Bataille du Chemin des Dames (1917)

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Dans le fond le plateau de Californie, un des lieux des combats sur le Chemin des Dames

La bataille du Chemin des Dames est un des noms donnés à l'offensive imaginée et dirigée par le général Nivelle durant le printemps 1917. On parle également de l'offensive Nivelle, de la seconde bataille de l'Aisne. Cette bataille se déroule entre Soissons et Reims, sur le plateau dénommé le Chemin des Dames.

Cette offensive est un effroyable échec pour les armées françaises. Nivelle avait prévu que l'avancée française serait foudroyante. Après un long bombardement par l'artillerie, destiné à détruire les positions allemandes, l'infanterie devait partir à l'assaut sous la protection d'un feu roulant d'artillerie. Le front devait être percé dans la journée. Or, les conditions météorologiques défavorables ont réduit l'efficacité du bombardement préalable. Les Allemands avaient puissamment fortifié la colline (qui disposait de nombreuses grottes), dont ils occupaient le sommet. Le 16 avril au soir, le front allemand est à peine entamé. Les pertes françaises sont considérables (en particulier dans les troupes formées de soldats venus des colonies françaises). Malgré l'échec, jusqu'en juin, les armées allemandes et françaises se disputent le plateau. Nivelle sera remplacé à la tête du haut-commandement par le général Pétain.

L'échec de l'offensive Nivelle est une des causes des mutineries qui vont avoir lieu dans l'armée française pendant l'été 1917 (actions nombreuses dans le secteur de Champagne où se trouve le Chemin des Dames).

Préparatifs de la bataille[modifier | modifier le wikicode]

Dès la mi-novembre 1916, le général Joffre, commandant en chef français envisage une double attaque franco-britannique pour le printemps 1917. À l'époque, le front allemand présente une avancée dans la région de Noyon. Le but était de prendre en tenaille les troupes allemandes qui s'y trouvaient. Les Britanniques devant attaquer à l'ouest entre Arras et Soissons, les Français quant à eux attaquant entre Soissons et Reims. Mais, le 16 décembre 1916, Joffre, qui commande depuis août 1914 et ne semble plus pouvoir obtenir la percée attendue, est remplacé par le général Nivelle. Celui-ci a la faveur des Britanniques (sa mère était Anglaise) et est soutenu par une partie des ministres français auxquels il promet monts et merveilles.

Nivelle prévoit des attaques franco-britanniques entre Arras et Bapaume et au nord de l'Oise (sorte de diversion), l'essentiel étant une attaque massive des Français sur l'Aisne dans le secteur du Chemin des Dames. Des moyens considérables sont acheminés dans ce dernier secteur.

Tranchées allemandes dans l'Aisne en 1917

Mais le commandement allemand redoutant une attaque, dès le 16 mars 1917, abandonne volontairement de vastes territoires autour de Noyon, fait reculer ses troupes vers l'est tout en ravageant les régions évacuées par la pratique de la terre brûlée. Les Allemands s'installent alors sur la ligne Hindenburg qui est très fortifiée. Le front allemand est raccourci d'une cinquantaine de kilomètres, ce qui permet de mettre près de 15 divisions en réserve. Le commandement français s'aperçoit tardivement de ce recul de l'ennemi auquel il ne veut croire et qu'il laisse faire sans réagir.

Malgré les nouvelles conditions, Nivelle maintient les attaques au nord d'Arras et sur le Chemin des Dames. Le gouvernement et les généraux sont partagés sur le succès d'une telle opération. Le 6 avril 1917, grâce à l'appui de Raymond Poincaré, président de la République, Nivelle l'emporte contre l'opposition manifestée par les généraux Pétain, Micheler et Franchet d'Esperey.

La bataille[modifier | modifier le wikicode]

Le site de la bataille

Les effectifs engagés[modifier | modifier le wikicode]

L'attaque sur le Chemin des Dames doit être menée part le Groupe d'Armées de Réserve (G.A.R.), sous les ordres du Micheler. Il comprend quatre armées : la Ve (général Mazel) , VIe (général Mangin) qui sont chargées de la percée et de la Xe (général Duchêne) et la IVe (général Anthoine) chargées d'exploiter la percée.

Au total, il y a 17 corps d'armée regroupant 56 divisions. Parmi ces divisions, quatre d'infanterie coloniale et cinq de cavalerie. Des groupes de chars sont chargés d'accompagner la progression de l'infanterie là où les pentes ne rendent pas leur marche impossible (au total, près de 130 chars). Cela représente environ 850 000 hommes.

L'artillerie française est formidable. Sur près de 40 km de front, on a concentré 1000 pièces d'artillerie lourde à longue portée, 780 pièces à courtes portée, 1700 canons de campagne (dont le canon de 75) et 172 pièces d'artillerie à grande puissance. Cette artillerie disposait de 21 millions d'obus pour les canons de 75 et de 3,5 millions de coups pour les canons de 155...

En face, bien retranchés dans leurs fortifications, il y a environ 680 Allemands commandés par le Kronprinz (fils aîné de l'empereur Guillaume II).

Dès le 9 avril, les Britanniques attaquent dans la régions d'Arras-Vimy, prennent Liévin le 14 et sont près de Lens . Ils avaient fait près de 14 000 prisonniers. Le 12, le groupe d'armée du Nord (général Franchet d'Esperey) attaque dans son secteur afin de faire diversion.

L'attaque[modifier | modifier le wikicode]

Assaut ds soldats français au Chemin des Dames

La préparation d'artillerie devait permettre détruire jusqu'aux septième, voire huitième lignes allemandes. Pendant cette préparation, du 12 au 15 avril, 533 obus sont tirés en moyenne par minute. Mais le temps est très couvert durant cette première quinzaine d'avril et les réglages des tirs d'artillerie sont approximatifs. L'attaque prévue pour le 14 avril est reportée au 16, à cause du mauvais temps.

Une fois les 180 000 hommes lancés à l'escalade des pentes du plateau du Chemin des Dames, le barrage d'artillerie (le feu roulant) doit avancer de 100 mètres toutes les trois minutes, soit deux kilomètres à l'heure. Le rythme d'avancée des fantassins, qui doivent coller au feu roulant, paraît difficile à tenir dans un terrain en pente montante, glissant et parsemé des trous faits par l'artillerie. De plus, il leur faut liquider les poches de résistance (mais on pensait que celles-ci avaient été anéanties par la préparation des jours précédents).

L'attaque est lancée dès 6 heures du matin. Dans certains secteurs, les lignes allemandes ont été très peu endommagées par la préparation d'artillerie. Partout, les Français se heurtent à une grande résistance. Il apparaît vite que l'attaque ne réussira pas. Les pertes sont considérables (30 000 morts et disparus, près de 100 000 blessés en une semaine, plus de 7000 tués pour les tirailleurs sénégalais, soit plus de 40 % des effectifs). Les gains territoriaux sont insignifiants. Persuadé que son offensive réussirait, Nivelle avait prévu que les blessés seraient soignés dans les hôpitaux des villes de Laon, Guise, Vouziers, situées en avant du front, mais que l'on aurait alors reprises. Ce mauvais calcul fut un désastre sanitaire pour les blessés.

Dès le 17 avril, une nouvelle attaque est lancée vers Reims. Les gains de territoires sont peu importants. Les 18-21 avril, puis de nouveau début mai, des attaques sont relancées sur le plateau près de village de Craonne.

L'offensive Nivelle, prévue pour 48 heures maximum, est un échec total. Cependant, elle continuera jusqu'en octobre, avec un peu plus de succès, sous le commandement de Pétain qui remplace Nivelle dès le 15 mai.

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