Journées d'octobre 1789

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Les 5 et 6 octobre 1789, les Parisiens, et surtout les Parisiennes, qui ont de grandes difficultés à trouver le pain nécessaire et à prix raisonnable, se rendent à Versailles, pour demander au roi Louis XVI de procurer du pain au peuple. Le 6, la famille royale quitte de force Versailles pour venir s'installer à Paris au palais des Tuileries. Les députés de l'Assemblée constituante suivent le roi. Désormais le pouvoir politique est sous le contrôle permanent des Parisiens.

Les difficultés politiques[modifier | modifier le wikicode]

Louis XVI (en 1784)

Le roi Louis XVI refuse de signer les décrets des 5 et 11 août sur l'abolition des privilèges et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août, deux textes fondamentaux votés par l'Assemblée constituante. Sans la signature du roi les textes ne peuvent être appliqués et l'Assemblée ne peut continuer son travail de reconstruction « révolutionnaire » de la France.

Au même moment, le camp des députés « patriotes » se divise sur l'organisation politique de la France nouvelle. Les députés les plus modérés (que l'on va appeler les Monarchiens), sont inquiets de l'intervention grandissante du peuple dans les affaires publiques. Ils souhaitent qu'à côté d'une assemblée législative élue par les citoyens, il y ait une seconde assemblée, dotée des mêmes pouvoirs, dont les membres seraient nommés à titre héréditaire par le roi (comme dans le système politique anglais de l'époque). Le rôle de cette seconde assemblée serait de contrebalancer l'influence de l'assemblée issue du vote. Ces mêmes députés souhaitent également accorder au roi un droit de veto absolu sur toutes les décisions des assemblées (c'est-à-dire que la volonté d'un seul pourrait annuler la volonté des représentants de millions de Français). La majorité des députés repousse la création d'une seconde assemblée législative, mais accorde au roi, un veto suspensif pour deux législature (4 ans).

La division de ses adversaires politiques encourage le roi à la résistance aux changements. Comme il l'avait fait au début de juillet, Louis XVI appelle des troupes sûres (le régiment des Flandres) à Versailles.

Les difficultés économiques[modifier | modifier le wikicode]

Le retour de Necker au gouvernement, après la prise de la Bastille, ne résout pas les difficultés financières de la monarchie. Necker lance un emprunt de 30 millions de livres. C'est un échec total car les prêteurs ne font plus confiance au gouvernement. Celui-ci se trouve sans ressources financières alors que les impôts ne sont plus payés. Si la récolte de céréales de 1789 est bonne, le blé n'est pas encore battu et manque sur les marchés, le prix du pain reste donc élevé. De nombreux aristocrates ont quitté la capitale depuis le 14 juillet. Ils ont laissé derrière eux leurs domestiques et abandonné leurs fournisseurs des industries de luxe. Le chômage augmente donc dans la capitale, ce qui rend la situation sociale plus difficile. Les autorités municipales issues de la bourgeoisie parisienne ne parviennent pas à organiser le ravitaillement et sont concurrencées par les assemblées de districts qui administrent de fait les quartiers. Beaucoup de Parisiens se persuadent qu'il faut aller à Versailles, pour demander au roi du pain et du travail, et pourquoi pas le ramener à Paris pour qu'il se rende compte de la situation.

La crise d'octobre 1789[modifier | modifier le wikicode]

La marche des Parisiennes sur Versailles

Une réception donnée au château de Versailles va servir de détonateur. Le 1er octobre, les officiers du régiment des gardes-du-corps offrent un banquet bien arrosé aux officiers du régiment des Flandres qui vient d'arriver. La famille royale apparait à la fin du banquet, est longuement applaudie. En sa présence, des officiers piétinent la cocarde tricolore (symbole de la Révolution du 14 juillet) et mettent à leur chapeau la cocarde blanche (symbole du roi) ou noire (symbole de la reine).

L'incident est connu le 3 à Paris. Le dimanche 4 octobre de nombreux attroupements ont lieu, en particulier au Palais Royal : on y dénonce le complot aristocratique. Le 5, dès le matin, des femmes venues du faubourg Saint-Antoine (un quartier d'artisans) et du quartier de la Halle se regroupent devant l'Hôtel de Ville, mais n'arrivent pas à obtenir une distribution de pain. Six ou sept mille d'entre elles décident de se rendre à Versailles pour réclamer du pain à la famille royale (le boulanger, la boulangère et le petit mitron). À midi, alertés par le tocsin, les Gardes nationaux se regroupent près de l'Hôtel de Ville. Vers cinq heures près de 20 000 personnes se mettent en marche sur Versailles, sous le commandement de La Fayette (très réticent).

Arrivées à Versailles en fin d'après midi, les Parisiennes obtiennent de l'Assemblée et du roi la promesse d'une distribution de blé et de pain. Les Gardes nationaux arrivent en fin de journée. Cet afflux de personnes hostiles pousse le roi a accepter de signer les décrets sur l'abolition des privilèges et sur la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. La nuit est calme. Mais le 6 octobre, à l'aube, des manifestants entrés dans le château se heurtent violemment aux Gardes-du-corps qui défendent l'entrée des appartements de la reine. Pour calmer la foule, la famille royale, ayant La Fayette à ses côtés, apparait au balcon de la cour de marbre du château. Le roi accepte de quitter Versailles et de se rendre à Paris avec sa famille. L'Assemblée décide de suivre le roi. Dans la journée un long cortège, au milieu duquel se trouve le carrosse de la famille royale, fait route vers Paris. Le soir, le roi dort au palais des Tuileries, que l'on va rapidement meubler. L'Assemblée va s'installer dans la salle du Manège située à proximité. Désormais le pouvoir politique est sous la surveillance des Parisiens.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Sources[modifier | modifier le wikicode]

  • Albert Soboul, Histoire de la Révolution française, NRF, collection Idées
  • François Furet et Denis Richet, La Révolution française, Fayard

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