Os d'Ishango

« Os d'Ishango » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
Aller à : navigation, rechercher

L'os d'Ishango est un os de babouin datant du paléolithique retrouvé en 1950 par l'archéologue belge Jean de Heinzelin de Braucourt. Il a été trouvé dans des couches de cendre volcanique en Afrique centrale, plus précisément dans la région d'Ishango au Congo belge, devenu depuis la République démocratique du Congo. L'os est aujourd'hui exposé au Muséum des Sciences naturelles à Bruxelles en Belgique.

Description[modifier | modifier le wikicode]

L'os d'Ishango.

Il mesure 10 cm environ et date du paléolithique supérieur (vers -20 000).

L'os est intéressant parce qu'il présente des entailles. Les entailles diffèrent d'une colonne à l'autre. Il ne peut donc pas s'agir d'une simple décoration. En fait, les entailles sont groupées en plusieurs groupes et alignés sur trois colonnes. Les groupes d'entailles représentent des nombres naturels.

Les entiers naturels sont ici notés dans un système unaire. L'entier naturel 5 correspond à un groupe de 5 entailles. Aujourd'hui, ce système de numération est toujours utile, par exemple pour noter les scores dans un sport.

De manière certaine, l'os d'Ishango démontre que l'homme savait compter au Paléolithique, bien avant l'apparition de l'écriture.

Un artefact mathématique ?[modifier | modifier le wikicode]

Première colonne d'entailles
Deuxième colonne d'entailles
Troisième et dernière colonne d'entailles

Cependant, on ne sait pas ce que représente cette séquence d'entiers naturels. L'os est-il l'inscription d'un simple dénombrement réalisé ? Ou au contraire communique-t-il une connaissance primitive de l'arithmétique chez l'homme ? Cette affirmation est discutable, mais il existe tout un débat entre archéologues, mathématiciens et ethnologues.

Les nombres des première et troisième colonnes semblent avoir une signification particulière.

  • Les nombres de la première colonne sont les quatre nombres premiers compris entre 10 et 20, donnés dans l'ordre croissant. Le rôle joué par les nombres premiers en arithmétique avait-il été perçu ?
  • Les nombres de la troisième colonne sont exactement 10+1 ; 10-1 ; 20+1 et 20-1. La soustraction était-elle connue ?

60 est la somme des nombres de la première colonne et la somme des nombres de la troisième colonne. Cette égalité pourrait très bien être une simple coïncidence.

La somme des nombres de la deuxième colonne vaut 48. On peut constater que 4*12=48 et 5*12=60. Ce constat sert d'argument pour dire que les hommes avaient une bonne connaissance intuitive des multiplications et divisions.

Un calendrier lunaire ?[modifier | modifier le wikicode]

La lune : elle a toujours fasciné l'homme !

Une autre hypothèse est que l'os d'Ishango serait... un calendrier lunaire. Les mouvements de la lune peuvent être observés et les hommes ont noté très tôt les mouvements des astres. Cette attitude montre une volonté de comprendre les phénomènes observés et de maitriser leur évolution.

Claudia Zaslavsky y voit les notations des périodes de menstruation d'une femme. Ces deux dernières hypothèses ne se contredisent pas forcément...

Arrowhead-detoured.png Portail de la Préhistoire —  Tous les articles sur la Préhistoire