Histoire de la Tunisie

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Un amphithéâtre romain en Tunisie

La Tunisie a connu différentes périodes historiques. Peuplée dès la préhistoire, elle a été le berceau de la brillante civilisation carthaginoise. A partir du Ie siècle av. J.-C. les Romains en firent un des grands producteurs de blé et d'huile d'olive destiné à approvisionner Rome. La Tunisie devenue le royaume des Vandales au moment des grandes migrations de peuples germaniques fut reconquise au début du VIe siècle par les Byzantins de Justinien.

Les Arabes s'emparent de la Tunisie dès le milieu du VIIe siècle, ils y introduisent l'islam. Kairouan devient le centre d'une brillante civilisation musulmane. La Tunisie va subir les divisions politiques et religieuses du monde arabo-musulman. Le plus souvent ses dirigeants tentent d'échapper à l'autorité des califes de Damas, de Bagdad ou du Caire. En 1574, la Tunisie devient une province de l'empire turc ottoman; mais le bey de Tunis parvient à une quasi indépendance. Au XIXe siècle, différents beys modernisent le pays, mais endettent fortement la Tunisie.

En 1882, la France impose son protectorat au gouvernement du bey de Tunis. L'économie est modernisée. Mais les nationalistes tunisiens réclament l'indépendance. Pendant la Seconde Guerre mondiale en 1943, la Tunisie est le lieu d'affrontement entre les armées anglo-américaines et l'armée allemande. Après la guerre, l'agitation nationaliste encadrée par le parti Néo-Destour d'Habib Bourguiba reprend. En 1956, la France se retire de Tunisie qui devient indépendante. Le président Bourguiba laïcise le pays en faisant d'importantes réformes de société, mais il impose le parti unique. À partir de 1987, le président Ben Ali continue l'œuvre de Bourguiba. mais progressivement la Tunisie devient un état policier et l'entourage du président s'enrichit en contrôlant l'économie. En janvier 2011 après un mois de manifestations populaires Ben Ali est obligé de quitter la Tunisie.

La Tunisie dans l'Antiquité[modifier]

L'amphithéâtre romain d'El Jem

Des sites préhistoriques datés du paléolithique final ( le capsien) ont été mis au jour en Tunisie près de Gafsa.

Les Phéniciens ouvrent des comptoirs dès le XIIe siècle av. J.-C. sur les côtes tunisiennes. A partir du VIe siècle av. J.-C. ces comptoirs passent sous le contrôle de Carthage. La puissante cité maritime et commerçante de Carthage était installée dans le nord de la Tunisie. Elle avait été fondée par des colons venus de Phénicie et de Chypre vers 814-813 av. J.-C. . La fondatrice serait la reine légendaire Didon.

Très rapidement les Carthaginois fondent des comptoirs commerciaux sur les côtes de l'Afrique du nord. Dès le milieu du VIe siècle av. J.-C. Carthage domine la mer méditerranée occidentale et commerce avec l'Égypte, la Grèce et les Étrusques. Les Carthaginois entreprennent des voyages d'exploration autour de l'Afrique et dans l'océan Atlantique nord.

L'intérieur du pays était peuplé par les Numides.

Mais les Carthaginois vont s'opposer aux Grecs pour la domination de la Sicile. Puis ils vont devoir affronter les Romains pendant les guerres puniques entre 264 et 146 av. J.-C.. Carthage perd ces guerres et est rasée. La Tunisie littorale devient une province romaine. Bien protégée et bien aménagée grâce à l'irrigation, elle devient un des greniers à blé et à huile d'olive de Rome. Carthage rebâtie par Jules César devient rapidement un centre intellectuel et religieux. La Tunisie devient chrétienne et fournit des penseurs très importants du christianisme en particulier Saint Augustin.

En 439, les Vandales s'emparent de la Tunisie qui devient le centre de leur royaume; elle est reprise par les Byzantins en 534.

La Tunisie arabe[modifier]

En 647, les conquérants arabes pénètrent en Tunisie, ils y introduisent l'islam, mais rencontrent une forte opposition des Byzantins et des Berbères jusqu'en 703. La ville de Kairouan est fondé en 670.

La grande mosquée de Kairouan

Avec l'est de l'Algérie, la Tunisie fait partie de de la province arabe de l'Ifryqiya. La population se convertit à l'islam, mais il subsiste d'importantes communautés juives et berbères qui conservent leur religion. Cependant de nombreux immigrants provenant des pays orientaux de l'empire arabe s'installent en Tunisie.

Au milieu du VIIe siècle au moment de l'arrivée au califatPrécision de la dynastie des Omeyyades de Damas, une partie des musulmans tunisiens, les KharijitesPrécision, parviennent à obtenir l'indépendance. A partir du milieu du VIIIe siècle sous la dynastie abbasside de Bagdad, la Tunisie est de nouveau dans l'empire musulman. Elle est alors gouvernée par des gouverneurs aghlabides qui sont quasiment indépendants de Bagdad. La Tunisie connait alors un brillant essor. Kairouan devient une des capitales intellectuelles du monde arabo-musulman. Les Aghlabides s'emparent de la Sicile à partir de 827 mais ne parviennent pas à progresser en Algérie tenue par des kharijites.

Au début du Xe siècle les Fatimides (descendants arabes de Fatima fille de Mohammed) de tendance chiite renversent les Aghlabides et veulent réunifier le monde arabe dans une optique chiite. Ils s'emparent de l'Égypte où ils s'installent en 972; ils confient la Tunisie aux Zirides, leurs alliés berbères. La Tunisie bénéficie de la civilisation liée aux Fatimides.

Les Zirides rompent avec les Fatimides qui pour se venger lâchent en 1051 sur la Tunisie et le Maghreb les Beni Hilal, venus d'Arabie, qui ravagent le pays. Avec cette invasion la Tunisie est totalement arabisée.

Les Normands installés en Sicile, s'emparent de 1143 à 1148 de plusieurs ports tunisiens et lèvent un tribut.

En 1159, la Tunisie est unifiée à l'ensemble du Maghreb sous la domination des Almohades. Cependant ceux-ci affaiblis par leur défaite contre les chrétiens en Espagne (bataille de la Navas de Tolosa en 1212) ne peuvent empêcher les Hafsides de s'emparer du pouvoir à Tunis en 1236, ils le conserveront jusqu'en 1534. C'est à partir de ce moment que le pays porte le nom de Tunisie. La Tunisie tire alors parti de sa position centrale en Méditerranée pour faire du commerce avec les pays chrétiens. En 1410, le Tunisien Abou Farès s'empare d'Alger et devient le plus puissant souverain du Maghreb.

La Tunisie sous la suzeraineté turque[modifier]

En 1534, le corsaire Barberousse, travaillant pour les Turcs ottomans, s'empare de Tunis. Il en est chassé par une intervention militaire des Espagnols réclamée par le souverain tunisien. Les Turcs s'installent définitivement à Tunis en 1574. L'administration mise en place par les Turcs comprend un pacha qui représente le sultan turc, à ses côtés il y a un bey qui commande la garnison des janissaires et un dey qui dirige la collecte des impôts. Après bien des luttes d'influence c'est le bey qui s'impose en 1705. Il va gouverner la Tunisie sous la suzeraineté théorique et lointaine du sultan turc d'Istambul.

Les Tunisiens tirent une grande part de leurs revenus de la guerre de course contre les navires chrétiens. Les interventions militaires françaises de 1665 et 1672 ne parviennent pas à réduire cette activité. Ce n'est qu'en 1819, que le bey renonce à la piraterie.

Parallèlement les beys tentent de se rendre indépendants du sultan turc. Pour cela ils modernisent leur pays. Ahmed bey (1837-1855) abolit l'esclavage, émancipe les juifs et autorise l'ouverture d'écoles chrétiennes. Il dote son pays d'une armée et d'une marine de guerre modernes. La tentative de retour à la tradition opérée par Mohammed bey (1855-1859) échoue; le bey doit en 1857, garantir la sécurité des personnes et des biens, l'égalité devant la loi et l'impôt ainsi que la liberté du commerce. En 1861, Mohammed es-Sadok bey (1859-1883) accorde une constitution qui établit une monarchie parlementaire; ce qui est révolutionnaire dans le monde arabe et n'existe même pas en Russie à la même époque.

Toute cette modernisation est en grande partie financée par des impôts très lourds qui provoquent la révolte de 1864 qui est impitoyablement écrasée. Il faut aussi recourir aux emprunts auprès des pays européens, en particulier la France. La dette était telle, qu'en 1869 la Tunisie est placée sous le contrôle financier international à l'initiative de la France, de l'Italie et du Royaume-Uni. Les réformes des finances, de la justice et de l'administration entreprises entre 1873 et 1877 n'arrivent pas à rétablir suffisamment la situation.

La rivalité entre la France et l'Italie à propos de la Tunisie va précipiter la perte de l'indépendance du pays.

Le protectorat français sur la Tunisie[modifier]

Au Congrès de Berlin (1878), la France obtient le soutien du Royaume-Uni et de l'Allemagne pour intervenir en Tunisie. Il s'agit de contrer les visées italiennes sur le pays et de priver de refuge les rebelles de l'Est-algérien. L'invasion de la Tunisie en avril 1881 et le bombardement de Tunis révolté en juillet 1881, oblige la Tunisie à accepter le protectorat français (Traité du Bardo en 1881 et convention de La Marsa en 1883).

Le leader nationaliste Habib Bourguiba tient un meeting politique à Bizerte en 1952

En Tunisie, la France chargée de réorganiser l'administration locale y substitue, à partir de 1910, l'administration directe. Le mouvement nationaliste réclamant l'autonomie ou l'indépendance s'organise dès 1907 avec le Mouvement des Jeunes Tunisiens, se renforce en 1920 par la création du parti Destour. Ce dernier se divise en 1934 avec la scission du Néo-Destour dirigé par Habib Bourguiba. Ce dernier est arrêté plusieurs fois (1934, 1938 et encore en 1952). En 1940, malgré les ambitions de l' Italie fasciste, la Tunisie reste sous le contrôle du gouvernement de Vichy. Après le débarquement des Anglo-Américains en Afrique du Nord (novembre 1942), la Tunisie est occupée par les Allemands qui en sont chassés en mai 1943. La Tunisie est alors dirigée par les différents gouvernements du Général de Gaulle, qui en mars 1944, maintiennent le protectorat sans céder aux revendications du Néo-Destour. La lutte pour l'indépendance reprend, animée par le Néo-Destour et le syndicat UGTT. Le terrorisme progressant, en 1954 la France promet l'autonomie, puis en 1955, elle permet aux Tunisiens de s'occuper de leurs affaires intérieures. En mars 1956, la Tunisie retrouve son indépendance.

La Tunisie depuis l'indépendance[modifier]

En Tunisie depuis 1957, le Parti Socialiste Destourien (renommé Rassemblement Constitutionnel Démocratique en 1987) conserve le pouvoir. La république tunisienne proclamée en 1957, n'a eu que deux présidents : Habib Bourguiba de 1957 à 1987 et Zine el-Abidine Ben Ali depuis 1987 (il espérait pouvoir le rester jusqu'en 2014 et même se présenter à un sixième mandat présidentiel).

Propagande politique en faveur du président Ben Ali (2006)

Depuis 1994, l'opposition a droit à 20 % des députés, mais le président recueille de 95 à 99 % des voix aux élections présidentielles. La vie démocratique est sous surveillance policière étroite et les graves atteintes aux droits de l'homme sont régulièrement dénoncées par les organisations internationales de défense des droits de l'homme. L'apparition de l'islamisme intégriste est combattue vigoureusement par le président Ben Ali.

Le président Bourguiba, modernise la pays. Il laïcise l'enseignement, il instaure le Code du Statut personnel, qui est très favorable aux femmes et il reconnait les libertés fondamentales. En économie il nationalise les terres des colons et commence une réforme agraire. Le développement est planifié. Mais les remous créés par les nationalisations de terres obligent à arrêter la réforme en 1971 et à privatiser les entreprises d'état. Depuis le début des années 1990, la famille du président Ben Ali puis celle de sa seconde épouse contrôlent étroitement les activités modernes et en tirent des revenus considérables.

En décembre 2010, la situation économique et sociale est très difficile. Le chômage, en particulier celui des jeunes diplômés, est très important. Le suicide d'un jeune commerçant empêché par la police de pratiquer son commerce déclenche un vaste mouvement de protestations. Des manifestations répétées, qui s'appuient sur les réseaux sociaux permis par l'internet, parviennent le 14 janvier 2011 a chasser du pouvoir le président Ben Ali.

2010[modifier]

Voir Printemps arabe

Source[modifier]

  • Michel Mourre, Dictionnaire encyclopédique d'histoire, Bordas
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