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Sanglier

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Sanglier
Des sangliers
Des sangliers
Nom(s) commun(s) Sanglier
Nom scientifique Sus scrofa
Classification famille des Suidés
DistributionPrécision Europe ; Amérique du nord (importé)
Milieu de vie en forêt
Taille jusqu'à 1,80 m de longueur
Poids 50 à 150 kg
Longévité 5 ou 6 ans, parfois plus
Reproduction 1 à 4 (jusqu'à 12!) petits par femelle
voir modèle • modifier


Le sanglier est un gros mammifère qui vit dans les forêts d'Europe. Son nom scientifique est Sus scrofa.

Description[modifier]

Hure

Le corps[modifier]

Le sanglier peut mesurer jusqu'à 1,80 m de long, et 1,10 m de hauteur au garrot, et peser de 50 à 150 kg pour les sangliers français. Il a une grosse tête très reconnaissable. Il possède quatre doigts munis de sabots à chaque patte. Il possède un cuir épais, et un pelage dru, formé de gros poils raides appelés soies. On en fait, notamment, des brosses à cheveux. Cet un animal très puissant, qui peut courir très vite de 55 à 70 km/h.

La tête[modifier]

La tête du sanglier s'appelle la hure. Elle a une forme à peu près triangulaire. Elle se termine par un gros nez, appelé boutoir. On l'appelle aussi parfois groin, comme celui du porc domestique. Les sangliers mâles sont également dotés de solides défenses : ce sont les canines inférieures, très longues, qui sortent de la bouche et se recourbent au dessus du groin. Les canines supérieures sont elles aussi modifiées : recourbées vers le haut, ce sont les grès. Les défenses viennent frotter contre les grès chaque fois que l'animal referme la bouche, ce qui permet de les aiguiser. Les sangliers femelles, appelées laies, n'ont ni défenses, ni grès, seulement quatre canines pointues.

Mode de vie[modifier]

Un sanglier dans la boue, en Allemagne

Comportement[modifier]

Les sangliers vivent en groupes appelés compagnies, et qui se composent de femelles avec leurs petits, et de jeunes mâles. Les lieux où vivent les sangliers sont faciles à reconnaître : la bauge est une sorte de petite mare peu profonde creusée par les sangliers. Ils s'y roulent pour se couvrir le corps de boue. La boue sèche, et le sanglier se frotte alors contre un arbre pour l'enlever, se débarrassant en même temps de toutes les tiques, puces et autres parasites présents dans son pelage.

A force, les arbres autour de la bauge, contre lesquels les sangliers ont coutume de se frotter, finissent par être totalement usés et lisses, ayant perdu leur écorce.

Les sangliers passent la journée dans les fourrés, cachés, à dormir. Ils sortent la nuit pour s'alimenter.

Alimentation[modifier]

Les sangliers sont omnivores, c'est qu'ils mangent aussi bien des animaux que des végétaux. Leur alimentation se constitue essentiellement de glands et de faînes, mais ils mangent aussi bien, chaque fois que l'occasion se présente, des escargots, des limaces, des champignons, des grenouilles, des campagnols, des mulots, des oiseaux tombés du nid, des bulbes, des tubercules, et autres racines, comme ceux des arums, ou de l'ail des ours, des vipères, et même des hérissons ! En clair, tout ce qu'il trouve...

Pour trouver sa nourriture, le sanglier creuse souvent la terre en la soulevant avec son boutoir, pour trouver des bulbes et des racines. Cela laisse des marques appelées boutis.

Une autre pratique du sanglier est de labourer d'un trait avec ses défenses toute la surface de la terre, quand il cherche des vers, des larves, ou des petits rongeurs : on dit qu'il « mulotte ». Ce faisant, il laisse des marques très reconnaissables, sortes de sillons appelés vermillis.

Reproduction et croissance[modifier]

Une laie et ses marcassins

Le petit du sanglier s'appelle le marcassin. Il est pourvu de rayures claires et sombres, qui lui permettent de se camoufler dans les bois. La laie a généralement entre un et quatre marcassins à la fois, mais peut en avoir jusqu'à douze !

À six mois, le marcassin change d'aspect : il perd ses rayures, et devient ce que l'on appelle une bête rousse. À un an, le sanglier est devenu adulte. À ce stade, on l'appelle Bête de compagnie, car il reste avec les autres sangliers dans la compagnie. Ce n'est que plus tard que les mâles quittent le groupe, pour vivre seuls. On trouve malgré tout dans une compagnie des tiers-an, c'est-à-dire des sangliers mâles de trois ans, et parfois même quelques quartaniers, c'est-à-dire de grands mâles très puissants âgés de quatre ans.

Un vieux-sanglier est un mâle d'au moins cinq ans, qui vit seul, et un grand vieux-sanglier, de six ans et plus.

Les plus vieux sangliers sont appelés solitaires. Ils ont d'énormes défenses, recourbées en arrière au dessus du crâne.

Classification et espèces proches[modifier]

Le sanglier fait partie de l'ordre des Artiodactyles, les mammifères ongulés (c'est-à-dire à sabot) ayant un nombre pair de doigts.

Le nom scientifique du sanglier, Sus scrofa, a donné le nom à la famille, celle des Suidés. Le cochon domestique, ou porc domestique, est en fait la forme domestiquée du sanglier : ils appartiennent tous les deux à la même espèce. La domestication des porcs remonte à au moins trois mille ans av. J.-C. Avec cette domestication, les porcs se sont peu à peu différenciés des sangliers sauvages : ils ont plus de gras et moins de muscles, un pelage plus clair et moins épais, et n'ont quasiment pas de défenses, sauf pour certains vieux mâles appelés verrats.

Malgré ces différences, le sanglier sauvage et le porc font toujours partie de la même espèce, puisqu'ils sont capables de se reproduire entre eux. Le nom scientifique du porc est Sus scrofa domesticus, ce qui veut dire « sanglier domestique ». On considère que les porcs domestiques forment une sous-espèce de sanglier, dont les différentes races sont les races de porc que nous connaissons.

Par ailleurs, il existe des porcs domestiques qui sont redevenus sauvages dans certaines régions : ils se sont partiellement croisés avec des sangliers, et ont formé des populations de cochons marrons.

Il existe d'autres espèces de sangliers, appartenant au même genre, vivant principalement en Europe. Le sanglier Sus scrofa est la seule espèce vivant actuellement en Europe. Aux environs de l'ère Quaternaire vécut pourtant en France une espèce aujourd'hui disparue, Sus major, sanglier géant ressemblant beaucoup au sanglier actuel, mais presque aussi grand qu'une vache... Il est probable que les hommes préhistoriques l'aient rencontré.

L'Homme et le sanglier[modifier]

Le sanglier est chassé depuis la préhistoire, et reste un des gibiers les plus dangereux, et les plus difficiles à capturer. Une chasse au sanglier s'appelle une battue. Autrefois, en raison de leur cuir épais, on chassait le sanglier au moyen de piques. Ces piques étaient maniées par des hommes spécialement entraînés appelés piquiers.

Aujourd'hui, on chasse les sangliers à l'aide de fusil, mais, alors qu'on chasse les autres espèces au moyen de plombs de différentes tailles, le sanglier, lui, est chassé avec des balles.

Les prédateurs naturels du sanglier étaient les grands carnivores, comme les loups, les ours et les lynx, qui ont quasiment disparus de la plupart des régions d'Europe, victimes de la chasse. Privé de ses prédateurs, le sanglier s'est multiplié, et, par endroit, il est devenu très gênant pour les agriculteurs : les sangliers sont devenus si nombreux qu'ils ne trouvent plus assez à manger dans les forêts, et partent la nuit se nourrir dans les champs, dévastant les cultures.

Dans plusieurs départements de France, les sangliers sont classés parmi les espèces nuisibles : les chasseurs peuvent les chasser à n'importe quel moment de l'année, même en dehors des périodes d'ouverture de la chasse, et sans limite de nombre.

Culture[modifier]

Le dieu nordique, Freyr, et son sanglier volant, Gullinbursti

Histoire[modifier]

  • Le plat national des Spartiates était le « brouet noir » : du sanglier cuit dans son sang avec du vinaigre.
  • Au Moyen Âge, pour les chrétiens, le sanglier était considéré comme une incarnation du Diable. Comme le Diable, tel qu'il était imaginé alors, il est noir, ses poils (les suies) sont hérissées et il a des cornes (ses défenses). Comme le Diable le sanglier est sale (il se vautre dans la boue) et il sent mauvais. De plus le sanglier a une vie nocturne intense : or les hommes de l'époque avaient une très grande peur de l'obscurité qui pour eux était le moment choisi par le Diable pour tourmenter les humains. Le sanglier qui recherche sa nourriture est très destructeur des cultures, ce qui en fait une créature nuisible.
  • Une anecdote (non vérifiable), rapporte que Henri de Navarre, le futur roi Henri IV, sauva un jour la vie de son beau-frère, le roi Charles IX, lors d'une battue, en affrontant seul un énorme sanglier qui avait attaqué le roi. Cet épisode est retranscrit dans le film La Reine Margot.

Géographie[modifier]

Les sangliers sont également de bons nageurs ; dans le Var, les histoires ne manquent pas de sangliers se jetant à l'eau, et traversant des bras de mer, pour échapper à un incendie ou à une battue. Le nom de l'île de Porquerolles, au large de Hyères, viendrait du Provençal Porc qué role, qui veut dire « cochon qui nage »1 : en effet, à une époque, des sangliers auraient peuplé l'île, originaires de la côte : ils auraient traversé à la nage les deux kilomètres qui sépare l'île de la côte !

Mythologie[modifier]

Les héros grecs partis chasser le sanglier de Calydon

Fiction[modifier]

  • Dans la bande dessinée Astérix le Gaulois, le sanglier est le plat favori d'Obélix et de ses amis, qui le chassent à main nue, après avoir bu de la potion magique. On y apprend qu'en latin, l'animal est appelé singularis porcus, le « porc solitaire ». C'est effectivement là l'origine (l'étymologie) du mot français « sanglier ».

Lexique[modifier]

Beaucoup de termes qui servent à décrire le sanglier sont spécifiques :

  • Bauge : zone basse et humide, creusée par les sangliers, et où ils se roulent dans la boue.
  • Bête de compagnie : jeune sanglier mâle, qui reste auprès des femelles, en formant des compagnies.
  • Bête noire : surnom courant du sanglier
  • Bête rousse : jeune sanglier de six mois, qui a perdu ses rayures de marcassin.
  • Boutis : zone de terre soulevée et retournée, là où le sanglier a creusé, à la recherche de bulbes et de racines.
  • Boutoir : nom donné au museau et au nez du sanglier.
  • Compagnie : groupe de sangliers vivant ensemble, formé de femelles et de jeunes mâles.
  • Défense : canine inférieure des sangliers mâles, recourbée et tranchante, qui sert au combat.
  • Grand-vieux sanglier : sanglier mâle âgé d'au moins six ans, et vivant seul.
  • Grès : canine supérieure des sangliers mâles, qui sert à affuter les défenses.
  • Groin : nom donné au nez et au museau du porc, et, parfois, à celui du sanglier. On utilise plutôt le terme de « boutoir ».
  • Hure : nom donné à la tête du sanglier.
  • Laie : nom donné à la femelle du sanglier.
  • Marcassin : nom donné au petit du sanglier.
  • Mulotter : action de labourer le sol en sillons, à la recherche de vers ou de rongeurs souterrains
  • Quartanier : sanglier mâle de quatre ans.
  • Soie : nom donné aux longs poils très raides du sanglier.
  • Solitaire : très vieux sanglier mâle, dont les défenses sont recourbées au dessus de la tête.
  • Tiers-an : sanglier mâle de trois ans.
  • Vermillis : sillon rectiligne creusé par le sanglier lorsqu'il mulotte.
  • Vieux-sanglier : sanglier mâle, âgé d'au moins cinq ans, et vivant seul.

Voir aussi[modifier]

Vikilien pour compléter[modifier]

À lire[modifier]

Références[modifier]

  • La Hulotte, n°23 : « La compagnie des Bêtes Noires »
  • La Hulotte, n°31 : « Le campagnol des champs »
  • Christian Guilleaume, Reconnaître les traces d'animaux, édition de Boeck, collection Reconnaître... (ISBN 978-2-8041-4269-8 et ISBN 2-8041-4269-8)
  • Collectif, Montagne, un écoguide pour faire des découvertes en promenade, édition Nathan, collection Les chemins de la nature, (ISBN 2-09-261170-4)

Notes[modifier]

  1. Cette étymologie n'est pas sûre. Il existe plusieurs autres explications possibles à l'origine du nom de Porquerolles