Chironome

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Chrinome
Un chironome plumeux mâle
Un chironome plumeux mâle
Nom(s) commun(s) Chironome, ver de vase (pour la larve)
Nom scientifique Famille Chironomidae
Classification Ordre des diptères
Répartition cosmopolite : les chironomes sont présent sur tous les continents.
Milieu de vie Tous les milieux humides
Taille 1 à 12 mm, pour l'adulte ; jusqu'à 3 cm pour la larve
Longévité 1 an environ (pratiquement toute l'année sous forme de larve, puis quelques jours en tant qu'adulte)
Reproduction plusieurs centaines d’œufs pondus dans l'eau, une seule fois par an
Régime alimentaire la larve est microphage ; l'adulte ne mange pas.
Un chironome aile-de-corbeau, mâle, en Belgique
Un chironome aile-de-corbeau, mâle, en Belgique
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Les Chironomes (Chironomidae) forment une famille d'insectes. Ils font partie de l'ordre des diptères comme les mouches et les moustiques. Cependant, contrairement aux moustiques, les chironomes ne piquent pas. Il en existe plus de 5 000 espèces très ressemblantes. La plus connue est le chironome plumeux (nom scientifique : Chironomus plumosus), qui doit son nom aux antennes en forme de plumeau des mâles.

Les chironomes pondent leurs œufs dans l'eau ; les larves qui en sortent n'ont pas de pattes, ni d'yeux, et ressemblent à de petits vers, de couleur rouge, appelés vers de vase. Ils peuvent vivre dans les eau très polluées.

Le ver de vase[modifier | modifier le wikicode]

Description et mode de vie[modifier | modifier le wikicode]

Des vers de vase, au fond de l'eau, près d'une station d'épuration, en France.

Le ver de vase est la larve de tous les chironomes. Comme son nom l'indique, il vit au fond des eaux boueuses, dans la vase. C'est un tout petit animal, au corps allongé, de couleur rouge, mesurant 1 ou 2 cm de long, sur quelques millimètres de diamètre. Elle est très résistante aux substances toxiques, comme les nitrates, par exemple, et peu donc vivre dans les eaux très polluées : c'est d'ailleurs là qu'on va les rencontrer habituellement, au fond des mares, ou près des stations d'épuration, partout où il y a de la vase épaisse, et de la matière organique en décomposition, dont ils se nourrissent.

Ces milieux calmes (l'agitation de l'eau empêche la vase de se déposer) sont généralement également très pauvres en dioxygène, car la décomposition en consomme beaucoup, et qu'il n'y a pas de remous qui permettrait de le renouveler. De plus, la décomposition produit des substances qui sont toxiques pour la plupart des animaux. Très peu d'êtres vivants peuvent survivre dans ces milieux, mais le ver de vase y parvient sans problème.

Sa couleur rouge est en fait due à une molécule, l'hémoglobine, que l'on retrouve aussi dans le sang, auquel elle donne sa couleur rouge. Chez l'être humain et les autres vertébrés, l'hémoglobine contenue dans le sang sert à transporter le dioxygène depuis les poumons vers les organes qui en ont besoin. Chez le ver de vase, elle permet d'extraire le dioxygène dissout dans l'eau, et de pouvoir respirer dans une eau très peu oxygénée, là où la plupart des autres animaux ne pourraient pas.

Le ver de vase est utilisé comme un bioindicateur : il est plutôt révélateur d'une eau polluée.

Le ver de vase et l'homme[modifier | modifier le wikicode]

Sciences[modifier | modifier le wikicode]

Des chromosomes d'un chironome riverain

Le ver de vase présente une particularité biologique intéressante : dans ses glandes salivaires, il possède des chromosomes géants, très faciles à observer au microscope. On ne comprend pas encore très bien à quoi peuvent servir ces chromosomes, mais, en tous cas, le ver de vase est très utilisé à l'école, pour étudier les chromosomes en classe.

En génétique, le ver de vase est également étudié car il possède de l'hémoglobine : cette molécule ne se trouve habituellement que chez les vertébrés, mais le ver de vase est le seul insecte, et l'un des deux seuls invertébrés (avec le tubifex, un ver annélide qui lui ressemble beaucoup (mais qui n'est pas du tout un proche parent !), et qui vit dans les mêmes milieux).

Même si l'hémoglobine du ver de vase est très différente de celle des vertébrés, elle est tout de même très étudiée, car elle permet justement d'établir des comparaisons.

En écologie, le ver de vase est utilisé car il (avec le tubifex, justement), comme un bioindicateur : un bioindicateur est un animal qui peut supporter des degrés différents de pollution : certains, comme les larves de perles, d'éphémères ou de phryganes, ne supportent pas du tout la pollution, et ne peuvent tout simplement pas vivre dans les eaux polluées : si on les trouve quelque part, c'est que l'eau est de bonne qualité. D'autres, comme les larves d'éristale, les vers de vase ou les tubifex, au contraire, supportent très bien la pollution : même s'ils peuvent tout à fait vivre dans des eaux non polluées, ils ont tendance à les préférer car il n'y a pas d'autres animaux qu'eux à en profiter ; si l'on trouve des vers de vase et des tubifex, mais rien d'autre, dans un cours d'eau ou une mare, alors c'est plutôt un signe que l'eau est extrêmement polluée.

Pêche[modifier | modifier le wikicode]

Le ver de vase est une proie recherchée par de nombreux poissons d'eau douce ; il est donc utilisé comme appât par les pêcheurs. Les plus gros vers de vase peuvent être directement accrochés sur de petits hameçons, comme esche, alors que les plus petits sont utilisés comme « fouillis », c'est à dire comme amorce pour attirer les poissons sur le lieu de pêche.

Les pêcheurs à la mouche utilisent aussi des mouches qui imitent le ver de vase, ou bien le chironome adulte.

Aquarium[modifier | modifier le wikicode]

Les vers de vase sont utilisés comme aliments pour nourrir les poissons d'aquarium. On peut les utiliser vivants, ou surgelés. Comme les vers de vases vivent dans les milieux très pollués, il vaut mieux éviter de les récolter dans la nature, car on risque d'introduire dans son aquarium des maladies qui vont poser problème aux poissons...

Il existe aujourd'hui des élevages de vers de vase, qui permettent de fournir les magasins où l'on peut en acheter pour ses poissons. Le ver de vase est un aliment très apprécié des poissons, qui aiment son goût, et sa couleur rouge. Surtout si on les donne vivant, les poissons adorent nager un peu pour les attraper avant de les manger. Cependant, c'est un aliment très riche en protéines, trop en fait pour les poissons, qui ne peuvent pas manger que ça, au risque de tomber malade : un peu comme les bonbons pour nous ! Il vaut donc mieux éviter de leur en donner trop souvent ; comme une friandise, on peut en donner de temps en temps, pour faire plaisir aux poissons, et qu'ils se sentent bien.

On ne distribue jamais des vers de vase surgelés aux poissons, car si ils mangent un vers encore surgelés, ils risquent de se blesser à cause du froid : il faut les faire dégeler avant, en les laissant tremper quelques minutes dans un peu d'eau tiède. Il faut faire attention à bien jeter l'eau de décongélation, et à ne mettre que les vers dans l'aquarium, pour ne pas salir l'eau.

Le chironome plumeux[modifier | modifier le wikicode]

Un chironome plumeux mâle, sur un brin d'herbe.

Le chironome plumeux (nom scientifique : Chironomus plumosus) est le plus connu de tous les chironomes. Il ressemble un peu à un gros moustique, d'un ou deux centimètres de long. On peut reconnaître les mâles à leurs grosses antennes en forme de plumes, qui leur ont valu leur nom, et à son corps, de couleur gris-vert

Contrairement aux moustiques, les chironomes plumeux ne piquent pas : en fait, ils vivent très peu de temps, et, durant ce temps-là, ils ne mangent pas.

Le chironome vit un an, et passe presque toute sa vie sous forme de ver de vase. Juste avant de mourir, il se transforme en un chironome adulte, et ne vit plus que quelques jours, le temps de se reproduire. Il n'a donc plus besoin de manger, les réserves qu'il était lorsqu'il était une larve suffisent.

Le chironome plumeux vit près des mares, des étangs, partout où il peut trouver de l'eau calme pour pondre ses œufs. Il est assez commun un peu partout en Europe. Les grosses antennes du mâle sont des détecteurs chimiques : un peu comme le nez chez nous, elles lui permettent de détecter les odeurs, et, en l'occurrence, de percevoir l'odeur des femelles pour les rejoindre. Les chironomes forment de grands essaims, qui peuvent de loin ressembler à de la fumée.

Autres espèces[modifier | modifier le wikicode]

Un chironome mâle, en Allemagne. Clique sur l'image pour voir la vidéo !

Les chironomes forment en fait une famille, qui rassemblent plusieurs espèces. On trouve des chironomes dans le monde entier, principalement en eau douce, bien que certaines espèces de vers de vase vivent en eau de mer. Il existe même des chironomes en Antarctique !

En Europe, on rencontre environ 1 500 espèces, dont environ 400 sont présentes en France. En plus du chironome plumeux, qui est le plus connu, on peut aussi citer :

  • le chironome riverain (Chironomus riparius)
  • le chironome farceur (Natarsia nugax)
  • le chironome nu (Paratendipes nudisquama)
  • le chironome à tarses blancs (Paratendipes albimanus)
  • le chironome sylvestre (Tanytarsus sylvaticus)
  • le chironome aile-de-corbeau (Sergentia coracina)
  • le chironome marin (Clunio marinus)

La plupart des chironomes vivent de la même manière que le chironome plumeux, auquel ils ressemblent beaucoup, mais certains sont différents. Le chironome marin, par exemple, pond ses œufs, comme son nom l'indique, non pas en eau douce, mais en eau de mer, à marée basse : ils seront recouverts par la marée haute. Les larves de chironomes marins s'accrochent parfois à la carapace des tortues marines, ce qui leur permet de se disperser sur une très grande zone.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Vikiliens pour compléter[modifier | modifier le wikicode]

  • le moustique et la tipule, des cousins du chironome, qui vivent à peu près dans les mêmes milieux
  • le tubifex, un cousin du ver de terre, qui ressemble beaucoup au ver de vase, avec lequel il peut être confondu.

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

Sources[modifier | modifier le wikicode]

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