Crises marocaines au début du XXe siècle

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La future mission civilisatrice de la France au Maroc après l'élimination de l'Allemagne. Première page du supplément dominical du quotidien Le Petit Journal (19 novembre 1911)

Avant la guerre de 1914, l'Allemagne et la France s'opposent à propos du Maroc. Le royaume du Maroc est un pays indépendant, encore féodal, où l'autorité du sultan (le roi) est contestée par les grands seigneurs. Les pays voisins, la France (qui possède l'Algérie), l'Espagne (pays voisin), l'Allemagne en quête d'un empire colonial comme ses rivaux européens, essaient de profiter de la situation.

Les raisons de la rivalité franco-allemande[modifier | modifier le wikicode]

La France veut pouvoir intervenir au Maroc pour empêcher les attaques de pillards marocains en Algérie. L'Allemagne qui a des ressortissants au Maroc souhaiterait prendre le Maroc dans sa zone d'influence (à défaut de l'intégrer directement dans son empire colonial).

Après la signature de l'Entente cordiale en 1904, la France peut compter sur la neutralité des Britanniques. En échange du droit d'intervenir au Maroc, la France laisse le Royaume-Uni libre d'intervenir en Égypte pays stratégique sur la route de l'Inde par le canal de Suez.

L'armée française, commandée par Lyautey, profitant du flou du tracé des frontières algéro-marocaines dans le sud pénètre au Maroc. L'armée française occupe Oujda en 1904 .

La crise de 1905[modifier | modifier le wikicode]

Arrivée de l'empereur Guillaume II à Tanger le 31 mars 1905. Guillaume II est au centre de la photographie, repérable par son casque à pointe.

L'empereur allemand Guillaume II, lors d'une croisière en Méditerranée, le 31 mars 1905, fait escale à Tanger, dans l'extrême-nord marocain. Il est bien accueilli par le sultan Abd-el-Aziz. Guillaume II déclare qu'il vient visiter un souverain indépendant, ce qui ne peut que réjouir le souverain marocain mais mécontente le gouvernement français. L'empereur ajoute qu'il espère que le Maroc laissera jouer la concurrence commerciale entre toutes les nations (à l'époque les pays européens).

Pour régler la question, le gouvernement allemand réclame la tenue d'une conférence internationale.

Le gouvernement français est divisé, ce qui entraîne en juin 1905, la démission (demandée par l'Allemagne) du ministre des Affaires étrangères Théophile Delcassé. Celui-ci comptant sur le soutien du nouvel allié britannique, voulait se montrer ferme face à l'Allemagne.

Pour briser l'alliance franco-russe de 1893, Guillaume II, propose en juillet 1905, une alliance aux Russes. Après avoir accepté, le tsar Nicolas II renonce, sous la pression du gouvernement français. L'Allemagne est en échec.

La conférence internationale s'ouvre à Algésiras au sud de l'Espagne en janvier 1906. Après des négociations au cours desquelles l'Allemagne n'est pas soutenue par ses alliés Austro-Hongrois et Italiens, un compromis est décidé en avril 1906. La France et l'Espagne obtiennent le droit de police sur le Maroc. La France est responsable des régions frontières avec l'Algérie et des ports marocains sur l'océan Atlantique. L'Espagne reçoit le nord-marocain. Le port de Tanger est déclaré zone internationale, donc ouvert à toutes les puissances. Le Maroc reconnaît l'égalité commerciale pour tous les pays. C'est un demi-succès pour l'Allemagne, mais elle n'a pas réussi à briser la Triple Entente.

La crise de 1911[modifier | modifier le wikicode]

La canonnière allemande Panther dans la rade d'Agadir. 16 novembre 1911

Dans les régions de l'intérieur marocain, qui échappent au contrôle des Européens, la situation est confuse. En mai 1911, à l'appel du sultan, l'armée française occupe Fez, Rabat et Meknès afin de protéger des Européens menacés par un soulèvement des tribus. L'Allemagne dénonce cette entorse à la convention d'Algésiras.

Pour intimider la France et l'obliger à des négociations, le gouvernement allemand envoie en juillet 1911, un petit navire de guerre, la Panther, dans la rade d'Agadir un port marocain de l'Atlantique. Deux autres navires de guerre allemands seront envoyés sur place pour se relayer afin d'assurer une présence permanente.

Des négociations difficiles s'engagent. L'Allemagne réclame tout le Congo français en échange de ses prétentions sur le Maroc. Pour la France, céder le Congo serait un abandon contraint d'une partie de son territoire, donc une raison pour déclarer la guerre. La menace d'une intervention militaire britannique, oblige l'Allemagne à réduire sa demande.

Les compensations camerounaises en faveur de l'Allemagne

L'accord est signé le 4 novembre 1911. L'Allemagne renonce à ses vues sur le Maroc. Elle cède à la France une bande de terres dans le nord-est du Cameroun (alors colonie allemande). En compensation elle obtient la partie intérieure du Congo français comprise entre le Cameroun et le Congo belge. Ainsi qu'une bande de terre au sud du Rio Muni ou guinée espagnole. En 1911, il s'en est fallu de peu d'une guerre franco-allemande.

Ce compromis mécontente les partis coloniaux et les nationalistes de chacun des pays. Les pangermanistes trouvent que l'Allemagne n'a pas obtenu suffisamment. En France le président du conseil, le radical Joseph Caillaux, partisan d'une entente avec l'Allemagne et méfiant envers la Russie, est contraint de démissionner (janvier 1912). Raymond Poincaré un nationaliste de droite lui succède mais fait accepter l'accord. Dès mars 1912, la France impose son protectorat au Maroc.

La France a fait céder l'Allemagne et a pu constater la solidité de son alliance anglaise. L'Allemagne est furieuse contre le Royaume-Uni. L'Allemagne inquiète fortement ses voisins qui vont s'engager encore plus activement dans la course aux armements avant 1914.

Vikilien pour compléter sur les relations franco-allemandes avant 1914[modifier | modifier le wikicode]

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