Mouvements libéraux en Europe au début du XIXe siècle

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La déclaration des droits de l'homme et du citoyen (1789). Une des bases du libéralisme politique

Les mouvements libéraux européens du début du XIXe siècle, veulent étendre le domaine de la liberté dans chaque État. Ils défendent la liberté individuelle (en particulier celle de disposer de son corps). Ils demandent la liberté de pouvoir exprimer ses idées sans contrainte.

Les libéraux sont inquiets du retour en force de l'aristocratie et du clergé catholique après les secousses de la Révolution française et du Premier Empire. Pour y faire face, ils veulent un régime politique basé sur une constitution qui définit des différents pouvoirs politiques, ainsi que les lois soient votées par une ou des assemblées élues (ils sont admiratifs du système anglais de l'époque). La monarchie constitutionnelle a leurs faveurs.

Cependant en contradiction avec le principe d'égalité de tous les hommes devant la loi, les libéraux de l'époque sont favorables au suffrage censitaire, qui réserve le pouvoir politique aux couches les plus favorisées de la population, c'est-à-dire l'aristocratie, la haute et moyenne bourgeoisie.

L'effet des idées de la Révolution française[modifier | modifier le wikicode]

Le prince de Metternich, le plus grand opposant au libéralisme politique

La conquête révolutionnaire puis napoléonienne de l'Europe, a permis la diffusion des idées contenues dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, c 'est-à-dire la liberté, l'égalité des droits, la résistance à l'oppression et la propriété déclarée sacrée. L'effet a été particulièrement important dans les pays européens qui sont restés des années sous domination française (la Belgique, une partie de l'Allemagne, le nord de l'Italie).

Dans ces pays une petite partie de la population a adhéré aux nouvelles idées. Ainsi, des commerçants, des industriels, des intellectuels souvent issus des milieux sociaux précités, et même certains militaires ne veulent pas d'un retour à la monarchie absolue, de la réapparition des privilèges et de la religion d'État. Ils veulent que soient garantis l'égalité d'accès aux fonctions publiques en raison de ses « capacités et de ses talents » et non plus selon sa naissance. Ils réclament la liberté individuelle, la liberté d'association, la liberté de réunion, la liberté de la presse, la tolérance religieuse. Pour ces libéraux, l'État doit être organisé pour assurer le bon fonctionnement de ces idées.

Or en 1815, la chute de Napoléon marque le retour en force des privilégiés d'avant 1789. Un peu partout l'ancienne noblesse, sur le seul critère de sa naissance, réclame les fonctions publiques. Les souverains ne veulent plus partager leurs pouvoirs législatifs avec des représentants élus de la population, pour cela il leur faut pourchasser les opposants déclarés et étouffer la naissance et l'expression d'idées contraires. L'église catholique veut reprendre le contrôle des esprits et réduire au silence les autres confessions religieuses. Metternich, chancelier de l'empire d'Autriche est le plus ardent organisateur de la lutte contre le libéralisme politique européen.

L'agitation libérale en Espagne[modifier | modifier le wikicode]

En 1814, le roi Ferdinand VII abolit la constitution de 1812, votée pendant son absence, qui organisait une monarchie constitutionnelle. Il pourchasse les libéraux.

En 1820, des soldats espagnols en partance pour l'Amérique afin d'y réprimer les soulèvements contre l'Espagne, se révoltent. Le roi doit rétablir la Constitution. Mais il appelle au secours le chancelier autrichien Metternich. Celui-ci en janvier 1821, obtient des souverains européens le droit d'intervention dans les affaires intérieures d'un autre État.

Au congrès de Vérone, en 1822, la répression des insurgés espagnols est confiée à la France. Elle débute en avril 1823. Le 24 avril, le duc d'Angoulême, neveu du roi de France entre dans Madrid qui est pavoisée pour l'accueillir. Le seul grand fait militaire est la prise, le 31 août, du Trocadéro de Cadix où est réfugié le gouvernement des libéraux.

Le roi Ferdinand peut alors rétablir la monarchie absolue et réprimer fortement les insurgés.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Intervention française en Espagne en 1823.

L'agitation libérale en Allemagne[modifier | modifier le wikicode]

En Allemagne la situation politique est contrastée selon les États. Ceux du nord et du centre prennent modèle sur le royaume de Prusse qui refuse toutes réformes et rétablit la monarchie absolue. Par contre en Bavière, en Wurtemberg, en Saxe-Weimar, les souverains accordent des constitutions.

L'agitation commence, dans les milieux universitaires. Les étudiants allemands sont organisés dans une association, la Burschenshaft (dont la devise est Liberté, Honneur et Patrie). Le 17 octobre 1817, à Iéna, en Thuringe prussienne, les étudiants (tous issus de la bourgeoisie), brûlent des symboles du militarisme prussien. En mars 1819, un étudiant déséquilibré assassine le poète Kotzebue, un propagandiste anti-libéral et anti-étudiant payé par le tsar.

Metternich convoque les princes allemands à Carlsbad (août 1819) puis à Vienne (1820). Les universités allemandes sont épurées de leurs professeurs et étudiants jugés trop libéraux. La censure de la presse est renforcée. Les révolutionnaires, sont arrêtés ou parviennent à passer à l'étranger. Cependant malgré la pression autrichienne les souverains de l'Allemagne du sud maintiennent les constitutions.

L'agitation libérale en Italie[modifier | modifier le wikicode]

Le roi Ferdinand Ier des Deux-Siciles

L'Italie, sauf la Sicile et la Sardaigne, a été en grande partie occupée par les Français entre 1797 et 1814. La Révolution et le Premier Empire y ont introduit les idées de la révolution française. A la chute de Napoléon en 1814, les anciens souverains italiens retrouvent leurs trônes. Ils annulent les réformes françaises, réinstallent la monarchie absolue et même pour certains l'Ancien régime. Une toute petite partie de la population italienne est mécontente de ce retour en arrière.

En Italie du sud, dans le Royaume des Deux-Siciles, le roi Ferdinand Ier, roi depuis 1751, retrouve la totalité de son royaume en 1814. Il mène une politique très réactionnaire. En juillet 1820, suivant l'exemple des Espagnols, le général Pepe soulève le pays et obtient du roi une constitution. L'intervention militaire autrichienne, voulue par le congrès des souverains tenu à Laybach (Ljubljana) en janvier 1821, rétablit le roi dans la totalité de ses pouvoirs absolus. Il réprime férocement ses opposants libéraux.

En Piémont-Sardaigne, le roi Victor- Emmanuel Ier, réfugié en Sardaigne depuis 1796, revient en Piémont en 1815. Il rétablit la monarchie absolue, les lois, coutumes et institutions qui existaient avant la révolution de 1789. En mars 1821, un soulèvement militaire l'oblige à abdiquer en faveur de son frère Charles-Félix. Celui-ci avec l'intervention des Autrichiens parvient à rétablir son pouvoir absolu, et mène aussi la chasse aux libéraux.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Mouvements libéraux en Italie dans les années 1820.

Vikilien pour compléter sur les mouvements libéraux européens du début du XIXe siècle[modifier | modifier le wikicode]

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