Rivalités entre l'Allemagne et le Royaume-Uni avant 1914

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À la veille de la guerre 1914-1918, de graves rivalités opposaient l'Allemagne au Royaume-Uni. Il s'agissait surtout d'une concurrence désastreuse pour les Britanniques dans le domaine industriel et commercial car l'Allemagne parvenait à gagner des marchés extérieurs jusque là dominés par le Royaume-Uni. La maîtrise des mers, qui garantissait la libre circulation des navires britanniques chargés d'approvisionner le Royaume-Uni est menacée par l'augmentation de la puissance de la marine de guerre allemande.

Face à un adversaire puissant et qui se renforce, le Royaume-Uni s'allie à la France, son ennemi héréditaire et la Russie avec qui elle de nombreux sujets d'opposition coloniale. En effet, seuls ces deux pays, disposent d' armées de terre capables d'affronter la très puissante armée allemande. Ces alliances, ou Triple Entente, peuvent alors obliger l'Allemagne à être moins agressive avec le Royaume-Uni et à s'entendre avec lui.

La rivalité à propos des marines de guerre[modifier | modifier le wikicode]

Le croiseur allemand Gneisenau vers 1905

Les Britanniques sont inquiets de la concurrence allemande dans l'armement naval, domaine qui était jusque-là leur « chasse gardée ». Intimes avec ses colonies et ses clients en particulier sud-américains, l'Allemagne bâtit une puissante flotte de guerre. L'acteur de cet essor est l'amiral Von Tirpitz qui a le soutien de Guillaume II. Ce dernier en 1898, à Dantzig affirmera que l'avenir de l'Allemagne est sur l'eau. En 1914, la marine de guerre allemande est au deuxième rang mondial (derrière le Royaume-Uni) ; elle dispose de 40 cuirassés et de 4 croiseurs de bataille.

Or la maîtrise des mers est une nécessité absolue pour le Royaume-Uni dont tous les échanges commerciaux se font par voie maritime.

Malgré de nombreuses négociations, les Allemands refusent de ralentir leurs constructions de navires de guerre. Les Britanniques sont donc obligés d'accroître le volume de leurs propres constructions navales de guerre, ce qui est coûteux à un moment où le gouvernement envisage d'améliorer la vie de la population.

Pour se protéger d'une invasion maritime allemande au nord des îles britanniques, le Royaume-Uni, en 1905, commence la construction d'une base navale. En 1914, la Royal Navy, qui reste la première du monde, dispose d'un armement moderne avec les cuirassés dreadnought.

Les rivalités industrielle et commerciale[modifier | modifier le wikicode]

Le représentant de commerce britannique (à gauche), utilisant un vélo ancien, est dépassé par le représentant allemand roulant sur un vélo plus moderne. Caricature britannique parue en décembre 1898 dans le Wales Express

Jusque dans les années 1880, le Royaume-Uni était l'atelier du monde. Premier pays à être entré dans la Révolution industrielle, il dispose d'une industrie puissante qui a besoin d'exporter. Grâce aux accords de libre-échange les produits made in Britain ont inondé le monde.

À partir des années 1890, les États-unis et surtout l' Allemagne deviennent de redoutables concurrents. Industrialisés plus tard leurs usines sont plus modernes, les méthodes de travail sont plus productives. Les coûts de production sont donc moins élevés que ceux des Britanniques. En 1900, l'Allemagne dépasse le Royaume-Uni pour la production d'acier (le métal le plus utilisé). La concurrence est rude dans l'industrie textile (autre secteur clé de l'industrie britannique). Les Allemands sont les premiers dans les industries chimiques et électriques grâce à leur laboratoires en grande partie financés par les industriels.

L'Allemagne doit écouler à l'extérieur cette production énorme. Elle s'est réservée l'Europe centrale (la Mittel-Europa) grâce à des accords douaniers avec le gouvernement autrichien : ce sont des marchés qui se ferment aux Britanniques. Les industriels allemands pratiquent le dumping, ont une politique commerciale qui s'adapte aux goûts des clients, ils disposent d'un réseau de représentants de commerce partout présents dans le monde, ils n'hésitent pas à faire crédit à leurs clients. Les produits allemands pénètrent dans les marchés sud-américains, d'Asie et d'Afrique du Sud, jusque là entre les mains des Britanniques. Ces derniers perdent donc des parts de marché, ce qui menace gravement leur économie fondée sur les exportations. Pourtant jusqu'en 1903, le gouvernement britannique reste favorable au libre-échange et refuse d'adopter le protectionnisme qui est la règle partout ailleurs.

Les Britanniques ne voient pas comment ils peuvent pacifiquement enrayer la progression industrielle et commerciale des Allemands.

La rivalité coloniale[modifier | modifier le wikicode]

L'Afrique orientale allemande

Guillaume II, est plus favorable que Bismarck à la colonisation. Il faut en effet que l'industrie allemande en plein essor puisse facilement trouver des sources de matières premières et de nouveaux clients pour ses produits manufacturés . Les colonies allemandes du Togo, du Cameroun, du sud-ouest africain (Namibie actuelle), de l'Afrique orientale allemande (la Tanzanie actuelle) sont de médiocres clients.

L'existence de l'Afrique orientale allemande brise le rêve de certains colonisateurs britanniques de pouvoir joindre Le Caire (en Égypte) au Le Cap dans le sud de l'Afrique en restant dans des territoires contrôlés par le même empire.

L'Afrique du Sud avait accueilli des émigrés allemands. En 1895-1899, Guillaume II montre de la sympathie pour le combat des Boers du Transvaal et de l'Orange contre le colonialisme britannique.

L'Angleterre a soutenu la France dans les conflits qui l'opposent à l'Allemagne à propos du Maroc.

L'espérance d'un partage des colonies portugaises de l'Angola et du Mozambique entre l'Allemagne et le Royaume-Uni est brisée par la déclaration de guerre de 1914.

La recherche d'alliés[modifier | modifier le wikicode]

Le couple franco-britannique (Marianne et John Bull) et le rival allemand (sous l'apparence de Guillaume II. Caricature favorable aux Allemands, la France étant représentée comme une prostituée

Face à la menace économique et navale allemande le Royaume-Uni cherche des alliés en Europe continentale. Dépourvue d'armée de terre, ce que la guerre des Boers avait révélé, le Royaume-Uni doit compter sur des alliés pouvant s'opposer militairement à l'Allemagne. Seule la France et la Russie sont capables de fournir une alliance contre l'Allemagne.

Malgré l'hostilité permanente depuis plusieurs siècles, le Royaume-Uni accepte de se rapprocher de la France (qui elle-même est demandeuse de cette alliance). L'incident de Fachoda en 1898, qui a failli déclencher une guerre pour la possession du Soudan, se règle par un succès des Britanniques. La francophilie du roi Edouard VII et l'anglophilie du ministre français Théophile Delcassé parviennent à surmonter les difficultés. L'Entente cordiale signée en 1904, réalise l'alliance franco-anglaise, une étape dans la réalisation de la Triple Entente. Pour concrétiser cette alliance le Royaume-Uni soutient la France dans ses revendications face à l'Allemagne à propos du Maroc alors que la France laisse libre le Royaume-Uni pour son intervention en Égypte.

Par l'intermédiaire des Français, le Royaume-Uni accepte de se rapprocher de la Russie. La Russie a été courtisée par l'Allemagne, lors de ses affrontements avec la France, mais elle n'a pas répondu. Le Royaume-Uni ne veut pas d'une alliance germano-russe, qui renforcerait l'Allemagne. Donc il lui faut se rapprocher de la Russie. Pourtant les deux pays pays étaient en rude concurrence pour l'influence en Perse, en Afghanistan et au Tibet. En 1907, des accords permettent de régler les oppositions.

A la veille de la guerre de 1914[modifier | modifier le wikicode]

Conscient des menaces le gouvernement britannique a tenté, sans succès, d'établir le service militaire obligatoire afin de créer une armée susceptible d'intervenir en Europe.

Pourtant le Royaume-Uni a besoin de la paix pour continuer ses affaires. Pour cette raison en juillet 1914, il propose, en vain, une réunion « à quatre » pour résoudre la crise austro-serbe. C'est l'invasion de la Belgique, par les Allemands, qui fait basculer les Britanniques dans la guerre (la neutralité de la Belgique est un des axes de la politique britannique en Europe).

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