Omar Khayyam

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Dessin représentant Omar Khayyam

Omar Khayyām ou Al-Khayyām, né vers 1048 à Nichapur (actuellement en Iran) et mort le 4 décembre 1131, est un écrivain, mathématicien et savant persan. Ses poèmes sont principalement écrits en persan alors que ses traités scientifiques le sont en arabe.

La vie d'Omar Khayyam est mystérieuse et n'est connue qu'en partie. On pense qu'il est né dans une famille d'artisans et qu'il a étudié avec le cheik Mohammad Al-Mansuri et de l'iman Mowaffak de Nichapur, deux grands penseurs de leur temps.

En 1074, le sultan Malikshah Jalal al-Din l'invite a Ispahan pour réformer le calendrier persan, auquel il consacre cinq années de recherche. Il tombe en disgrâce après la mort de Malikshah, peut-être à cause de certains de ses poèmes. Il entreprend alors un pèlerinage à la Mecque, et c'est durant le voyage qu'on perd sa trace. On le retrouve plus tard de retour à Nichapur où il termine sa vie, savant à la retraite mais poète fécond.

Travaux scientifiques[modifier | modifier le wikicode]

Mathématiques[modifier | modifier le wikicode]

Omar Khayyâm est l'un des plus grands mathématiciens du Moyen-âge musulman. Trois livres nous sont parvenus, particulièrement importants dans l'histoire des mathématiques, même s'ils ne furent publiés en Europe qu'au XIXe siècle.

Pour résoudre , Omar Khayyam construit une parabole et un demi-cercle liés aux valeurs de a et b, la solution est la distance AE.
  • Démonstrations de problèmes d'algèbre (Risāla fī’l-barāhīn ˓ala masā’il al-jabr wa’l-muqābala), écrit en 1070

Omar Khayyam y fait le bilan des méthodes pour résoudre toutes les équations de degré 3, qu'ils classe en différentes formes. Il n'utilise pas de formules donnant directement les solutions, mais traite tous les cas possibles en utilisant des intersections de droites et de courbes. C'est un traité qui fait le bilan des connaissances algébriques de son époque.

  • Commentaires sur les difficultés de certains postulats du livre d'Euclide (Sharh. mā ashkala min mus.ādarāt kitāb Uqlīdis), écrit en 1077

C'est une réflexion sur l'axiome des parallèles de la géométrie euclidienne. Comme beaucoup d'autres, il cherche à le déduire des autres axiomes afin de réduire le nombre de postulats de base. Certaines réflexions sont à rapprocher des considérations qui mèneront aux géométries non-euclidiennes.

  • Traité sur la division d'un quart de cercle

Omar Khayyam y calcule les valeurs approchées d'une racine d'équation de degré 3.

Autres sciences[modifier | modifier le wikicode]

Sa réforme du calendrier persan est connue sous le nom de réforme jelaléenne. Il calcule la longueur de l’année comme 365,24219858156 jours 1 ce qui le pousse à introduire des années bissextiles. Son calendrier sera ainsi plus précis à la longue que le calendrier grégorien crée cinq siècle plus tard en Occident.

En physique, Omar Khayyam s'est intéressé à la détermination de la composition d’alliages de deux métaux et l’utilisation de la balance. Il a également écrit un traité sur la division des notes dans les gammes musicales.

Travaux littéraires et philosophie[modifier | modifier le wikicode]

Les Rubaiyat[modifier | modifier le wikicode]

Quatrain d'Omar Khayyam en arabe

Omar Khayyam a écrit de nombreux Rubaiyat ce qui signifie « quatrains ». Ce sont de courts poèmes qui célèbrent la vie et ses plaisirs (notamment le vin et l'amour) et critiquent les ambitions et la vanité des hommes.

Il existe beaucoup de manuscrits différents, et certains ne sont pas forcément authentiques. Les versions vont de 158 à plus de mille quatrains ! Filtrant dans la tradition et les rajouts, les chercheurs attribuent avec certitude à Omar Khayyam 50 quatrains, et 200 sont incertains. Dans les traductions françaises, on en compte en général entre 150 et 170.2

Quelques quatrains :

« Hier est passé, n’y pensons plus.
Demain n’est pas là, n’y pensons plus.
Pensons aux doux moments de la vie,
Ce qui n’est plus, n’y pensons plus. »

 « Elle passe bien vite cette caravane de notre vie
Ne perds rien des doux moments de notre vie

Ne pense pas au lendemain de cette nuit
Prends du vin, il faut saisir les doux moments de notre vie » 3

 « Les astres à ma présence ici‐bas n’ont rien gagné,
Leur gloire à ma déchéance ne sera pas augmentée ;
Et, témoin mes deux oreilles, nul n’a jamais pu me dire
Pourquoi l’On m’a fait venir et l’On me fait m’en aller. »4

Rapport à la religion[modifier | modifier le wikicode]

Dans ses poèmes, Omar Khayyam se montre sceptique et désabusé. Il a la posture d’un sage qui a perdu ses illusions et s’est rendu compte de la vanité des ambitions humaines. Il conseille de profiter de la vie (hédonisme) plutôt que de chercher à amasser du pouvoir ou de la connaissance.

Il a aussi été assez critique vis-à-vis de la religion de son époque. Pour lui, fréquenter les sanctuaires et observer les indications des religieux ne sont pas des indicateurs d’un bon croyant. La relation avec Dieu se passe de prêtres et de dévots, qui sont souvent hypocrites et malhonnêtes.

Certains 5 le voient comme un agnostique sceptique, qui ne veut pas qu’on lui impose un dogme et refuse de trancher sur des mystères inatteignables. D’autres 6 le rapproche de l’ésotérisme symbolique (le vin serait un vin divin qui étancherait la soif spirituelle de l’homme), proche du soufisme. Il est à priori impossible de trancher.

Hommages[modifier | modifier le wikicode]

Dans les arts[modifier | modifier le wikicode]

Depuis sa découverte en Europe à la fin du XIXe siècle, Omar Khayyam a fasciné les écrivains (Marguerite Yourcenar, Jack London dans Le loup des mers, Amin Maalouf dans Samarcande ou Denis Guedj dans Le théorème du perroquet), les poètes (Fernando Pessoa a écrit des rubaiyat) et les musiciens (Oum Kalsoum, Bernard Lavilliers, Granville Bantock ou Tony Gatlif).

Autres références[modifier | modifier le wikicode]

  • Un cratère lunaire a été baptisé de son nom en 1970.
  • L'astéroïde (3095)Omarkhayyam a été nommé en son honneur en 1980.
  • Un voilier classique classé monument historique porte son nom.
  • Dans la série The Big Bang Theory, le personnage de Sheldon Cooper cite Omar Khayyâm.

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. Aujourd’hui, la valeur est de 365,242190517 jours.
  2. Les traductions françaises de référence sont celles de Edward FitzGerald (1895), de Charles Grolleau (éditions Charles Corrington, 1902) et d'Armand Robin (éditions Gallimard, 1958)
  3. Traduction de Mahshid Moshiri dans Dictionnaire des poètes renommés persans (2007)
  4. Traduction de Gilbert Lazard dans Cent un quatrains de libre pensée d’Omar Khayyam (2002).
  5. Voir les travaux de Sadegh Hedayat
  6. voir les travaux d’Omar Ali-Shah et Paramahansa Yogananda dans The wine of the mystic
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