Rôle de protection du vêtement

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Vêtements d'enfants à Istanbul

Alors que la plupart des animaux à sang chaud sont protégés par une fourrure ou un plumage, l'être humain ne possède aucune protection corporelle. Ses vêtements lui assurent donc un rôle de protection.

Le vêtement est né avec le froid[modifier]

Les premiers hommes ont vécu nus tant que le climat le permettait. Dans les régions tropicales où la température n’est jamais froide, certains peuples vivent encore pratiquement sans vêtements.
Le refroidissement du climat obligea les hommes préhistoriques à protéger leur corps du froid. Constatant que les animaux qu'ils chassaient étaient mieux protégés par leur fourrure, ils eurent l'idée de conserver celle-ci au moment du dépeçage. Ils l'ont utilisée pour en couvrir leur corps.

On représente les hommes préhistoriques de Néandertal couverts de peaux de bêtes, alors qu'on n'a retrouvé ni cuir ni fourrure datant de cette lointaine époque. Mais les scientifiques ont étudié les outils de pierre, retrouvés sur leurs sites d'habitation ; avec certitude, des hommes les ont utilisés pour découper des peaux d'animaux.

Une tradition probablement très ancienne, la cape de fourrure[modifier]

Au début du XXe siècle, des indigènes de la Terre de Feu, à l'extrémité de l'Amérique du Sud, vivant dans un climat rude, portaient pour seuls vêtements de grandes capes de fourrure. Les premiers vêtements préhistoriques ressemblaient vraisemblablement à ces capes.

Il est probable que les pattes des peaux de bêtes donnèrent aux hommes l'idée de s'en servir comme ceinture ou bretelles pour les attacher à leur corps. Aux époques suivantes, les aiguilles d'os retrouvées prouvent que les peaux étaient cousues pour former de véritables vêtements.

Les vêtements servaient aussi de camouflage[modifier]

Les fourrures avaient également l'avantage de permettre aux chasseurs de mieux s'approcher des animaux qu'ils chassaient. Les vêtements servaient ainsi de camouflage, si l'on en juge par certaines gravures rupestres (dessinées sur les parois des cavernes). Il est possible aussi qu'une croyance magique leur faisait penser que leur déguisement en animal permettrait de mieux conquérir les proies en s’emparant de leur esprit.

Une adaptation au froid polaire, le costume esquimau[modifier]

Des manteaux de fourrure des Inuits

Le chasseur esquimau, affrontant les tempêtes de neige sur la banquise, n'avait de chance de survivre que s'il savait se fabriquer des vêtements protecteurs.
Voici le costume d'un esquimau du grand nord canadien au XXe siècle :

  • Les sous-vêtements sont en peau d'eider (canard sauvage nordique), tannée avec ses plumes.
  • Le pantalon et l'anorak sont en peau de caribou (renne de cette région) dont la fourrure est tournée vers le corps.
  •  : Le chasseur endosse en plus un deuxième anorak dont la fourrure est à l'extérieur, avec, autour de la capuche, une bordure en peau de glouton (carnivore du grand Nord), la seule espèce de poil qui ne gèle pas sous l'haleine humide de l'homme.
  •  : C'est l'air emprisonné entre les couches de vêtements qui sert d'isolant contre le froid.
  • Aux pieds, des bottes en peau de phoque ou de caribou.
  • Des moufles de fourrure protègent les mains.
  • Pour protéger les yeux des reflets aveuglants sur la glace, une paire de lunettes : une simple planchette de bois ou d'ivoire trouée de deux fentes et maintenue par un lacet de cuir.

Sous l'influence du modernisme, ces coutumes vestimentaires ont changé, ce qui n'est pas toujours un progrès lorsqu'il faut affronter quotidiennement le très grand froid.

Dans la chaleur torride du désert, le costume du nomade[modifier]

Costume touareg

La traversée des déserts de sable, au Sahara ou au Moyen-Orient, pose autant de problèmes que le grand froid. Sous l'effet du soleil violent, la peau se dessèche, l'eau du corps s'évapore si l'on n'est pas protégé. La nuit, en revanche, la température se refroidit brutalement. Parfois se lève une tempête de sable qui fouette la peau et blesse les yeux.
Voici comment les Touaregs ou les Bédouins se protègent dans le désert :

  • Les vêtements sont amples et superposés. L'air emprisonné entre les différentes couches de tissu sert d'isolant et protège le corps de la température extérieure. Il maintient également une certaine humidité liée à la sueur.
  • Sur la tête, une longue bande de tissu est enroulée en turban pour isoler le crâne des rayons du soleil. L'extrémité du tissu sert aussi à couvrir le visage, en ne laissant parfois qu'une mince fente pour le regard.
  • Aux pieds, des sandales très ouvertes permettant de marcher sur le sol brûlant sans qu'elles se remplissent de sable.

Les Européens qui se rendaient dans les pays tropicaux et méprisaient les coiffures indigènes en turban ou en paille, introduisirent le casque « colonial » doublé intérieurement d'une couche de liège isolant.

Pour se protéger sous les climats tempérés[modifier]

Même sous les climats tempérés, la principale fonction du vêtement est de protéger notre corps des changements de la température extérieure. Le principe de l'isolation par matelas d'air est valable pour tous. Nous savons qu'un chandail de grosse laine tricotée à larges mailles est plus efficace qu'un tricot plus serré.

Contre le froid, les vêtements sont variés : capes, pèlerines, houppelandes, manteaux de laine ou de fourrure, canadiennes, anoraks, parkas, doudounes. Une écharpe ou un cache-nez protège la partie sensible du cou. Un bonnet de laine ou de fourrure protège efficacement la tête. Les gants ou les moufles protègent les mains. Les mitaines laissaient le bout des doigts découverts pour permettre des gestes précis, par exemple, compter sa monnaie sur le marché.

Pour se protéger de la pluie, les marins pêcheurs, confrontés à la tempête et aux embruns de mer, furent les premiers à utiliser des vêtements de toile huilée ou des cirés sur lesquels l'eau ruisselle. On peut utiliser aussi des gabardines de tissu très serré ou feutré qui empêchent l'eau de pénétrer. Il existe maintenant des imperméables plus légers en matière plastique. Le parapluie sert aussi d'abri pliant contre la pluie.

Pour se protéger du soleil, à la saison chaude, il est important de se protéger la tête. Un chapeau léger à large bord ou une casquette suffit généralement. Autrefois, les élégantes se protégeaient sous une ombrelle. On se protège les yeux par des lunettes de soleil à verres filtrants.

Des vêtements de protection professionnelle[modifier]

Chez les guerriers, on a connu la cuirasse du légionnaire romain, la cotte de maille ou l'armure au Moyen Âge, actuellement le gilet pare-balle qui sont d'abord des moyens de protection.

Certains sports exigent une protection de certaines parties du corps (les jambes en hockey, le buste et le visage en escrime).

Dans certains métiers, le vêtement professionnel constitue une protection appropriée, selon les cas, contre le feu, l'eau, le manque d'air, les irradiations. Parfois, cela se limite au casque de chantier et aux chaussures de sécurité. Dans d'autres cas, il faut une combinaison étanche et un masque à oxygène pour respirer. A l'extrême, un important scaphandre pour les spacionautes.

À l'inverse, ce n'est pas pour se protéger eux-mêmes que le chirurgien et ses assistants s'habillent spécialement avant une opération, mais pour protéger le malade qu'ils opèrent des microbes qu'ils pourraient transporter malgré eux.

Bien qu'il ne s'agisse pas d'une protection professionnelle, sauf pour les balayeurs et éboueurs, le gilet jaune de sécurité, maintenant obligatoire dans chaque voiture, rend visible de loin la personne qui doit sortir de son véhicule en pleine circulation, surtout la nuit.