Matthias du Saint-Empire
| Matthias (du Saint-Empire) Matthias II (de Hongrie et de Bohême) Empereur du Saint-Empire archiduc d'Autriche roi de Hongrie roi de Bohême |
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|---|---|
| Matthias, empereur du Saint-Empire romain et archiduc d’Autriche | |
| Fonction | |
| Pays | Autriche, Allemagne, Bohême, Hongrie |
| Règne | 13 juin 1612 - 20 mars 1619 |
| Couronnement | 26 juin 1612 à Francfort |
| Dynastie | Habsbourg d'Autriche |
| Prédécesseur | Rodolphe II |
| Successeur | Ferdinand II |
| Nom de naissance | Matthias de Habsbourg |
| Naissance | 24 fevrier 1557 Vienne |
| Décès | 20 mars 1619 Vienne |
| Sépulture | Crypte des Capucins, Vienne |
| Père | Maximilien II |
| Mère | Marie d'Autriche |
| Frères et sœurs | Rodolphe II |
| Conjoint | Anne d'Autriche |
| Enfants | Matthias n’eut pas d’enfants |
| Armoiries de l'empereur Matthias. | |
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Matthias de Habsbourg (Matthias II comme roi de Hongrie), né en 1557 à Vienne et mort en 1619 dans la même ville. Il fut roi de Bohême à partir de 1611, souverain de Hongrie et archiduc d’Autriche à partir de 1608 et empereur du Saint-Empire romain germanique de 1612 jusqu’à sa mort en 1619.
Matthias était politiquement ambitieux et entra en conflit avec son frère, l’empereur Rodolphe II. Après plusieurs disputes (la fameuse « querelle fraternelle »), il réussit à renverser du trône Rodolphe; mais une fois devenu empereur, Matthias ne parvint pas à résoudre les conflits entre les différentes confessions présentes dans le Saint-Empire romain germanique. Finalement ces conflits se transformèrent en un grand conflit qui éclata en Bohême en 1618, mais l’empereur ne put rien faire car il mourut peu après, le 20 mars 1619.
Biographie[modifier | modifier le wikicode]
Enfance et gouvernorat aux Pays-Bas espagnols.[modifier | modifier le wikicode]
Matthias de Habsbourg, dans deux peintures, en 1579. Dans le premier il est représenté comme archiduc en armure.

Matthias de Habsbourg est né le 24 février 1557 à Vienne, fils de l’archiduc et empereur Maximilien II et de Marie de Habsbourg, fille de Charles Quint1. Il avait initialement peu de chances d’accéder au trône, étant le troisième de six enfants. Il a été éduqué dans la ville de Madrid sur décision de son grand-père Ferdinand Ier afin qu’il ne subisse pas l’influence du protestantisme. À la mort de son père (1576), Matthias n’obtint aucun territoire, mais en 1577 il fut invité par l’aristocratie à se rendre aux Pays-Bas espagnols pour assumer le poste de gouverneur général et remplacer Don Juan d'Autriche. Mais il a pris ses fonctions sans le consentement du roi espagnol Philippe II, et sans avertir le nouvel empereur romain, son frère Rodolphe II : un affront sans précédent. De plus, Matthias était incapable d’accepter un compromis entre l’Espagne et le groupe protestant des Pays-Bas, dirigé par Guillaume d’Orange ; il démissionna donc du poste de gouverneur général en 1581, retournant ainsi à Vienne.
Autres échecs de Matthias puis montée comme régent de l’archiduché d’Autriche[modifier | modifier le wikicode]
Dans les années qui suivirent, Matthias échoua à plusieurs reprises : il se présenta en effet comme évêque de Liège, Münster et Spire, mais n’obtint pas la charge ; et en outre, Matthias fut candidat pour le trône polonais et comme régent du Tyrol, mais là aussi il ne réussit pas. En 1593, son frère l’empereur Rodolphe II lui confia le gouvernement de l’archiduché d’Autriche, le reconnaissant comme son héritier. Ici, l’archiduc poursuivit la politique dite de Contre-Réforme afin de freiner le protestantisme, mais cela provoqua plusieurs révoltes paysannes, comme celle de 1596-1597, qui furent finalement réprimées.
La rencontre avec Melchior Klesl[modifier | modifier le wikicode]

Un an plus tard, en 1598, Matthias rencontra Melchior Klesl, un ecclésiastique qui devint son conseiller et qui allait jouer un rôle important dans les affaires impériales. En effet, dans les décisions politiques, Matthias subit de plus en plus l’influence de Klesl, un homme né protestant puis converti au catholicisme et qui s’est joint aux jésuites. Ce dernier grimpa rapidement dans la hiérarchie de l’église catholique, jusqu’à devenir évêque de Vienne, soutenant la Contre-Réforme dans les territoires autrichiens.
Conflit fraternel avec Rodolphe II[modifier | modifier le wikicode]
Matthias, nouveau chef de famille et héritier du trône[modifier | modifier le wikicode]
Grâce à Klesl, Matthias est devenu une figure centrale dans le conflit intrafamilial qui a éclaté contre son frère Rodolphe II. En effet, dès le début du XVIIe siècle?, Rodolphe devint de plus en plus instable mentalement et incapable de gérer les affaires de l’empire, aussi les autres membres de la maison des Habsbourg lui firent pression pour un accord de succession. Ainsi, en 1605, Matthias fut reconnu comme chef de la famille des Habsbourg et héritier du trône.
Affrontement contre les Ottomans et rébellion en Hongrie[modifier | modifier le wikicode]

Matthias fut également chef impérial dans le conflit contre les Ottomans en 1594-1595 et 1598-1601, et en 1606 il réussit à signer un armistice qui apporta la paix sur la frontière turque pendant un demi siècle, rétablissant ainsi la trêve avec le sultan.
Instabilité mentale: L’instabilité mentale (plus précisément l’instabilité émotionnelle) fait référence à des changements d’humeur intenses, rapides et soudains. Elle est caractérisée par des émotions négatives telles que la colère, l’anxiété et la dépression, et une tendance au stress.
.En plus, il défendit la Hongrie qui était menacée par Bocskaj, prince de Transylvanie : en effet, en 1604, la Hongrie devint le théâtre d’une révolte car le prince de Transylvanie Stefano Bocskai promit aux Hongrois un régime libéral (en matière de liberté religieuse), s’assurant de maintenir les libertés des aristocrates de Hongrie. Matthias a essayé de sauver la situation, mais ses tentatives ont été entravées par son frère rival Rodolphe II, et aussi par les Turcs ottomans, qui pouvaient exploiter l’instabilité en Hongrie pour effectuer de nouvelles conquêtes territoriales. Cependant, Matthias a réussi à résoudre la situation en garantissant aux Hongrois la liberté religieuse et une certaine autonomie politique.
Lutte ouverte avec Rodolphe pour les couronnes de Hongrie et de Bohême[modifier | modifier le wikicode]

Après ces événements, commença la phase suivante de l’affrontement fraternel : la rébellion contre Rodolphe. En effet, en 1608, les États de Hongrie, d’Autriche et de Moravie s’allièrent à Matthias, s’opposant à l’empereur Rodolphe (auquel resta fidèle la Bohême), qui subit un coup dur. Ainsi fut signé le traité de Lieben (1608), qui conduisit à un compromis: Rodolphe II conserva le titre d’empereur du saint empire romain, la Bohême, la Silésie, la Basse et la Haute-Lusace, tandis que Matthias obtint la Basse et la Haute-Autriche, la Moravie et la Hongrie. Matthias fut ainsi reconnu roi de Hongrie en 1608, mais il dut faire d’autres concessions aux protestants et même accorder la liberté religieuse à la noblesse en Autriche. Plus tard, en mai 1611, il fut couronné roi de Bohême et à la mort de son frère détesté Rodolphe, désormais abandonné par tous, Matthias fut élu empereur du Saint-Empire romain le 13 juin 1612, héritant cependant d’une situation compliquée.
Matthias, empereur du Saint-empire romain[modifier | modifier le wikicode]
Les luttes religieuses dans l’empire et la question de la succession[modifier | modifier le wikicode]


Après avoir succédé à son frère dans le rôle d’empereur, Matthias se retira progressivement de la vie publique et laissa à Klesl (qui fut nommé premier ministre en 1616) la responsabilité de gérer la majeure partie de la politique et des affaires d’état. Comme il a été dit plus haut, le règne de Matthias fut marqué par une situation difficile : la confrontation religieuse entre l’Union Evangélique et la Ligue Catholique qui affligeait (et divisait) tout le Saint Empire Romain. Matthias, avec Klesl, a essayé de mettre fin à ces luttes religieuses dans l’empire et de réconcilier les deux parties opposées, mais il n’a pas réussi; et en plus les jeunes archiducs d’Habsbourg ont encouragé les princes allemands à agir de manière intransigeante. Mais en outre, au cours du règne de Matthias, la question de la succession est revenue: depuis son mariage (en 1611) avec l’archiduchesse Anne d'Autriche2, fille de Ferdinand du Tyrol et princesse de Mantoue, il n’a pas eu d’enfants.
Le successeur, Ferdinand, et la mort de Matthias[modifier | modifier le wikicode]


Il fut ainsi décidé que son cousin, l’archiduc Ferdinand de Styrie serait son successeur et futur empereur. Ferdinand fut ainsi accepté comme roi de Bohême en 1617 et comme roi de Hongrie en 1618 ; mais il était un disciple intolérant des jésuites, un représentant intransigeant de la Contre-Réforme et un oppresseur du protestantisme. Le résultat de cette politique fut la révolte bohémienne de 1618, qui conduisit à la guerre de Trente Ans. Matthias, désormais neutralisé politiquement, devait simplement assister à la situation. Il mourut un an après le déclenchement de la guerre, le 20 mars 1619 à Vienne, à l’âge de 62 ans.
Notes et références[modifier | modifier le wikicode]
- ↑ Jiri Louda et Michael MacLagan, Les Dynasties d'Europe, éditions Bordas, 1995
- ↑ Anne d'Autriche est le nom de plusieurs princesses de la maison de Habsbourg, par exemple : Anne d'Autriche (1549-1580, une des épouses du roi Philippe II d'Espagne), ou encore la reine de France Anne d'Autriche (1601-1666, la mère de Louis XIV)
Sources de l'article[modifier | modifier le wikicode]
(en) Matthias, Holy Roman emperor - Britannica.com;
(de) Matthias - Habsburger.net;
- MATHIAS (1557-1619) empereur germanique (1612-1619) - universalis.fr;
(it) Mattia d'Asburgo imperatore - Treccani.it
(it) Mattia (imperatore) - Sapere.it
| Article mis en lumière la semaine du 23 mars 2026. |
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