Sélection naturelle

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La sélection naturelle est un phénomène naturel qui concerne tous les êtres vivants et l'évolution des espèces au cours du temps. C'est un principe qui est aujourd'hui au cœur de la biologie moderne, étudié et utilisé par les chercheurs depuis quelques dizaines d'années, mais utilisé par les agriculteurs et éleveurs depuis des milliers d'années.

Principes de la sélection[modifier | modifier le wikicode]

La sélection naturelle est un phénomène passif. Lorsqu'une population est soumise à une contrainte (on parle de pression de sélection), les animaux qui sont les moins gênés par cette contrainte sont avantagés par rapport aux autres, et vont progressivement les remplacer.

Population hétérogène et pression de sélection[modifier | modifier le wikicode]

Dans une population d'être vivants d'une même espèce vivant dans un endroit défini, on peut trouver des caractères qui varient d'un individu à l'autre. Ces caractères ne sont pas nécessaires à la survie, ils n'ont aucune raison d'être homogènes. Par contre, les points de ressemblance stricte entre individus d'une même espèce sont vitaux, et sont soumis à une forte pression de sélection : si ces caractères changent, la survie de l'individu ou de ses descendants est compromise.

Dans une population, tous les caractères non-vitaux sont hétérogènes, et tous les caractères nécessaires à la vie sont homogènes.

Par contre, si les conditions de vie changent, c'est-à-dire si une nouvelle pression de sélection s'exerce sur la population, il existe une série de caractères qui peut répondre à cette nouvelle contrainte. Une partie des individus sera favorisée par rapport aux autres, car elle sera moins gênés que les autres face à cette nouvelle contrainte. Les individus défavorisés vont s'affaiblir et disparaître petit-à-petit (ou très vite selon l'intensité de la pression de sélection et son caractère vital), et les individus qui sont moins gênés vont naturellement les remplacer.

Survie et adaptation[modifier | modifier le wikicode]


Il faut insister sur le caractère passif de la sélection naturelle. On dit qu'elle est le moteur de l'évolution des espèces, mais il faut bien comprendre ceci : les individus survivent, l'espèce évolue. C'est l'ensemble de la population qui se modifie avec le temps, les individus n'ont d'autre choix que de survivre ou non. S'ils survivent, leurs descendants se répandront dans la population, en répartissant les caractères qui leur ont permis de survivre. S'ils ne survivent pas, les caractères défavorables disparaissent, ou plutôt l'absence de caractère favorable disparaît.

Il faut aussi noter que la variabilité des caractères d'un individu à l'autre se produit en l'absence de contrainte, et donc existe avant l'apparition de la pression de sélection.

Pour prendre un exemple : dans une population, certains animaux peuvent nager, d'autres non. Tant que cette population n'a pas besoin de savoir nager, ce caractère est non-vital. Mais si une inondation survient, tous ceux qui ne savaient pas nager se noient. Seuls demeurent les individus qui peuvent nager. Le caractère « nageur/non nageur » existait nécessairement avant l'inondation.

Optimisation[modifier | modifier le wikicode]

En tant que phénomène passif, il n'y a aucune intention dans l'évolution des espèces par voie de sélection naturelle. Les caractères non-vitaux évoluent librement au hasard jusqu'à ce qu'une pression de sélection les formate. La population va alors « choisir » une manière de survivre, en fonction de la diversité des caractères présents. Si aucun individu ne possède un caractère lui permettant de survivre, la population va disparaître. Ceux qui survivent survivent, de la manière qu'ils peuvent. Ainsi la sélection naturelle favorise la survie d'individus au moins assez adaptés pour survivre, mais en aucun cas ne produit des individus parfaits, capables de résister à tous. De même, devant une même pression de sélection, deux populations de la même espèce qui n'ont pas de contact entre elles, vont réagir à une pression de manière différente, et vont devenir deux espèces différentes, car elles n'auront pas trouvé la même solution au nouveau problème. Aucune de ces solutions n'est meilleure, elle est simplement assez bonne.

Par ailleurs, si au moment de l'introduction de la nouvelle pression, aucun individu ne peut survivre, la population disparaît.

La sélection artificielle[modifier | modifier le wikicode]

En manipulant les êtres vivants via leurs conditions de vies, il est possible de favoriser l'apparition de caractères nouveaux. C'est la base de la domestication des espèces, qui provoque une évolution des animaux et plantes domestiqués vers une forme qui est plus favorable à leur utilisation par les êtres humains. Les humains sélectionnent « les meilleurs » animaux, « les meilleures » graines pour former la génération suivante. Petit-à-petit, l'espèce domestiquée évolue vers ce que les humains veulent qu'elle soit. Ainsi, la domestication du loup a-t-elle donnée toutes les variétés de chiens, du caniche au saint-bernard.

De même, les biologistes utilisent la sélection comme un outil, car il est possible de sélectionner volontairement les êtres vivants selon divers critères. C'est la base du diagnostic des maladies infectieuses. Comme certains caractères sont vitaux, mais que d'une espèce à une autre, ces caractères sont différents, il est possible d'identifier une bactérie, car elle sera la seule à survivre dans une condition donnée.

Mais la sélection induite par les humains peut aussi être négative. Le principe de sélection naturelle permet à la vie de toujours rester adaptée à son environnement. Comme dans le proverbe tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir, tant que quelques individus d'une espèce sont toujours vivants, ils sont capables d'évoluer d'être sélectionnés pour que leurs descendants survivent mieux, même quand cette survie n'est pas souhaitée par les humains.

En pratique, l'utilisation d'un antibiotique qui détruit 99% d'une population de bactéries causant une maladie est efficace pour détruire ces bactéries, et guérir le malade. Mais le malade porte encore en lui les 1% de bactéries qui ont survécu. Il pourra les transmettre à quelqu'un qui n'était pas malade : cette personne sera contaminée par une population de bactéries qui sera 100% résistante à cet antibiotique, le rendant inutile. Le même phénomène se passe avec tous les produits destinés à éliminer une forme de vie qui nous dérange (insecticides, antibiotiques etc...). Tant que cette forme de vie n'est pas complètement éradiquée, les survivants vont se reproduire et reformer une population qui résistera. Il faut donc être très prudent avec ces substances, car sinon elles ne sont efficaces que très peu de temps, et les organismes qui y résistent deviennent un danger beaucoup plus grand qu'avant.

En d'autre termes, l'existence de bactéries résistantes aux antibiotiques, ou d'insectes résistants aux insecticides sont des preuves directes du principe de sélection naturelle.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

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