Sparte

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Un théâtre romain : c'est tout ce qui reste de l'antique cité de Sparte (ou Lacédémone), rivale d'Athènes. Au fond, la ville moderne et le mont Taygète.

Sparte (appelée aussi Lacédémone) est une ancienne cité de la Grèce antique, dont il ne reste que peu de vestiges. Elle se trouvait sur les lieux de l'actuelle ville de Sparte, dans le Péloponnèse, plus précisément dans la plaine de Laconie, sur le fleuve Eurotas, au pied du mont Taygète.

On appelle les habitants de l'ancienne Sparte (ou Lacédémone) les Spartiates ou les Lacédémoniens.


Histoire de Sparte[modifier]

Dans la mythologie homérique, à l'époque mycénienne, Sparte faisait partie du royaume de Ménélas, frère d'Agamemnon et époux d'Hélène. Des vestiges attestent que le site actuel était effectivement occupé à cette époque. Mais cette Sparte mythique n'a pas été identifiée avec certitude entre plusieurs sites possibles. Elle peut donc ne pas être au même endroit que celle de la Grèce classique.

Sparte se développa surtout au cours du Xe siècle av. J.-C. de la fusion de quatre villages doriens : Cinosura, Limnai, Pitana et Mésoa. Jusqu'au IVe siècle av. J.-C., elle étendit son influence d'abord sur le Péloponnèse, puis sur toute la Grèce.

La vie entière de la ville était organisée autour des exigences militaires. Le rôle du légendaire législateur Lycurgue fut déterminant : en -820, il aurait donné à l'État spartiate une constitution d’un caractère nettement militaire.

Léonidas aux Thermopyles, par Jacques-Louis David, Musée du Louvre. L'armée spartiate est ici représentée sous une forme artistique, imaginaire. Les Grecs ne combattaient pas nus

Ainsi, au cours des guerres qui se succédèrent pendant trois siècles (VIII-Ve siècles av. J.-C.) les Spartiates soumirent les populations de Messénie en les réduisant en esclavage et en imposant son hégémonie sur la totalité du Péloponnèse. Les Spartiates combattirent lors de la Seconde Guerre médique (-481) : ils envoyèrent Léonidas aux Thermopyles, Eurybiade à Salamine et leur roi Pausanias commanda les forces grecques lors de la bataille de Platées en -479.

Sparte se retrouva opposée à l'expansion d'Athènes et dut subir une révolte des hilotes (-466) et une des Messéniens, de -465 à -455. Les hostilités avec Athènes reprennent, elles parviennent à une trêve en -445, mais repartent de plus belle lors de la guerre du Péloponnèse (-431 à -404) où le monde grec fut divisé en deux. La guerre se termina par l’occupation d'Athènes et la suprématie de Sparte sur l'ensemble de la Grèce. Cette position dominante eut la vie brève, à cause de la faiblesse économique de Sparte et de son échec à imposer par la force aux autres villes grecques son modèle oligarchique.

Sparte entra en conflit avec Thèbes qui, sous le commandement d'Épaminondas, obtint une victoire éclatante en -371 à Leuctres. L’année suivante, Épaminondas envahit le Péloponnèse, assiégea Sparte et prit le contrôle de la Messénie. Sparte s'allia ensuite avec Athènes contre Thèbes, mais en -362, elle fut de nouveau défaite par Épaminondas à la bataille de Mantinée.

Après la victoire de Philippe II de Macédoine à la bataille de Chéronée en -338 sur les forces grecques dirigées par Thèbes et Athènes, Sparte fut assujettie aux Macédoniens. Elle fit plus tard partie de la ligue achéenne et, en -146, fut absorbée par l'Empire romain comme l’ensemble des cités grecques.

À la fin du IVe siècle av. J.-C., elle fut détruite par les Goths d'Alaric et non loin fut construite la citadelle de Mistra.

Création de Sparte[modifier]

Ce serait l'illustre législateur Lycurgue qui aurait donné à Sparte vers -900 sa constitution oligarchique, ainsi que son système d'éducation, faisant de la cité un état aristocratique et militaire.

Lycurgue aurait rapporté la constitution après avoir consulté la Pythie de Delphes. Cette Grande Rhêtra fut élaborée à l'issue des longues guerres de Messénie, qui auraient fragilisé l'ensemble de la cité. Elle est fondée sur l’eunomia (égalité de la loi pour tous) pour résoudre mécontentements et privilèges. Mais elle se traduit par une grande discipline, où toutes les composantes de la cité font des sacrifices : la royauté, l'aristocratie, et le peuple.

L’eunomia[modifier]

Leunomia s'est traduite par la création d'une classe de citoyens, les Égaux, dans laquelle s'est fondue l'aristocratie foncière. Ainsi, les aristocrates ont renoncé à leurs privilèges pour intégrer le corps civique spartiate (de 7 000 à 8 000 Égaux au VIe siècle av. J.-C.). Les terres de l'aristocratie ont été redistribuées en parts égales à chacun des Égaux : le kléros, qui est inaliénable et dont seulement le premier fils mâle pouvait hériter, était cultivé par les serfs (les Hilotes), la production étant reversée au propriétaire, dans l'unique but de le nourrir. Leur seule activité étant l'entraînement et la guerre, les Égaux ne pouvaient ni s'enrichir, ni commercer.

L'égalité se traduisit également dans le système d'éducation et chacun des Égaux bénéficiait des mêmes droits politiques en participant à l'Assemblée.

Une organisation militaire[modifier]

Hoplite d'inspiration laconienne, cratère de Vix, -510.

Au Ve siècle av. J.-C., Sparte vivait sur une base commune à toute la cité : la guerre. Son armée était la plus redoutée de toute la Grèce. Tous les hommes de la ville y étaient enrôlés, et tous les Spartiates recevaient une éducation militaire très rigoureuse. Le système de gouvernement spartiate est l'œuvre de Lycurgue. Vers 700 av. J.-C., il cherche des moyens de contrôler les rois lacédémoniens. Le roi de Sparte est autorisé à s'entourer d'une garde servile de 300 soldats qui l'escorte partout.

L'assemblée[modifier]

L'assemblée est le rassemblement des Égaux (citoyens). Son rôle était d’approuver ou non les propositions de la gérousie (conseil de anciens) et les amendements soumis par les éphores (magistrats), sans les discuter, apparemmment par acclamation. Elle élit également les éphores et les gérontes. Aristote considérait son rôle comme quasi inexistant.

Le sommet de l'État[modifier]

Au sommet de l'État régnaient deux rois, chefs des armées, qui étaient conseillés par 28 vétérans (la gérousie), ainsi que par les éphores qui exerçaient le pouvoir exécutif.

La société spartiate : Égaux, périèques et hilotes[modifier]

Les citoyens ou « Égaux »[modifier]

Les Égaux étaient des guerriers, propriétaires de la terre. Ils exerçaient les fonctions gouvernementales.

Les faibles n'avaient pas leur place parmi les Égaux. Le Conseil des anciens, qui gouvernait Sparte, examinait les nouveaux-nés et les sélectionnaient sévèrement. Tous ceux qui montraient un signe de faiblesse étaient précipités dans un gouffre selon la légende, mais les archéologues n'ont trouvé aucun os, ni restes au fond du gouffre.

C'étaient des guerriers, ils ne pouvaient exercer d'autres activités, vivant dans des casernes où ils s'entraînaient, nourris d'herbes et de racines pendant leur formation.

Éducation des garçons[modifier]

Leur éducation est très dure, pour en faire des soldats efficaces, obéissants et dévoués à la cité. À 7 ans, ils partent en casernes : ils n'ont qu'une tunique pour l'année et font leur lit avec des joncs. Peu nourris, ils sont encouragés à voler dans les fermes voisines. Une fois par an, ils sont fouettés.Ils étaient prompts au sacrifice, tels Léonidas et ses compagnons aux Thermopyles, en -480. Arrivés à l'âge adulte, à 19 ans, ils devaient subir l'épreuve de la "cryptie" : abandonnés sans ressources dans la campagne après avoir été fouettés, ils devaient prouver leur virilité en tuant les hilotes qu'ils rencontreraient après le coucher du soleil. Ensuite, ils étaient incorporés dans l'armée. Ce n'est qu'à 30 ans qu'ils pouvaient fonder une famille, tout en poursuivant l'entraînement jusqu'à l'âge de 60 ans.

Éducation des filles[modifier]

Elles sont éduquées dans le même respect: gym, danse, chant, musique, … Elles participent aux compétitions d'athlétisme, car plus la mère est athlétique mieux l'enfant se porte.

Les épouses[modifier]

Même si les femmes ne participaient pas à l’entraînement militaire, les mêmes valeurs fondamentales se retrouvaient dans leur éducation. Par exemple elles avaient également un entraînement physique et gymnastique.

" Les autres Grecs veulent que les jeunes filles vivent comme la plupart des artisans, qui sont sédentaires, et qu'elles travaillent la laine entre quatre murs. Mais comment peut-on espérer que des femmes élevées de la sorte aient une magnifique progéniture ? Lycurgue, au contraire, pensa que les esclaves suffisaient à fournir les vêtements, et, jugeant que la grande affaire pour les femmes libres était la maternité, il commença par établir des exercices physiques pour les femmes, aussi bien que pour le sexe mâle ; puis il institua des courses et des épreuves de force entre les femmes comme entre les hommes, persuadé que si les deux sexes étaient vigoureux, ils auraient des rejetons plus robustes. " Xénophon

Les périèques[modifier]

Les périèques étaient des étrangers, installés autour de la cité. Ils étaient marchands, artisans, fermiers. Il était libres, mais payaient un tribut (impôt).

Les hilotes[modifier]

Les hilotes, très nombreux, étaient des serfs (paysans esclaves) sans statut juridique. Ils étaient forcés de cultiver le kléros, la terre. En de rares cas, ils pouvaient être enrôlés dans l'armée et être affranchis. Ils sont supposés être les descendants des populations autochtones asservies lors de l'invasion du territoire. Chaque année, les magistrats de Sparte leur déclaraient une guerre formelle, façon de contrôler les risques de révoltes en réaffirmant leur autorité.


Le savais-tu.png
Le savais-tu ?
Léonidas
Léonidas est le plus célèbre des rois Spartiates. Il fut tué en combattant les Perses à la bataille des Thermopyles (-480). Un monument moderne à l'effigie de Léonidas marque l'entrée du défilé des Thermopyles, en Grèce.


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37°4′27″N 22°25′53″E / 37.07417, 22.43139