a été choisie pour être mise en valeur : elle se trouve devant la porte de la façade et se trouve à la hauteur des visiteurs qui entrent ou sortent du temple. Elle représente Jésus-Christ, attaché à une colonne, après avoir été torturé par les légionnaires romains. Cette sculpture se situe dans l'axe de la façade formé par la crucifixion et l'ascension. Une remarque que l'on peut faire sur le cycle narratif est qu'il présente la rencontre de Jésus avec Véronique, alors que celle-ci n'est pas mentionnée dans les évangiles canoniques.

Le savais-tu.png
Le savais-tu ?
Le nœud, tout un symbole !
Le nœud dans la sculpture de la flagellation symbolise les tortures physiques endurées par Jésus.
Façade de la Gloire[modifier]
Façade de la Gloire.

La façade de la Gloire est la façade principale et la plus monumentale du complexe de la Sagrada Famíilía : elle constituera l'entrée du temple. Gaudí consacre cette façade à la gloire de Jésus-Christ et à l'homme dans son chemin vers la vie éternelle (le Paradis). Le projet original envisage une grande plate-forme et un gigantesque perron afin de combler les 5 m de dénivelé entre les nefs et la rue attenante (niveau de la chaussée). Il prévoit également un passage souterrain pour la circulation et la construction de cinq jardins qui, alignés avec la basilique, formeront une croix latine. Elle est orientée au sud.

C'est le cadrePrécision monumental qui précède l'accès à la basilique, par opposition avec les deux autres façades qui font ressortir un sentiment de joie (façade de la Nativité) et de tristesse et de peur (façade de la Passion). Gaudí voulait que les fidèles prennent conscience de la place de l'Homme dans l'ordre de la Création (car l'homme est considéré comme la créature la plus importante sur Terre grâce à sa «ressemblance» avec Dieu) et sa destinée (écrite selon les « les lois divines ») : la Mort, le Jugement Dernier, l'Enfer et la Gloire.

Sous les tours des apôtres, saint Pierre, saint Paul, saint André et Jacques le Majeur (qui sont plus hautes que les autres), se trouve un ensemble de 16 lanternes hyperboloïdes qui évoquent les montagnes de Montserrat. Gaudí imagina des nuages éclairés qui contiendront des paroles du Credo (prière résumant la foi chrétienne). Des barbelés ont été utilisés pour simuler les nuages voulus par Gaudí.

L'atrium, formé par le portail, qui précède l'accès au temple, est couvert de voûtes hyperboloïdes et formé de deux rangées de colonnes (sept inclinées et huit verticales). Les colonnes inclinées, qui sont à l'extérieur, portent le nom de l'un des sept dons du Saint-Esprit avec, à leurs bases, les péchés capitaux et, sur leurs chapiteaux, les vertus opposées. Sur cette façade, Gaudí reproduit le chemin nécessaire à la vie éternelle : il choisit plusieurs thèmes marquants de la Création à la Résurrection : Adam et Ève, l'arche de Noé, le Jugement dernier, la Gloire et l'Enfer. Il choisit de représenter l'Enfer dans le passage souterrain par des fenêtres à barreaux, suggérant qu'on ne peut pas se libérer du péché sans la foi, et on y trouve des sculptures de sépultures et de créatures démoniaques.

Les portes pèsent plus de 2 000 kilos chacune. Elles donnent toutes sur les nefs, excepté les portes centrales qui se divisent en plusieurs ouvertures. Ces portes sont consacrées aux sacrements et à la prière Notre Père.

Les clochers et les tours[modifier]

Pinacles des tours.

Les tours sont un symbole mystique très fort, elles représentent l'union entre le Ciel et la Terre grâce à leur hauteur. Elles confèrent à l'édifice du prestige et de la dignité. La Sagrada Família est l'édifice religieux le plus haut au monde ; cependant Gaudí prit soin de la maintenir en dessous de la montagne de Montjuïc, car il ne voulait pas dépasser l'"oeuvre" de Dieu. On peut faire un parallèle avec les tours Hermitage qui seront bientôt construites à Paris, maintenues volontairement au dessous de la hauteur de la Tour Eiffel (320 mètres). Il y a 18 tours, dont 6 consacrées à Jésus, Marie et aux Évangélistes, les autres correspondent aux douze apôtres. C'est la construction la plus haute de Barcelone (172,5 mètres).

Gaudí choisit la hauteur des tours en fonction de la hiérarchie symbolique du patron auxquelles elles sont consacrées, ainsi que leur position par rapport au centre du plan. Ainsi, la tour de Jésus, la plus haute, se trouve sur la croiséePrécision, flanquée des quatre tours des Évangélistes ainsi que de la tour de Marie (130 mètres) qui s'élève au-dessus de l'abside. Les douze clochers des apôtres s'élèvent par groupe de quatre sur chacune des façades. Leurs sommets sont tous dotés de pinaclesPrécision en mosaïque vernisséePrécision de Murano.

Voici une citation de Gaudí qui parle de ces tours: « La forme des tours est l'union de la gravité et de la lumière. En haut, des projecteurs dispenseront une lumière comme le soleil dispense la lumière du ciel ».

Les clochers ont une forme insolite : ils ont une base carrée, évoluent à partir du quart de leur hauteur vers une forme circulaire et se terminent en aiguille. Ce changement n'a été possible que grâce à l'application des surfaces doublement réglées. L'architecte proposa ce changement pour représenter, à travers les tours, le passage du tangiblePrécision ou du terrestre (représenté par le carré) au céleste (matérialisé par le cercle, dans sa perfection formellePrécision). On y accède par des escaliers en colimaçon.

Les murs et le cloître[modifier]

Le cloître.

Les murs de la Sagrada Família ne possèdent pas de contreforts, ce qui permet de créer une grande surface de vitraux et de laisser la lumière entrer à l'intérieur de l'édifice. Les murs latéraux sont une répétition d'un thème bien précis : deux fenêtres ogivales surmontées d'un fronton triangulaire. Ce thème est répété six fois le long des nefs, dont une fois en angle droit, dans le transept. On peut voir l'évolution artistique de Gaudí, des formes néo-gothiques à un style plus personnel avec une ouverture de forme elliptique sur les frontons supérieurs.

Ces murs ont servi pour y apposer de nombreux symboles chrétiens comme les statues des fondateurs des principaux ordres religieux ou encore des inscriptions sur les gouttières.

Le cloître est un élément essentiel des monastères chrétiens. L'ensemble de l'abbaye communiquait avec celui-ci. Gaudí était très influencé par l'historicismePrécision à l'époque, il chercha une manière de l'intégrer à son projet. Mais il était impossible de respecter l'emplacement habituel du cloître, car la crypte se trouvait dans l'axePrécision de la cour. Il trouva la solution en créant quelque chose de jamais vu dans l'architecture religieuse : le cloître qu'il avait conçu entourait toute la Sagrada Família pour atténuer le bruit de la rue et apporter du silence à la basilique. De plus, il permet la célébration de cérémonies le long de ses galeries. Les quatre côtés de ce cloître sont formés d'une succession de petites parties rectangulaires qui sont couvertes de voûtes d'ogives, avec des frontonsPrécision à leur sommet. L'éclairage des galeries est assuré par les grandes fenêtres et les grandes rosaces. Il y a plusieurs portes (deux côté Passion et deux côté Nativité).

Intérieur[modifier]

Les nefs, le transept et le maître-autel[modifier]

Nefs de la Sagrada Família.

La cathédrale se présente sur un plan en croix latine. Pour permettre une vision plus large, Gaudí élargit la taille de la nef principale et la délimite par deux rangées de colonnes afin que le fidèle concentre son regard vers le maître-autel. De plus, il augmente le nombre de nefs, le portant à cinq. La nef centrale mesure 15 mètres de large, soit deux fois plus que les nefs latérales. Les chœursPrécision d'adultes ont été placés sur deux des nefs latérales, contre le mur et les piliers, afin de profiter de l'espace et de la proximité avec les fidèles.

Le transept de la basilique relie la façade de la Nativité à celle de la Passion. Il représente le parcours de Jésus-Christ, de sa naissance jusqu'à sa mort et sa résurrection. Il est formé de trois nefs et possède une hauteur de 60 m. Autre particularité : c'est sur sa voûte que s'élève le ciborium de Jésus ou tour de Jésus, point culminant du bâtiment à plus de 172 mètres de hauteur. Il repose sur 12 colonnes dont quatre sont des piliers centraux consacrés aux Évangélistes. L'orientation du transept est primordiale pour l'éclairage de la basilique durant les premières et les dernières heures de la journée (orientation nord-est/sud-ouest). Ils possèdent une rosace chacun. Ils font partie d'un programme symbolique bien déterminé : l'aile orientale (côté Passion) est dédiée à saint Joseph et l'aile occidentale (côté Nativité) est dédiée quant à elle à Marie.

L'autel est le point de rencontre des principaux axes du temple. La via humanitatis qui va du centre de la façade de la Gloire jusqu'à la moitié de l'abside et l'autre voie tracée entre la crypte, l'autel et la tour de Marie couronnant le tout. Cette voie invisible coupe horizontalement la via humanitatis.

Les voûtes[modifier]

Les colonnes arborescentes et la voûte.

Les voûtes ont des formes d'hyperboloïdes qui permettent de laisser passer la lumière. Les voûtes latérales s'élèvent à 30 m de haut et la voûte centrale à 45 mètres au-dessus de la nef. Le plafond est une version de la voûte cloisonnée catalane, qui est très légère et perméable à la lumière. Elle fut réalisée en béton pour les nefs latérales, formant une conception étoilée et en dalles de céramique pour la voûte centrale, créant une forme hélicoïdale ressemblant à des feuilles de palmier.

Les colonnes arborescentes[modifier]

Gaudí inventa un nouveau type de colonnes pour supporter la voûte : les colonnes arborescentes. Ce sont de grand piliers en porphyre, basalte, granite ou pierre de Montjuïc qui se divisent en plusieurs branches à partir d'un nœud de lumière. Ces piliers sont inclinés pour offrir plus de résistance. Ils ont également un fût orienté en deux sens. Gaudí s'inspira des arbres pour concevoir ce modèle. On a ainsi l'impression d'entrer dans une forêt imaginée pour la prière et le recueillement.

La crypte[modifier]

La crypte nous vient de l'époque où le christianisme était illégal et les chrétiens persécutés. Les martyrs étaient enterrés dans des grottes souterraines afin d'éviter les tentatives de profanations. Des siècles plus tard, lorsque ces martyrs commencèrent à être canonisés, il devint courant de construire les églises sur leurs tombes afin de les vénérer et d'honorer leur mémoire. Elles sont souvent très basses par rapport au sol de l'église et ont de grands piliers pour supporter l'énorme poids de l'édifice.

Cependant, la crypte de la Sagrada Família avait été commencée un an plus tôt par del Villar. Gaudí put en modifier l'aspect intérieur en la rendant lumineuse et ventilée, à la différence du projet initial qui prévoyait un espace sombre et fermé avec des plafonds bas. Depuis 1930, elle fait office de paroisse. Gaudí fut obligé de conserver la structure de del Villar pour cause de restrictions budgétairesPrécision. La crypte comprend donc sept chapelles absidialesPrécision, un déambulatoirePrécision, une zone centrale et cinq autres chapelles où se trouve l'autel. Pour ajouter de la lumière à cet espace, Gaudí éleva la voûte de l'espace central et fit de grandes ouvertures sur l'intérieur de l'église.

Le savais-tu.png
Le savais-tu ?
La Guerre Civile Espagnole
La Guerre Civile Espagnole en 1936 détruisit de nombreux dessins de Gaudí, la crypte fut particulièrement touchée.

Galerie[modifier]

Inspirations[modifier]

Gaudí s'est énormément inspiré de la nature pour concevoir la Sagrada Família. On trouve de nombreuses figures organiques sur les différentes façades (notamment sur celle de la Nativité) et des animaux qui ont plusieurs symboliques. Les reptiles sont souvent associés au mal. Les pinacles des nefs sont des fruits printaniers et hivernaux. Sur les murs du cloître, les frontons rappellent les nids d'abeilles. À l'intérieur, le plafond de la nef centrale donne une impression de "feuille" de palmier et les colonnes rappellent le tronc et les branches des arbres. L'architecte a beaucoup puisé dans la nature pour faire ressortir l'idée que la Sagrada Família est une basilique vivante.

Économie[modifier]

La Sagrada Família est un des monuments les plus visités d'Espagne : en 2008, elle accueillit près de 2,7 millions de visiteurs. Il faut préciser que la construction du monument n'est financée que par les dons des particuliers et les entrées. La quasi-totalité des recettes sont dépensées dans l'avancée du projet.

Culture populaire[modifier]

Dali, autre artiste catalan, admirant Gaudí et son œuvre, déclara un jour : « La Sagrada Família est la première manifestation du gothique méditerranéen ».

En 2014 est sorti le film Gaudi, Le Mystère de la Sagrada Família, retraçant l'histoire de la construction de la Sagrada Família.

La Sagrada Família fut illuminée lors de la Mercè, grande fête de Barcelone, en 2012.

Sources[modifier]

  • (fr)Sagrada Família, Dosdearte ediciones.

Liens externes[modifier]


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41° 24′ 12″ N 2° 10′ 28″ E / 41.40347, 2.174444