Mosaïque

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Mosaïque représentant l'empereur Justinien, basilique de Ravenne, Italie, VIe siècle.

La mosaïque est un assemblage décoratif où sont juxtaposés de petits éléments réguliers ou irréguliers de matériaux résistants appelés tesselles, fixés sur un support pour former un dessin ou un décor.

On utilise différentes natures ou couleurs de matériaux, différentes formes de tesselles et différentes techniques de pose.

C'est un art lié à l'architecture depuis ses origines.

On distingue la mosaïque de pavement (sols, dalles, bassins) et la mosaïque murale (murs, plafonds, colonnes).

Il existe aussi une tradition de mosaïque-tableau et de mosaïque-objet.

Histoire de la mosaïque[modifier]

Dionysos chevauchant une panthère, mosaïque de galets, Pella, Macédoine, Grèce, IVe siècle av. J.-C..

La mosaïque grecque antique[modifier]

Les premiers essais de mosaïque remontent la fin du IVe millénaire av. J.-C., mais c'est au VIIIe siècle av. J.-C., en Asie mineure, que la mosaïque se développe réellement. On utilisait alors des galets noirs, blancs et rouges de très petite taille. La mosaïque devient dès lors un revêtement de sol dans les maisons privées, puis dans les édifices publics.

Au Ve siècle av. J.-C., la mosaïque apparaît avec des sujets figurés.

Vers les IVe et IIIe siècles av. J.-C., les mosaïques représentent de plus en plus souvent des sujets mythologiques.

Vers les IIe et Ie siècles av. J.-C., les mosaïques sont toujours faites de galets, mais aussi d'éclats de cailloux, qui préfigurent la mosaïque de tesselles.

La mosaïque de tesselles : période romaine[modifier]

Fichier:Mosaïque théâtre, Musée Sousse.jpg
Mosaïque romaine de Sousse (Tunisie) ¨: acteurs et masques du théâtre latin (musée de Sousse).

Durant la période romaine, les mosaïques ne vont plus être constituées seulement de galets et de cailloux ramassés, mais aussi de tesselles, petits éléments coupés, en céramique, en verre, en marbre blanc, noir ou de couleur. Parfois, les tesselles mesurent moins d'un millimètre carré (1&nbs;mm²).

À Rome apparaît la mosaïque murale, dans des grottes naturelles ou artificielles, ou des nymphées, fontaines monumentales dédiées aux Muses.

Les plus anciens pavements romains faits de tesselles, datant du Iere siècle av. J.-C., ont été découverts à Pompéi : ils représentent des scènes historiques, mythologiques, de la vie quotidienne, du cirque, de la chasse ou ou encore des sujets astrologiques.

La mosaïque byzantine[modifier]

Mosaïque byzantine de l'entrée sud-ouest de la basilique Sainte-Sophie (Constantinople) : l'empereur Justinien présente la basilique ; la Vierge Marie et l'enfant Jésus ; l'empereur Constantin présente la ville.

Dans l'Empire byzantin, du Ve siècle au VIIe siècle, on faisait des images en mosaïque qu'on fixait aux murs des églises. De nombreuses mosaïques ont été détruites pendant la période iconoclaste, entre 730 et 843.

Jusqu'au XIe siècle, le style devient sobre, on recherche la spiritualité et le symbolisme dans les dessins. Du Xe siècle au XIIe siècle siècle, c'est l'apogée de l'art byzantin, qui rayonne même en Russie, en Sicile, à Venise... Apparaît un nouveau style de mosaïque à fond d'or : une feuille d'or est appliquée sous les tesselles de verre transparent. Après la prise de Constantinople de 1204, on constate un bref déclin de la mosaïque. Mais la mosaïque renaît au cours du XIIe siècle.

Aux XIIIe siècle et XIVe siècles, la mosaïque disparaît en tant que décor monumental.

La mosaïque médiévale[modifier]

Mosaïque médiévale, d'influence byzantine : La Création, basilique Saint-Marc, Venise.

La mosaïque médiévale est celle de l'Europe du Moyen Âge.

Du VIIe au Xe siècle, l'art de la mosaïque se perd un peu, mais elle renaît, du XIe au XIIe siècle, dans les abbayes et les cathédrales, avec d'anciens schémas géométriques, en concurrence avec les motifs de la décoration médiévale. De nouveaux matériaux se font jour, faisant évoluer la technique. Le dessin de la mosaïque, à cette époque, représente des personnages de la Bible, des scènes de la vie quotidienne, des animaux ou des signes du zodiaque.

Du XIIe au XIIIe siècle, en Italie, c'est le renouveau de la mosaïque, qui se place sous l'influence byzantine.

La mosaïque moderne[modifier]

À partir du XVe siècle, en Italie et en Espagne, se développe une nouvelle technique, pour la décoration des dessus de tables.

Du temps de la Renaissance, les mosaïstes italiens exécutent des copies de peinture.

Au XVIIIe siècle se développe une forme de miniaturisation.

Au XIXe siècle se mettent en place des ateliers spécialisés, à Rome, à Paris, à Saint-Pétersbourg. Puis, à la fin du XIXe siècle, l'émail industriel est inventé à l'usine de Briare.

Au XXe siècle : en 1925, Paris accueille une Exposition universelle des arts décoratifs et industriels modernes. À partir de 1945, la mosaïque prend un caractère utilitaire, alors qu'elle avait réussi à se maintenir jusqu'alors comme un art à part entière.

De 1920 à 1950, notamment au Mexique et en Italie, un nouveau style de mosaïques vient décorer les bâtiments administratifs, souvent due à des artistes politiquement engagés.

Techniques de la mosaïque[modifier]

Matériaux[modifier]

Une grande diversité de matériaux peuvent être utilisés pour réaliser des compositions originales et colorées : des tesselles aux coloris variés ou des cailloux, des coquillages, des morceaux de faïence de toutes provenances.

Matériel nécessaire[modifier]

Pour fixer les morceaux, on utilise de la colle silicone ou, plus traditionnellement, du ciment-colle. On badigeonne avec du ciment blanc ou coloré pour combler les interstices.

Les outils nécessaires sont une pince à découper, des gants, une petite truelle, des éponges et des spatules.

Il faut faire preuve de prudence lorsqu'on coupe. On doit aussi protéger ses mains lors de l'utilisation du joint qui, sinon, abîme la peau.

Les outils complémentaires sont la pince à mosaïque, la carrelette, le découpe-verre.