Plume

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Plume de paon

Les plumes forment la protection corporelle de tous les oiseaux. Pour voler, les plumes de leurs ailes et de leur queue sont indispensables.

Selon les espèces, l'oiseau possède entre 1 000 et 30 000 plumes, représentant souvent de 10 à 30 % de son poids total. Son organisme les fabrique avec de la kératine, la même matière qui compose nos cheveux, nos ongles et tous les poils des animaux, dont la laine. Si on en brûle un peu, cela sent la corne brûlée.

Caractéristiques d'une plume[modifier]

À part le duvet, très léger, qui recouvre certaines parties du corps de l'oiseau, surtout celui des oisillons, chaque plume est formée d'une hampe à l'extrémité creuse, solidement implantée dans la peau, garnie de deux bandes de barbes s'attachant ensemble par des barbules et de minuscules crochets, ce qui est à la fois souple et étanche.

On appelle pennes les plumes les plus solides des ailes et de la queue. Celles des ailes sont appelées rémiges, celles de la queue rectrices car elles s'orientent selon la direction à prendre, comme un gouvernail.

Chaque plume est rarement d'une seule couleur. Certaines couleurs ne se voient pas au verso de la plume, preuve que celle-ci renvoie en la décomposant la lumière qu'elle reçoit, ce qui peut produire des reflets verts, bleus ou dorés.

Les différences de plumage[modifier]

On appelle plumage l'ensemble des plumes d'un oiseau. Rares sont les oiseaux dont le plumage est de couleur uniforme. Chaque espèce est caractérisée principalement par son plumage, souvent différent selon le sexe (celui du mâle est généralement plus coloré que celui de la femelle, le panache de sa queue est parfois plus important). La nourriture fournit les colorants pour la fabrication des plumes. Le flamant rose a besoin de minuscules crevettes pour maintenir le rose de certaines plumes.

Le plumage des oiseaux d'eau est généralement imperméable, sauf celui du cormoran qui doit faire sécher ses ailes après un plongeon s'il veut s'envoler.

L'apparition de la plume[modifier]

Aujourd'hui, les oiseaux sont les seuls à porter des plumes. Mais cela n'a pas toujours été le cas.

On a découvert récemment que certains dinosaures1 portaient également des plumes. Cette découverte a été confirmée par de nombreux fossiles, trouvés en Chine, notamment. Cela concerne de nombreux dinosaures carnivores, et le tyrannosaure et le vélociraptor, notamment, portaient probablement des plumes.

Les plumes des dinosaures ne leur servaient pas à voler, mais plutôt à avoir chaud. Le plus ancien animal connu avec des plumes est l'archéopteryx. On pense qu'il s'agit d'un très ancien oiseau, mais il pourrait aussi être une autre sorte de dinosaure.

Les utilisations des plumes par l'homme[modifier]

Les plumes tiennent chaud[modifier]

Légères et emmagasinant de l'air, les plumes protègent du froid, même pour l'homme lorsqu'elles sont emprisonnées entre deux couches de tissu. C'est surtout vrai pour le duvet qui, avant l'invention des rembourrages synthétiques, servait à garnir les anoraks et les sacs de couchage (qu'on continue à appeler duvets).

Le duvet sert aussi de rembourrage à certains oreillers et l'on appelle édredon de gros coussins autrefois bourrés de duvet d'eider (variété de canard sauvage des pays nordiques).

Le mot vulgaire « plumard », pour désigner le lit, rappelle l'époque où certains matelas étaient garnis de grosses plumes. Pour leur douceur, les plumes furent aussi utilisées pour les plumeaux, petits balais permettant d'épousseter les choses les plus fragiles.

Mais certaines personnes, à cause d'une allergie, ne peuvent supporter la présence des plumes et duvets.

Les plumes, éléments de parure[modifier]

De nombreux peuples, vivant en pleine nature, utilisent comme parure des plumes d'oiseaux sauvages, ce qui n'est trop grave pour les espèces.

Cela devint différent lorsque les Européens voulurent décorer leur chapeau en faisant venir des pays tropicaux des panaches pour les hommes (on dit encore plumet pour certains képis de parade) et surtout pour les femmes les plus riches. Les plumassiers étaient les artisans qui achetaient une quantité de plumes, souvent rares, et les arrangeaient pour les parures. Cela devint une folie à la fin du XIXe siècle lorsque toutes les femmes aisées et extravagantes voulaient, pour décorer leurs volumineux chapeaux, rivaliser de plumes, d'ailes entières et même de petits oiseaux complets. Au début du XXe siècle, des amis de la nature dénoncèrent ce gâchis qui risquait de faire disparaître des espèces entières de magnifiques oiseaux exotiques. Leurs adversaires prétendaient rassurer en disant qu'ils se contentaient de retirer les plumes, sans tuer les oiseaux, mais que pouvaient devenir les victimes ne pouvant plus voler, ni nourrir leurs oisillons ? La Première Guerre Mondiale mit fin à cette dangereuse mode et les chapeaux devinrent plus modestes.

Actuellement, seuls les spectacles de fantaisie utilisent encore de grosses parures de plumes, venues généralement d'autruches d'élevage.

De la plume d'oie au stylo[modifier]

Au XIIe siècle, on découvrit que le roseau taillé pour l'écriture pouvait être remplacé par une grande plume d'oie, taillée en biais et fendue au bout. Le creux de la plume, trempée dans l'encrier, conservait une petite réserve permettant d'écrire davantage de mots. L'écriture devenait plus souple, plus rapide et plus belle. Pendant des siècles, la plume devint synonyme d'écriture.

Au XIXe siècle, des industriels inventèrent de petits objets métalliques, fendus au milieu, qui conservèrent le nom de plume et on appelait porte-plume le bâton sur lequel elle était fixée et plumier la boîte dans laquelle on le rangeait. Il devenait inutile de retailler régulièrement la pointe de la plume, mais il fallait continuer à la tremper régulièrement dans l'encrier.

Pour éviter cet inconvénient et surtout dispenser de transporter partout sa bouteille d'encre, d'autres industriels inventèrent ensuite des stylos à plume à réservoir, finalement remplacé par des cartouches d'encre.

Au milieu du XXe siècle, fut inventé le stylo à bille qui resta longtemps méprisé par ceux qui voulaient que l'écriture reste associée à la plume, même si la vraie plume d'oie avait disparu.

La plume dans le langage[modifier]

Le poids-plume sportif se réfère à la légèreté, mais le poids-mouche est encore plus léger.

Se déplumer, c'est perdre ses cheveux au risque de devenir bientôt chauve. Voler dans les plumes (se battre) est probablement une allusion aux combats de coqs organisés par les hommes. Y perdre des plumes ou se faire plumer, c'est perdre de l'argent ou d'autres biens.

Beaucoup d'autres expressions associent le plume à l'écriture. Prendre la plume, c'est se mettre à écrire. Un écrivain célèbre peut vivre de sa plume (sans exercer d'autre métier), même s'il tape ses textes à l'ordinateur. En revanche, le plumitif écrit beaucoup sans aucun talent.

Notes et références[modifier]

  1. les oiseaux font partie des dinosaures ; mais tous les dinosaures ne sont pas des oiseaux, et certains dinosaures qui ne sont pas des oiseaux avaient aussi des plumes