Rivalités entre l'Autriche-Hongrie et la Russie avant 1914

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La rivalité entre l'Autriche-Hongrie et la Russie se passe surtout dans les Balkans, qui jusqu'en 1912-1913, sont en grande partie des territoires de l'empire turc.

L'Autriche-Hongrie veut contrôler la route de Salonique (port sur la mer Égée. Mais le chemin risque d'être bloqué par les agrandissements du royaume de Serbie. Celui-ci se place en 1903, sous la protection de la Russie (le grand frère slave).

La Russie veut chasser les Turcs des Balkans afin d'avoir, soit directement soit par alliés interposés, l'accès à la mer Égée et à la mer Méditerranée. Pour cela la Russie favorise et soutien militairement les soulèvements des Slaves des Balkans contre les Turcs. Jusqu'en 1886 elle pense pouvoir s'appuyer sur la Bulgarie, mais celle-ci choisit l'alliance autrichienne. La Russie doit donc s'appuyer sur la Serbie, qui en 1903 à la suite d'un changement de dynastie, lui devient favorable.

Le problème serbe est le centre de l'affrontement entre l'Autriche-Hongrie et la Russie. En 1913, après le succès des Serbes contre les Turcs puis les Bulgares, l'Autriche-Hongrie envisage une guerre contre les Serbes. Ce faisant elle prend le risque d'un affrontement direct avec la Russie. C'est le scénario qui se met en place après l'assassinat de l'héritier du trône autrichien fin juin 1914.

Alliées mais rivales[modifier | modifier le wikicode]

Les Balkans en 1890. Le terrain d'affrontement entre l'Autriche-Hongrie et la Russie

Après 1871, L'Autriche-Hongrie et la Russie sont alliées dans le système d'alliances mis en place par Bismarck pour isoler la France et empêcher celle-ci de faire une guerre de Revanche. En 1873, l'Entente des trois empereurs (Allemagne, Autriche-Hongrie, Russie) est signée. Les trois souverains acceptent de se concerter en cas de crise européenne.

Cependant l'Autriche-Hongrie et la Russie sont rivales dans les Balkans, encore en grande partie sous domination des Turcs. L'Autriche-Hongrie, veut avoir la voie libre vers le port de Salonique (encore turc) sur la mer Égée. Mais la Serbie (autonome par rapport aux Turcs) et la Bosnie (appartenant au Turcs, mais peuplée de Serbes), lui barrent la route. L'Autriche-Hongrie veut annexer la Bosnie et vassaliser la Serbie (alors dirigée par la dynastie des Obrenovitchs, favorables à l'Autriche).

En Russie, le panslavisme (protéger tous les peuples slaves des Balkans) est important. La Russie se pose en protecteur des Serbes et des Bosniaques, donc elle s'oppose à l'Autriche. De plus la Russie poursuit son projet d'atteindre les détroits turcs du Bosphore et des Dardanelles afin de pouvoir faire circuler librement sa flotte de guerre en Méditerranée. Ce qui inquiète le Royaume-Uni qui soutient les Turcs.

La fissure dans l'amitié[modifier | modifier le wikicode]

Le congrès de Berlin en 1878. Le trio debout au centre droit: Le Hongrois Andrásy, Bismarck et le Russe Chouvalov. Le début de la rupture entre l'Autriche-Hongrie et la Russie

En 1875, une insurrection en Bosnie-Herzégovine, est violemment réprimée par les Turcs. La Serbie et le Monténégro, pour aider les Bosniaques, attaquent la Turquie mais sont battus (ce qui réjouit l'Autriche). Les Turcs en profitent pour accentuer leur répression contre leurs sujets slaves des Balkans.

Pour défendre les peuples balkaniques, en avril 1877, la Russie déclare la guerre à la Turquie . Malgré leur résistance, les Turcs sont battus. Les Russes leur imposent le traité de San Stefano. (mars 1878). Celui-ci prévoit la formation d'une grande Bulgarie qui occuperait tout le centre des Balkans. Le prince de Bulgarie serait choisi par les Russes. La Serbie et le Monténégro seraient agrandis. Ce succès russe déplait aux Britanniques, mais aussi aux Autrichiens qui seraient désormais coupés de Salonique.

Sous la pression du Royaume-Uni, les Russes sont contraint de renoncer au traité de San Stéfano. Le congrès réuni à Berlin en juin-juillet 1878, coupe la Bulgarie en deux principautés, la Bulgarie (autonome) et la Roumélie (sous administration turque), c'est un échec pour les Russes. L'Autriche-Hongrie obtient le droit d'administrer (provisoirement) la Bosnie-Herzégovine, second échec pour les Russes et leurs protégés Serbes dont les agrandissements de plus sont réduits.

La Russie est très mécontente de l'Autriche et elle accuse Bismarck, président du congrès de Berlin, de l'avoir lâchée face aux Autrichiens et aux Britanniques.

L'Autriche contre la Russie[modifier | modifier le wikicode]

Bismarck se rapproche de l'Autriche. En 1879, Allemagne et Autriche signent une alliance défensive et secrète contre la Russie. En 1883, la Roumanie (voisine inquiète du puissant empire russe) se joint à cette alliance.

En 1885, les Slaves de Roumélie se soulèvent contre les Turcs et demandent leur rattachement à la Bulgarie, dont le souverain Alexandre de Battenberg, est un neveu du tsar. Mais Battengerg veut se débarrasser du pesant patronage des Russes. En septembre 1886, les Russes le contraignent à abdiquer. Contrairement aux attentes des Russes, les Bulgares choisissent un nouveau prince Ferdinand de Saxe-Cobourg-Gotha qui est proposé par les Autrichiens. Les Russes menacent de déclarer la guerre à l'Autriche. L'intervention de Bismarck en faveur de l'Autriche permet de calmer les adversaires.

En 1890, Bismarck ayant démissionné, Guillaume II le nouvel empereur d'Allemagne, persuadé que jamais la Russie réactionnaire ne s'allierait à la France républicaine, décide de rompre définitivement avec les Russes et de privilégier l'alliance avec l'Autriche, dont il favorise les visées sur les Balkans.

L'hostilité entre l'Autriche-Hongrie et la Russie[modifier | modifier le wikicode]

Les États balkaniques contre l'empire turc : de gauche à droite : la Bulgarie, la Grèce, la Serbie et le Monténégro ont battu la Turquie (serpent gisant par terre)

En 1903, le roi de Serbie, Alexandre Obrenovitch, favorable aux Autrichiens, est assassiné. Il est remplacé par Pierre Karageorgévitch, favorable aux Russes. La situation change donc dans les Balkans où les Russes peuvent intervenir à nouveau.

Pour assurer sa tranquillité, en octobre 1908, l'Autriche-Hongrie annexe la Bosnie-Herzégovine. Les Serbes et les Russes protestent. En janvier 1909, les Russes menacent de déclarer la guerre aux Autrichiens. Mais l'Allemagne soutient ouvertement l'Autriche. La France, alliée des Russes depuis 1893, fait savoir qu'elle n'interviendra pas. La Russie (et la Serbie) doivent céder en mars 1909.

Dans les Balkans, les Turcs ne possèdent plus que l'Albanie (peuplée surtout de musulmans) et la Macédoine (peuplée de chrétiens). Le gouvernement turcs mènent une violente politique anti-chrétienne en Macédoine. Les pays voisins décident d'intervenir. Ils sont soutenus par la Russie. En octobre 1912, la Bulgarie, la Grèce et la Serbie attaquent la Turquie qu'ils battent rapidement. À la conférence de Londres, en mai 1913, la Turquie doit abandonner tous les Balkans ; mais pour empêcher l'agrandissement de la Serbie vers la mer adriatique, l'Autriche obtient la création de la principauté d'Albanie, donnée à un noble allemand. C'est un succès pour l'Autriche.

Cependant les vainqueurs se querellent, la Bulgarie veut garder la plus grande partie de la Macédoine. Pour cela, en juin 1913, elle attaque la Serbie vite soutenue par la Grèce et la Roumanie. Vaincue la Bulgarie doit abandonner la Macédoine que se partagent la Serbie et la Grèce. C'est un échec pour l'Autriche-Hongrie et un succès pour les Russes.

L'agrandissement important de la Serbie, protégée des Russes, inquiète l'Autriche-Hongrie. Elle est convaincue que seule une guerre contre la Serbie, permettra de résoudre définitivement le problème. L'Autriche prend le risque d'une intervention russe, mais elle compte sur le soutien de l'Allemagne pour faire réfléchir les Russes et les calmer. Un an plus tard, en Bosnie le 28 juin 1914, l'héritier d'Autriche-Hongrie est assassiné par les nationalistes bosniaques, liés à la Serbie. C'est le début de la Première Guerre mondiale.

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