Guerre franco-anglaise en Amérique du Nord

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Les possessions coloniales en Amérique du Nord au milieu du XVIII siècle.

La guerre franco-anglaise en Amérique du Nord (ou French and Indian War pour les Anglo-Saxons) s'est déroulée de 1753 à 1763. C'est l'épisode local de la guerre de Sept Ans qui se déroule en Europe au même moment. La guerre oppose les Français et leurs alliés indiens, aux soldats et aux colons britanniques vivant sur la côte est de l'Amérique du Nord. Pour les Français il s'agit de conserver la liaison entre le Canada et la vallée du Mississippi (par la vallée de l'Ohio). Pour les Britanniques il s'agit de pouvoir s'étendre, au-delà de la vallée de l'Ohio, vers l'ouest en direction des territoires indiens et de la vallée du Mississippi.

Malgré leurs succès dans les débuts des affrontements, les Français, dont le peuplement local, est faible et les moyens de défense limités, ne reçoivent pas de renforts venus de France. Par contre les Britanniques beaucoup plus nombreux disposent de renforts continuels. En 1760, les combats cessent par la défaite des Français. Le traité de Paris de 1763, donne aux Britanniques, la totalité du Canada et les territoires à l'est de la vallée du Mississippi.

La situation coloniale en Amérique du Nord[modifier | modifier le wikicode]

Au XVIIIe siècle, le Royaume-Uni, la France et l'Espagne, se partageaient l'Amérique du Nord.

Les possessions du Royaume-Uni[modifier | modifier le wikicode]

Le Royaume-Uni possède les treize colonies situées sur la façade atlantique. À l'ouest, les colons britanniques atteignaient la vallée de l'Ohio et la haute vallée du Tennessee où ils buttent contre les installations françaises. Leur expansion vers l'ouest est donc impossible.

À la suite du Traité d'Utrecht de 1713, qui terminait la Guerre de succession d'Espagne, le Royaume-Uni avait enlevé à la France les terres canadiennes commandant l'embouchure du Saint-Laurent, c'est-à-dire Terre-Neuve et l'Acadie. Il recevait également les terres autour de la baie d'Hudson dans le nord canadien.

Au total les colons venus des îles britanniques étaient dix fois plus nombreux que ceux venus de France. Pour la plupart ce sont des agriculteurs (petits propriétaires ou grands planteurs), des pêcheurs et des commerçants. À côté des 1 200 000 de colons il y avait environ 300 000 esclaves d'origine africaine.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Colonies anglaises d'Amérique du Nord.

Les possessions françaises[modifier | modifier le wikicode]

Les possessions françaises d'Amérique du Nord forment la Nouvelle-France.

Les Français sont installés au Canada, dans la vallée du Saint-Laurent depuis le règne d'Henri IV, et surtout celui de Louis XIII. Les villes principales sont Québec et Montréal.

Le fort de Ticonderoga ou Fort Carillon

Plus au sud les Français ont des postes militaires et commerciaux dans le bassin du Mississippi. Ils contrôlent la vallée de l'Ohio qui est le chemin naturel entre le Canada et le Mississippi. Ces territoires immenses forment la Louisiane. Ils sont peuplés d'indiens le plus souvent nomades. La grande ville est La Nouvelle-Orléans fondée en 1718 dans le sud, à l'embouchure du Mississippi.

Les Français sont très peu nombreux en Amérique du Nord. Ils sont environ 70 000, malgré les tentatives pour encourager le peuplement (en particulier par l'action de la Compagnie du Mississippi de John Law pendant la Régence).

Plus intéressés par leurs colonies des Antilles, les « îles à sucre », les Français se désintéressent du Canada et de la Louisiane.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Acadie française.

Les possessions espagnoles[modifier | modifier le wikicode]

Depuis le XVIe siècle, l'Espagne possédait la Floride. Plus à l'ouest l'Espagne occupait les territoires semi-désertiques au nord du Mexique (Texas, Nouveau-Mexique, Arizona actuels).

Les guerres[modifier | modifier le wikicode]

La région des combats

L'enjeu est le contrôle de la vallée de l'Ohio (voir plus haut). Les colons britanniques fournissent une partie des combattants.

En avril 1754, les Français détruisent le fort Prince George que les Britanniques viennent de construire. À la place ils installent le fort Duquesne.

En mai 1754, dans la vallée de l'Ohio, en Pennsylvanie, les colons britanniques (parmi lesquels combat comme officier George Washington alors âgé de 22 ans) anéantissent une ambassade de colons français. Les Britanniques s'emparent du fort Duquesne, le ruinent et le remplacent par le fort Necessity. En juillet ils en sont chassés par les Français.

En juin 1755, sans déclaration de guerre, une escadre britannique capture des bateaux français à l'entrée du Saint-Laurent. Jusqu'à la fin de l'année 1755, au large du Canada, la marine britannique s'empare de 300 bateaux marchands français.

Victoire de Montcalm à Fort Carillon

Le 18 mai 1756, le Royaume-Uni déclare la guerre à la France. Le marquis de Montcalm, est nommé commandant en chef des armées françaises au Canada. Il prend des Indiens comme troupes auxiliaires. Ceux-ci vont commettre de nombreuses atrocités (en particulier la pratique du scalp).

Peu de temps après son arrivée, Montcalm s'empare du fort d'Oswego (près du lac Ontario) (14 août 1756). En 1757, il parvient sur l'Hudson et s'empare du fort William Henry. Le 8 juillet 1758, Montcalm, à un contre quatre, parvient à contenir les Britanniques à la bataille de Fort carillon au sud du lac Champlain.

Alors que la France n'envoie quasiment pas de renfort, les Britanniques envoient de nombreuses troupes au Canada.

Le 26 juillet 1758, les Français doivent abandonner la puissante forteresse de Louisbourg (île du Cap-Breton), puis le 26 août ils sont battus au fort Frontenac en Ontario. Montcalm doit alors évacuer une partie de la vallée du Saint-Laurent. En décembre 1758, les Français abandonnent le fort Duquesne dans la vallée de l'Ohio.

Siège de Louisbourg par les Britanniques

Les 13-14 septembre 1759, les Français sont battus à la bataille des plaines d'Abraham près de Québec. Montcalm y trouve la mort (ainsi que son adversaire le général Wolfe). Les troupes françaises se débandent. La ville de Québec doit capituler (septembre 1759).

En novembre 1759, la flotte française est en grande partie anéantie par la marine britannique au large de Brest, il n'y a plus de moyens de porter secours aux Français du Canada.

En septembre 1760, la ville de Montréal se rend aux Britanniques

Le traité de Paris[modifier | modifier le wikicode]

En février 1763, le traité de Paris met fin à la guerre de Sept Ans.

La France abandonne tout le Canada aux Britanniques. Elle cède également tous les territoires à l'est du Mississippi (donc la vallée de l'Ohio).

La France cède à son allié espagnol les territoires de la rive droite du Mississippi (la Louisiane). Il s'agit de compenser la prise de la Floride espagnole par le Royaume-Uni.

Par le même traité, la France abandonne aux Anglais, l'Inde, quelques îles des Antilles et le Sénégal.

L'Angleterre devient alors une très grande puissance coloniale. Cependant cette guerre, qui lui a coûté très cher, va lui faire perdre ses colonies américaines quelques années plus tard.

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