Colonies anglaises d'Amérique du Nord

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Au XVIIIe siècle, les treize colonies anglaises d'Amérique du Nord occupent la façade Est du continent nord-américain. Elles sont peuplées de colons venus de différents pays d'Europe (en grande majorité des Britanniques). Ceux-ci ont expulsé les indigènes, les Indiens, vers l'Ouest, au delà des montagnes des Appalaches. Les colons installés dans les colonies du Sud pratiquent une agriculture basée sur l'esclavage des noirs.

Chacune des colonies a un peuplement, une économie et des gouvernements différents. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, une grande partie des colons sont mécontents du gouvernement de Londres, qui selon eux, maltraite les colonies.

Origines des colonies anglaises[modifier | modifier le wikicode]

Les Anglais se sont installés sur les côtes atlantiques de l'Amérique du Nord à partir de 1607, lorsque le roi Jacques Ier a accordé une charte à un groupe de marchands ; ceux-ci ont fondé la ville de Jamestown (en l'honneur du roi Jacques ou James) en Virginie (nom donné en l'honneur de la reine Elisabeth Ière décédée en 1603).

Les Anglais en Amérique du Nord vers 1775.

À partir de 1620, Jacques Ier, puis son fils Charles Ier mènent une politique religieuse, qui lutte contre les confessions protestantes non-anglicanes et tente d'imposer l'absolutisme. Certains opposants préfèrent émigrer vers l'Amérique du Nord pour y mener une vie en accord à leurs idées religieuses et politiques. En 1620, les pères pèlerins du Mayflower s'installent au cap Cod et fondent Plymouth. Ils sont devenus dans l'histoire américaine le symbole de la liberté. D'autres confessions protestantes émigrent également pour construire outremer, une société nouvelle et idéale, différente des sociétés européennes (par exemple le quaker William Penn vers 1680 en Pennsylvanie). Il y eu aussi des catholiques qui étant persécutés en Angleterre au XVIIe siècle se sont installés dans le Maryland à partir de 1630.

Diversité des colonies britanniques[modifier | modifier le wikicode]

En 1776, dans les treize colonies, il y environ 2,2 millions d'habitants dont un peu plus de 20% d'esclaves. Il y avait environ 30 % de non-anglais. Le calvinisme, religion dominante, était pratiqué par les 2/3 de la population.

Le peuplement[modifier | modifier le wikicode]

Le port de Salem (Massachusetts) vers 1770

Au nord, la Nouvelle-Angleterre : le New Hampshire, le Massachusetts, le Connecticut, Rhode Island. Les colons surtout des Britanniques ont une origine puritaine. Ils ont commencé à s'installer entre 1620 et 1640. Ce sont surtout des agriculteurs indépendants, des pêcheurs, des trappeurs. Ils pratiquent une agriculture d'auto-subsistance. Ils disposent de nombreux ports, dont Boston, qui avec environ 3000 habitants vers 1750, est la seconde ville des colonies. Les chantiers de constructions navales sont nombreux et bénéficient de la proximité d'une forêt abondante en grands arbres. Ils commercent avec les Antilles et l'Angleterre où ils exportent le sucre, le tabac, le bois, la viande, le poisson salé. Ils pratiquent aussi la traite des noirs. Ils importent les produits manufacturés fabriqués au Royaume-Uni.

Au centre les colonies sont plus récentes, elles datent de la seconde moitié du XVIIe siècle. Ce sont le New Jersey, New York, la Pennsylvanie. Les colons sont d'origines diverses, s'y côtoient des Néerlandais, des Français, des Suisses, des Suédois. Ce sont aussi des paysans indépendants, des marins et des commerçants. Les villes les plus importantes sont Philadelphie (la ville la plus peuplée des colonies avec près de 45 000 habitants) et New York grand port exportateur de blé et de farines.

George Washington, dans sa plantation de Virginie

Au sud, les états esclavagistes : le Delaware, la Virginie, le Maryland, la Caroline du Nord et la Caroline du Sud, la Géorgie. Les colons sont des planteurs, de confession anglicane, qui cultivent pour l'exportation de la canne à sucre, du riz, du coton, du tabac et de l'indigo. Leurs grands domaines sont travaillés par des esclaves d'origine africaine (importés dès 1620 en Virginie). Les planteurs mènent une vie raffinée proche de celle des gentilshommes ruraux européens de la même époque.

L'organisation politique[modifier | modifier le wikicode]

Les colonies britanniques sont dirigées depuis Londres. Il existe un secrétaire d'État aux colonies de la Grande-Bretagne qui siège au Conseil privé du roi et un Board of Trade (conseil du Commerce), nommé par le gouvernement, qui rédige les instructions et règlements applicables dans les colonies.

Au XVIII siècle, les colonies, indépendantes les unes des autres, ont une organisation politique différente.

  • Certaines colonies comme le Connecticut et le Rhode Island (ancienne colonie à charte) sont les plus démocratiques. Les colons élisent le gouverneur et l'assemblée locale.
  • La Pennsylvanie, le Maryland et le Delaware (sont des colonies de propriétaire c'est-à-dire colonies fondées par un important personnage britannique) ; le gouverneur était un descendant du fondateur.
  • Les autres colonies avaient un gouverneur nommé par le gouvernement de Londres. Le gouverneur nomme les administrateurs et a le droit de veto sur les décisions des assemblées locales.

Les gouverneurs ont des pouvoirs étendus ; ils disposent de la force armée avec la milice, l'armée de terre et la marine. Ils peuvent dissoudre l'assemblée locale. Ils peuvent s'opposer aux décisions des assemblées locales. Ils nomment les juges et les administrateurs. Le gouverneur est assisté d'un conseil, dont il nomme les membres qui sont des bénévoles compétents dans le droit, le commerce ou l'agriculture.

L'assemblée de la colonie est élue pour un an. C'est un système censitaire : ne sont électeurs que les hommes blancs, propriétaires et dans quelques cas qui appartiennent à la religion dominante dans la colonie. L'assemblée vote le budget de la colonie, elle peut envoyer des pétitions au gouvernement de Londres.

Des Anglais de second rang ?[modifier | modifier le wikicode]

Les colons ne sont pas représentés au Parlement de Londres. De ce fait, contrairement aux traditions britanniques, ils ne participent pas à la prise de décision pour les impôts royaux. Ainsi en 1764, le gouvernement royal, leur impose de nouvelles taxes sur la consommation du sucre qui était importé des Antilles françaises, et en 1765 l'utilisation du « papier timbré » pour la rédaction des papiers officiels. Or à plus de 5 000 km de l'Europe soit plusieurs semaines de voyage en bateau à partir des îles britanniques les colons ont pris l'habitude de se gouverner eux-mêmes et veulent conserver leurs libertés.

Dessin attribué à Benjamin Franklin, il appelle les colonies à s'unir contre le gouvernement de Londres ou à mourir.

Dans le domaine économique, les colonies sont soumises au régime de l'Exclusif selon lequel les colonies ne peuvent commercer qu'avec le Royaume-Uni et souvent uniquement par l'intermédiaire des navires anglais. Le gouvernement britannique leur interdit les activités manufacturières (fabrication d'objets) qui concurrenceraient les mêmes productions faites dans le Royaume-Uni. La fraude et la contrebande avec les colonies françaises et espagnoles des Antilles, qui sont proches, étaient très développées. Des associations comme les « fils de la liberté » encouragent le boycott des produits anglais.

De plus certains émigrants sont freinés dans leur pénétration des territoires indiens entre les Appalaches et la vallée du Mississippi. Ces territoires sont réservés aux indigènes par décision du gouvernement anglais après l'élimination des Français de cette immense région (Traité de Paris de 1763).

La lutte contre les Français pendant la guerre de Sept Ans, les luttes contre les Indiens ont forgé progressivement un sentiment d'appartenance à une même communauté. Pourtant en 1754, les colons avaient rejeté un projet de confédération présenté par Benjamin Franklin.

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