Diaspora des juifs dans l'Antiquité

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La diaspora juive (en hébreux Tefutzah, « dispersé » ou Galout, « exil ») désigne la dispersion des juifs à travers le monde. Cette dispersion était soit forcée (déportation de prisonniers de guerre) soit volontaire (relations commerciales, ou désir de connaître une autre vie). Pendant l'Antiquité, ce mouvement commencé au VIe siècle av. J.-C. se poursuivit jusqu'au IIe siècle apr. J.-C.. Il y eu deux pics d'exil au VIe siècle av. J.-C. avec la déportation des juifs à Babylone et au Ier siècle apr. J.-C. avec la prise de Jérusalem et la déportation d'une partie des habitants par le général romain Titus.

La diaspora avant les Romains[modifier | modifier le wikicode]

L'exil à Babylone[modifier | modifier le wikicode]

Juifs pleurant Jérusalem pendant la déportation à Babylone. Tableau de 1832

En 597 av. J.-C., Nabuchodonosor II, souverain de Chaldée, attaque son protectorat du Royaume de Juda peuplé par les juifs parce qu'il tentait de s’émanciper en se rapprochant de l’Égypte. Nabuchodonosor prend Jérusalem, la capitale du royaume de Juda. Il fait déporter à Babylone environ 10 000 personnes : le jeune roi Joachin, quasiment tous les nobles et les artisans. Sédécias plus docile que son frère Joachim, est mis sur le trône de Juda par le pouvoir babylonien.

En 587 av. J.-C., Sédécias se révolte contre les Babyloniens qui ripostent. Le royaume de Juda est attaqué et vaincu. La ville est détruite en particulier le Temple, lieu principal du culte juif. Un nombre considérable d'habitants est déporté dans la vallée de l'Euphrate en Mésopotamie. Désormais les juifs sont concentrés en deux régions : Babylone et la Palestine. Cependant quelques milliers de juifs parviennent en Afrique du nord et s'installent à Djerba (en Tunisie actuelle) où ils construisent la Synagogue dite de la Ghriba.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Exil des Hébreux à Babylone.

Retour à Jérusalem[modifier | modifier le wikicode]

En Mésopotamie, les Hébreux vivent souvent difficilement. Après avoir détruit l'empire babylonien, les Perses achéménides autorisent une partie de la population juive à retourner à Jérusalem, sous contrôle perse. Cependant une partie des Hébreux resteront en Babylonie.

Un second temple est édifié à Jérusalem et la religion juive qui avait été approfondie pendant l'exil retrouve la place principale dans l'organisation de la société en Palestine.

Le sort des juifs pendant la période hellénistique[modifier | modifier le wikicode]

Au IVe siècle av. J.-C., la Palestine est conquise par Alexandre le Grand. Au cours des luttes pour le partage de l'empire d'Alexandre, la Palestine est disputée entre les Séleucides d'Antioche et les Lagides d'Égypte. Les juifs commencent à se répandre dans les régions soumises aux Ptolémées (souverains de l' Égypte) et aux Séleucides. On les retrouve en Syrie, en Asie Mineure et dans les îles grecques.

Vers 300 av. J.-C. le roi Ptolémée Soter envahit la Palestine. Il confie à des juifs la défense des forteresses grecques établies en Cyrénaïque (région côtière de l'actuelle Libye). Beaucoup de juifs viennent s'établir à Alexandrie capitale de l'Égypte lagide. Les juifs occupent deux des cinq quartiers principaux de la ville.

Pendant les Guerres puniques (en 254-146 av. J.-C.), on trouve de nombreuses communautés juives en Libye et Afrique du Nord.

Les juifs dans l'empire romain[modifier | modifier le wikicode]

La lutte entre les Romains et les Lagides entraine la Palestine dans la guerre. En 63 av. J.-C., le général romain Pompée prend Jérusalem. Selon la coutume guerrière romaine, une partie des habitants est réduite en esclavage et envoyée à Rome. C'est le début de la Diaspora en Occident.

Au début de l'Empire romain, il y aurait eu près de 8 000 juifs vivant à Rome. Ils sont nombreux à Damas, à Antioche. Il y aurait près de 1 million de juifs résidant en Égypte (soit le huitième de la population). Cette importance de la population pratiquant la religion juive est en grande partie due aux conversions volontaires mais aussi forcées comme celles opérées par les rois Hasmonéens sur les territoires qu'ils contrôlent dans et autour de la Palestine.

La diaspora à la suite de la révolte de 66-70 apr. J.-C.[modifier | modifier le wikicode]

Le triomphe de Titus. Le chandelier à sept branches (ou menorah) apporté comme butin à Rome. Détail de l'arc de Titus à Rome

La domination romaine aboutit à la révolte qui dure de 66 à 70. Jérusalem est prise et le Temple est détruit. Une partie de la population est réduite à l'esclavage. La Judée devient une des provinces impériales de l'Empire romain. Elle est gouvernée par un légat propréteur (puis de rang consulaire). Il y aurait alors près de 3 millions d'habitants en Palestine (en grande partie des juifs), à la même époque l'Empire romain avait 50 millions d'habitants.

La destruction du Temple marque un tournant dans la religion juive. Désormais l'autorité religieuse des grands-prêtres, qui était liée au Temple n'existe plus, elle est transférée aux rabbins qui animent les différentes communautés dispersées à travers le monde romain.

Après la destruction du Second Temple[modifier | modifier le wikicode]

Les Juifs se révoltent à nouveau en 110 pendant le règne de l'empereur Trajan.

En 115-118 de nombreux juifs de Cyrénaïque se révoltent contre la répression exercée par le gouverneur romain Marcius Turbo. Ils émigrent vers l’Ouest et fondent des colonies dans la vallée de l’oued Righ et celle de l’oued Mzab. .

En 133, sous la direction de Bar Kokhba, de nouveau la révolte éclate en Palestine ; elle durera deux ans. Jérusalem est de nouveau prise. La ville est rasée et transformée en une colonie romaine en 135. La population qui a échappé aux massacres est déportée. Désormais devenue cité païenne, elle se nomme Ælia Capitolina (du nom de l'empereur Hadrien). Les juifs ont interdiction d'y résider ou d'y accéder sous peine de mort. Une partie de la population juive de Palestine émigre et rejoint les communautés déjà installées autour de la mer Méditerranée.

Au deuxième siècle, la diaspora représente les quatre cinquièmes des juifs. Certaines communautés vont faire du prosélytisme en Afrique du Nord parmi les tribus berbères, en Éthiopie et même au Kérala en Inde.

En 212, grâce à l'édit de Caracalla, les Juifs, comme les autres peuples de l'empire, deviennent citoyens romains.

Le succès du christianisme, dont les premiers adeptes étaient des juifs, fait naître des polémiques religieuses entre les deux religions. La situation de la diaspora juive se détériore fortement lorsque le christianisme devient religion d’État avec l'Édit de Thessalonique de 380 pris par les empereurs romains Théodose Ier et Gratien.


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