Tentatives de réformes sous Louis XVI

« Tentatives de réformes sous Louis XVI » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
Aller à : navigation, rechercher

Sous Louis XVI, des tentatives de réformes ont lieu pour faire face à une grave crise financière. Le « budget » de l'État est en déficit depuis des décennies et les dettes sont considérables. De plus, à partir de 1778, le soutien militaire que la France apporte aux colons britanniques d'Amérique révoltés contre le Royaume-Uni aggrave les difficultés. Pour renflouer le trésor, les impôts doivent être réformés. Plusieurs ministres Turgot, Calonne, Loménie de Birenne tentent des réformes. Il s'agit de faire payer des impôts royaux à tous les Français. Mais chaque fois l'opposition des privilégiés (la Cour, la noblesse et les parlements) font échouer les réformes. La situation étant bloquée le roi est contraint de convoquer les États généraux pour mai 1789. Cette décision est le début de la Révolution française.

Les différents projets de réformes[modifier | modifier le wikicode]

Turgot, contrôleur général des finances
Turgot

Nommé ministre (Contrôleur) des finances en 1774, Turgot tente de faire face au déficit du budget de l'État. Il refuse l'augmentation des impôts et le recours à l'emprunt. Il pense que les économies sur le train de vie de l'État et des mesures visant à augmenter la richesse produite en France devraient permettre de résoudre les difficultés. Il réduit les dépenses de l'État en supprimant des offices1 inutiles et en rognant sur les dépenses de la Cour.

Pour libérer l'initiative économique en 1774, il décrète la libre circulation des grains (céréales) d'une province à l'autre en supprimant les douanes intérieures, il espère ainsi que les producteurs encouragés par l'ouverture de nouveaux marchés produiraient plus. Malheureusement, de mauvaises récoltes, la spéculation et la mauvaise volonté de l'administration royale vont provoquer une hausse du prix du blé et déclencher la guerre des farines.

Il supprime également les corporations. Pour les « spécialistes » de l'époque (les Économistes) les corporations, avec leur organisation et leurs règlements de production, étaient des freins à l'innovation techniques et à ses applications, mais aussi un frein à la création de nouvelles entreprises artisanales et industrielles (les manufactures). En 1776, il décide la fin de la corvée royale pesant uniquement sur les paysans et son remplacement par un impôt frappant tous les propriétaires, y compris les nobles.

L'opposition de la Cour et surtout du Parlement de Paris provoque sa disgrâce en mai 1776. La plupart de ses réformes sont alors annulées.

Necker

De 1777 à 1781, le banquier suisse Necker dirige les finances. Il réussit à emprunter auprès de ses anciens confrères pour couvrir la forte progression des dépenses du fait de la participation de la France à la guerre d'indépendance américaine. Mais il augmente ainsi la dette et aggrave les difficultés de l'État.

Par ailleurs Necker abolit le servage dans les domaines du roi et interdit la question préalable (torture) dans les procès criminels. Pour faire participer les Français à l'administration de leurs provinces il crée des assemblées provinciales (où les représentants du tiers état forment la moitié des membres à côtés de ceux de la noblesse et du clergé catholique, ce qui est une mesure révolutionnaire).

Pour faire face à l'opposition des privilégiés Necker, en 1781, publie le compte rendu. Pour la première fois les recettes et les dépenses de l'État, exposées de manière détaillée, sont communiquées au public. Y figurent aussi la liste et le montant des pensions que le roi verse aux courtisans. Devant le scandale Necker doit démissionner.

Calonne, contrôleur général des finances
Calonne

De 1783 à 1787, Calonne a la responsabilité des finances. Pour inspirer la confiance aux prêteurs il pense que l'État doit montrer sa « santé financière » en dépensant beaucoup. Les dépenses de l'État explosent mais la politique d'emprunt finit par inquiéter.

Pour trouver de nouveaux revenus Calonne propose alors la création d'un nouvel impôt la subvention territoriale payée par tous les propriétaires en remplacement de l'impôt du vingtième et reprend les projets de Turgot sur la corvée royale. Pour contourner l'opposition prévisible du Parlement de Paris, il décide de soumettre ses projets à des Assemblées de Notables, dont les membres sont nommés par le gouvernement. Réunis à Versailles au début de 1787, les grands seigneurs, les membres du haut-clergé catholique, les parlementaires (juges de rang supérieur) s'alarment du déficit et des projets, s'y opposent et contraignent Calonne à la démission (avril 1787).

Loménie de Brienne
Loménie de Brienne
Pour succéder à Calonne, Louis XVI choisit Loménie de Brienne, président de l'Assemblée des Notables. Il était alors un farouche opposant à Calonne.

Loménie parvient à éviter la banqueroute (cessation de paiement des dettes de l'État) grâce à un nouvel emprunt de 67 millions de livres. Puis il doit reprendre les projets de Calonne son prédécesseur afin de réformer les impôts et l'administration royale, afin d'assurer pour l'avenir des rentrées d'impôts suffisantes pour le Trésor.

Loménie de Brienne rétablit la liberté de commerce des grains, supprime les douanes intérieures qui freinaient l'activité économique. La corvée royale est abolie et remplacée par une contribution en monnaie. La noblesse et le clergé catholique, sont soumis au paiement de la subvention territoriale, un nouvel impôt foncier. Loménie tente de mettre en place des assemblées provinciales où le Tiers-État aurait autant de députés que la noblesse et le clergé réunis. L'assemblée des notables refuse ces réformes, et le 25 mai 1787, Loménie de Brienne la dissout.

Le Parlement de Paris, suivis par la Cour des comptes et la Cour des Aides prend la relève de l'opposition à toutes réformes fiscales. Et contre certains aspects de l'absolutisme monarchique (lettres de cachet, lois fondamentales du royaume). Pendant cette lutte qui s'étend d'août 1787 à mai 1788, Loménie est contraint de retirer les réformes projetées.

La crise de 1788[modifier | modifier le wikicode]

L'opposition des parlements

Les parlements, celui de Paris en tête, luttent ouvertement contre le gouvernement. Les parlements ont des positions très conservatrices. Ils veulent maintenir la division de la société en trois ordres2, hiérarchisés et disposant de droits différents. Les parlements défendent les privilèges de la noblesse dont une grande partie de leurs membres font partie. Ils veulent contrôler la monarchie au profit de la noblesse. Mais ils passent pour les défenseurs du bien commun. Soutenir les parlements lorsqu'ils sont attaqués par le gouvernement est une manière de s'opposer à la monarchie absolue.

Dès le début de 1788, Brienne est en grande difficultés. Les attaques juridiques du parlement de Paris contre l'absolutisme se multiplient. Les assemblées provinciales refusent les nouveaux impôts. Les officiers (tous d'origine noble) s'agitent

La révolte du Dauphiné

Pour imposer les décisions du roi, le garde des sceaux (ministre de la Justice), en mai 1788, fait une réforme de la justice. Il retire aux parlements leur droit d'enregistrement et de remontrance, qu'il confie à une Cour plénière dont il contrôle les membres. C'est l'explosion de colère dans le royaume. Les évènements sont particulièrement dramatiques en Dauphiné. Le 7 juin afin de s'opposer au départ en exil du Parlement de Grenoble, les habitants renforcés par des montagnards alertés par le son du tocsin, menacent l'intendant, jettent des tuiles sur les soldats patrouillant dans les rues et finalement obtiennent que le gouverneur rappelle le parlement. Profitant de leur succès, les Dauphinois élisent des députés aux États provinciaux du Dauphiné (pourtant supprimés depuis près de 150 ans). En juillet les États du Dauphiné réunis illégalement à Vizille, exigent la convocation des États généraux du royaume et demandent aux Français de ne plus payer les impôts jusqu'à ce que le roi cède.

le roi cède

Brienne doit capituler. Le 5 juillet 1788, il fait savoir qu'il demande la convocation des États généraux pour le 1er mai 1789. Il démissionne le 24 août 1788, alors que la banqueroute de l'État est imminente.

Louis XVI rappelle Necker au gouvernement. En décembre, le roi accepte que le tiers état dispose d'autant de députés que les deux autres ordres réunis. Mais il ne décide rien sur le mode de vote dans les séances des États généraux (vote par ordre où chaque ordre dispose d'une voix ou vote par tête où chaque député compte pour une voix ?)

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. Sous l'Ancien régime, les « fonctionnaires » appelés officiers, étaient propriétaires de leur charge (les offices) qu'ils avaient achetées au roi et qu'ils transmettaient à leurs héritiers. Certains offices anoblissaient. Les officiers les plus prestigieux étaient les Parlementaires (les juges)
  2. Depuis le Moyen Âge, la société française est divisée en ordres dont les droits sont différents, le clergé catholique, la noblesse et le tiers état. Ces ordres ne sont pas hermétiques. Ainsi le clergé est composé de membres de la noblesse et du tiers état et un membre du tiers état peut devenir noble dans certaines conditions. Le clergé et la noblesse sont des ordres privilégiés
Icone chateau.png Portail de l'Histoire —  Toute l'Histoire, de la préhistoire, jusqu'à aujourd'hui.
Francestubmap.png Portail de la France —  Accédez au portail sur la France.