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Opposition politique en Allemagne pendant le Troisième Reich

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Sophie et Hans Scholl, étudiants opposants au nazisme. Décapités en 1943

Le Troisième Reich a dû faire face à une opposition politique intérieure. Elle se manifeste surtout dans les milieux protestants, parmi les politiciens conservateurs et une partie des hauts gradés de l'armée allemande (Wehrmarcht). Regroupant peu de monde son action effective a été faible. Cependant elle sauve l'honneur de la population allemande.

Malgré l'efficacité des différentes polices nazies, une opposition au régime hitlérien se manifeste en Allemagne. Elle est le fait de très petits groupes non coordonnés entre eux. Leur action essentielle est le sabotage, les tentatives de contacts avec les services de renseignements étrangers et la préparation de complots en vue d'assassiner Hitler et de renverser le régime. Cependant leur influence est faible sur le reste de la population allemande qui est fanatisée ou craintive.

L'opposition de gauche[modifier | modifier le wikicode]

L'opposition de gauche est désorganisée, car une grande partie des chefs politiques socialistes ou communistes ont été arrêtés dès 1933. De plus la gauche manque de troupes. Une partie de ses électeurs d'avant 1933 sont satisfaits de la baisse du chômage obtenue par les nazis, même si les conditions de vie restent difficiles. L'opposition de gauche est de plus très divisée puisque jusqu'en 1933, les socialistes du SPD et les communistes du KPD étaient des ennemis politiques qui ne parvenaient pas à s'unir pour faire face la montée du nazisme. Cependant, les communistes tentent de faire survivre un embryon d'organisation clandestine à partir des directives de chefs réfugiés en URSS, comme Walter Ulbricht. Les socialistes parviennent à financer des imprimeries clandestines et à organiser des filières d'évasion pour les juifs.

L'opposition protestante[modifier | modifier le wikicode]

Le protestantisme luthérien est un foyer de résistance au nazisme. Pourtant le luthéranisme accepte l'intervention de l’État dans les affaires religieuses. Hitler a tenté de contrôler l'organisation religieuse du luthéranisme. Il souhaite également intervenir dans les croyances pour y introduire les idées racistes, qui sont contraires aux idées chrétiennes. Devant l'opposition des pasteurs protestants, les nazis tentent de créer une Église qui leur serait favorable. C'est un échec. De nombreux évêques luthériens condamneront publiquement la politique raciste et les violences des nazis dans les pays conquis.

Par contre la plus grande partie des évêques catholiques sont satisfaits de l'entente trouvée entre Hitler et le pape Pie XI avec la signature du Concordat de 1933). La papauté et le haut-clergé catholique, très anticommunistes, voient en Hitler un rempart en face de l'URSS. Ils réagissent peu aux arrestations de moines ou de religieuses après des accusations à fondement non religieux, accusations souvent fausses. La dissolution des organisations catholiques dès 1933-1934 ne favorise pas la résistance des catholiques qui ne sont pas d'accord avec leur hiérarchie religieuse. Cependant, en 1937, Pie XI condamne les conceptions païennes du nazisme et les restrictions aux libertés religieuses ; mais il semble accepter le totalitarisme et la dictature. Pendant la guerre, bien qu'informée, la hiérarchie catholique défend très peu les juifs exterminés par les nazis.

Les complots des généraux[modifier | modifier le wikicode]

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L'armée et les milieux politiques conservateurs représentent un plus grand danger pour Hitler. En juin 1934 Hitler avait satisfait l'armée en ordonnant le massacre des chefs des SA (la nuit des longs couteaux). L'armée bénéficiait également de la politique de réarmement de l'Allemagne entreprise depuis 1933. Cependant, la montée en puissance des SS, les plans d'expansion territoriale décidés par Hitler inquiètent une partie des maréchaux et généraux. Ils doutent que la Wehrmacht soit prête à temps et redoutent d'avoir à combattre sur deux fronts comme en 1914 1.

Aussi en janvier 1938, profitant de difficultés d'ordre privé du maréchal von Blomberg ministre de la guerre (pourtant un nazi convaincu) et du général von Frischt commandant en chef de la Wehrmacht, Hitler les démet de leurs fonctions et place l'armée sous son contrôle direct. Pendant l'été 1938, au moment de la crise des Sudètes, le Maréchal von Witzleben et le général Halder, chef d'état-major général de la Wehrmacht prévoient d'assassiner Hitler, mais les accords de Munich qui retardent l'entrée en guerre contre la Tchécoslovaquie les en dissuadent2. En septembre 1939, alors que la guerre est déclarée et la Pologne écrasée très rapidement sans ménagement, les hauts-gradés allemands ne manifestent pas d'opposition.

Hitler montrant à Mussolini les dégâts faits par l'attentat du 20 juillet 1944

Ce sont les difficultés dans la conquête de l'Europe rencontrées par l'armée allemande qui vont relancer l'opposition des militaires. Fin 1942, des militaires comploteurs (le maréchal von Kluge commandant du groupe d'armées central sur le front soviétique, le maréchal von Witzleben sur le front Ouest, le général Beck à Berlin) sont d'accord pour proclamer leur refus d'obéir à Hitler espérant ainsi entraîner l'armée dans la mutinerie. Mais l'échec de von Paulus qui se laisse enfermer dans Stalingrad et le refus des autres hauts gradés rendent la manœuvre impossible.

Des tentatives d'attentats contre Hitler échouent en mars 1943 et en janvier 1944. Le 20 juillet 1944, le colonel von Stauffenberg après plusieurs tentatives, parvient à faire éclater une bombe dans un bunker de Prusse orientale. Hitler présent n'est que très légèrement blessé. Mais les comploteurs qui l'ignorent lancent les opérations de renversement du régime. Elles échouent. Les comploteurs (de très nombreux généraux et maréchaux) arrêtés seront cruellement exécutés.

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. Les politiciens et les militaires opposants ne visent pas à rétablir un régime démocratique, certains souhaitent le rétablissement de la monarchie. Ils ne remettent pas en cause les annexions opérées par Hitler depuis 1938. La plupart souhaitent obtenir une entente avec les anglo-saxons afin de se retourner contre l'URSS
  2. En 1945-46, les hauts-gradés allemands ont raconté au tribunal de Nuremberg qui les jugeaient, les diverses tentatives de résistance qu'ils auraient mises au point depuis 1938. Peut-être une façon d'obtenir l'indulgence pour les crimes commis par la Wehrmacht agissant sous leur commandement
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