Concile de Trente

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Peinture représentant le Concile

Le concile de Trente est un concile œcuménique de l'Église catholique. Il se tient à Trente dans le Tyrol de 1547 à 1563 (mais avec de nombreuses interruptions). Le concile a pour but de lutter contre les idées protestantes en matière de doctrine et de réformer le clergé catholique qui, jusque-là, était l'objet de critiques violentes. Le concile de Trente renforce l'unité des catholiques autour du pape dont la suprématie en matière de religion est affirmée.

Pourquoi le concile de Trente ?[modifier | modifier le wikicode]

Plus d'un siècle avant l'apparition de la Réforme protestante, dans l'Église catholique certains sont conscients de la nécessité de réforme. Or deux positions se sont rapidement opposées. Les conciles de Constance (1414-1418) et de Bâle (1431-1449) ont affirmé que les décisions des conciles œcuméniques s'imposent à tous les chrétiens y compris au pape. La papauté évidemment condamne une telle position et de ce fait n'a pas entrepris les réformes. Cet immobilisme a été aggravé par les papes de la seconde moitié du XVe siècle et du début du XVIe siècle qui sont beaucoup plus préoccupés de politique italienne et de mécénat, et qui de plus ont souvent eu des mœurs et des actions douteuses au regard des idées chrétiennes.

La rupture avec les Protestants ayant eu lieu dès 1520, la papauté entreprend en 1542 la réforme de l'Église catholique afin de réaffirmer les valeurs catholiques. Le pape Paul III convoque un concile œcuménique qui se réunit à Trente (ville du Tyrol dans le nord de l'actuelle Italie) en 1545. Les membres du concile sont surtout des évêques allemands et italiens avec une participation moindre des Français et des Espagnols. Les protestants ne répondent pas à l'invitation qui leur a été faite de participer au concile. Le concile va siéger jusqu'en 1563, mais du fait d'interruptions nombreuses le concile ne siégea en fait qu'environ quatre ans et demi.

Les décisions concernant la doctrine catholique[modifier | modifier le wikicode]

Le concile reprend les idées traditionnelles de l'Église catholique, idées rejetées en partie ou en totalité par les protestants. Le concile affirme que les croyances catholiques sont contenues dans les Saintes Écritures (l'Ancien et le Nouveau testaments, les Actes des Apôtres, les Épitres des Apôtres). Ces textes et les récits faits par les premiers chrétiens forment la Tradition qui est aussi une des bases de la croyance catholique. Le texte des Écritures Saintes, établi en latin par saint Jérôme au IVe siècle est considéré comme le seul texte officiel (c'est ce qu'on appelle la Vulgate). Cela condamne les mises au point du texte et les traductions en langue vulgaire (ou nationales) des Écritures entreprises par les réformateurs protestants de l'époque.

D'après le concile le chrétien fait son Salut (ce que l'on appelle la Justification, c'est-à-dire devenir Juste donc sauvé) grâce à la Foi mais aussi aux Œuvres. Les Œuvres sont les actions religieuses personnelles, comme le pèlerinage, la dévotion aux saints (la croyance en l'efficacité des Œuvres est rejetée par les protestants).

Les sept sacrements traditionnels sont maintenus alors que les protestants n'en admettent que deux (le baptême dont Jésus a bénéficié et l'Eucharistie qu'il a institué la veille de sa mort). Dans l'Eucharistie les catholiques croient en la présence réelle de Jésus, alors que les protestants la nient (Jean Calvin) ou l'aménagent (Martin Luther). La croyance dans le Purgatoire est maintenue afin de laisser l'espoir du Salut à la majorité des croyants (cette idée est rejetée par les protestants). Le culte des saints et en particulier de la Vierge, relais entre les hommes et Dieu, est développé (alors que les protestants le considèrent comme de l'idolâtrie).

Alors que les protestants refusent de reconnaitre l'autorité spirituelle du pape, le concile de Trente affirme que les catholiques doivent obéissance au pape, considéré comme le « Vicaire du Christ et successeur de saint Pierre ».

Les décisions concernant la discipline du clergé[modifier | modifier le wikicode]

La réforme du clergé séculier est aussi décidée par le concile. La vie, souvent scandaleuse, des évêques, des cardinaux et même de certains papes (comme Alexandre VI ou Jules II) avait été dénoncée par les protestants. L'insuffisance de la formation intellectuelle des prêtres au contact direct des fidèles les laissait désarmés dans les discussions face aux pasteurs protestants mieux formés.

Le célibat obligatoire des prêtres est réaffirmé. Un âge minimum est fixé pour l'accession à la prêtrise (25 ans) et à l'épiscopat (30 ans), alors qu'auparavant les papes nommaient des évêques encore enfants. Le prêtre doit résider là où il a été nommé (et non pas à la cour des princes ou du pape comme cela était courant auparavant). Les futurs prêtres doivent être formés dans des écoles spéciales appelées séminaires et il est recommandé d'ouvrir un séminaire par diocèse. Ils doivent prêcher (commenter les écritures pour donner des règles de conduites aux fidèles) au moins une fois par semaine, à la grande messe du dimanche. La messe d'ailleurs est dite en latin et non en langue populaire alors que le culte (lecture de la Bible et prières) est fait dans la langue courante chez les protestants.

Le cumul des bénéfices ecclésiastiques, qui permettait à un curé ou un évêque de disposer des revenus de plusieurs paroisses ou diocèses, est interdit.

Ces mesures concernant la discipline seront diversement appliquées dans les pays catholiques ; en France il y eut beaucoup de réticences.

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