Sittelle kabyle
| Sittelle kabyle | |
|---|---|
| Une sittelle kabyle mâle. | |
| Nom(s) commun(s) | Sittelle kabyle |
| Nom scientifique | Sitta ledanti |
| Ordre | Passeriformes |
| Famille | Sittidae |
| Genre | Sitta |
| Répartition | Nord de l'Algérie |
| Milieu de vie | Forêts mixtes |
| Taille | Environ 12 cm |
| Poids | Environ 18 g |
| Incubation | Environ 15 jours1 |
| Régime alimentaire | Insectivore en été et granivore en hiver |
| Statut UICN | |
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La sittelle kabyle (nom scientifique : Sitta ledanti) est un oiseau de la famille des sittelles. On la trouve dans le nord de l'Algérie.
Elle ressemble beaucoup à la sittelle corse. La sittelle kabyle est considérée comme « en danger » par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) car son aire de répartition est limitée et fragmentée, et menacée par les humains et les incendies.
Cette sittelle est étroitement apparentée à la sittelle de Krüper2.
Description[modifier | modifier le wikicode]

La sittelle kabyle a les parties supérieures de couleur gris bleuté et le ventre beige clair. L'avant de la calotte
du mâle est noir alors que chez la femelle cette partie est grise, comme son dos (mais ça peut parfois être un gris sombre, même si c'est toujours moins prononcé que chez le mâle). La gorge, les sourcils ainsi que les sous-caudales
sont blancs. Le trait sourcilier
est sombre chez le mâle, et plus clair chez la femelle. Les pattes de la sittelle kabyle sont grises et robustes, et son bec est d'un gris bleuté.

Elle est de taille moyenne (environ 12 cm) et pèse environ 18 g2. Elle ressemble beaucoup à la sittelle corse, mais cette dernière espèce a la calotte entièrement noire (alors que celle de la kabyle est noire seulement à l'avant de la tête) et le ventre d'une couleur moins foncée que la sittelle kabyle.
Comportement[modifier | modifier le wikicode]
C'est un oiseau sédentaire et monogame
1,3. Le chant de la sittelle kabyle est typique d'une sittelle, c'est un sifflement nasillard et montant qui est répété lentement : « vuuy-di vuuy-di vuuy-di ». Elle peut également produire une trille
rapide : « di-du-di-du-di-du ». Lors qu'il est inquiet, cet oiseau émet un « chèèh » rêche et répété qui fait penser au cri d'un geai des chênes et qui ressemble au cri de la sittelle de Krüper quand elle est nerveuse1.
La sittelle kabyle vole de façon rapide et directe car elle a des ailes courtes et larges. Elle n'est pas faite pour voler sur de grandes distances.1
Alimentation[modifier | modifier le wikicode]

Son régime alimentaire varie selon les saisons. En été, la sittelle kabyle se nourrit d'insectes et d'araignées. En hiver, comme les insectes sont rares, elle se nourrit de graines. Pour trouver sa nourriture, elle explore les crevasses dans l'écorce des arbres, les branches couvertes de mousses et de lichens, les feuillages, etc. Sa manière de se nourrir est semblable à celle des autres sittelles, et il lui arrive de chercher sa nourriture de façon un peu acrobatique, comme quand elle descend le long d'un arbre en marchant la tête en bas par exemple1...
Reproduction[modifier | modifier le wikicode]

La saison de reproduction a lieu en mai-juin2, mais elle peut commencer plus tard ou plus tôt en fonction de la météo, de la quantité de nourriture et si l'altitude est élevée. La nidification a lieu d'avril à juillet, mais elle peut aussi commencer plus tard si l'altitude est élevée.
Le nid, qui peut être une ancienne loge de pic épeiche, se trouve dans un trou d'arbre situé entre 4 et 15 mètres de hauteur. Il est constitué de copeaux de bois, d'éléments végétaux (feuilles mortes...) et de mousse, et il est garni d'éléments d'origine animale (plumes, poils...).
Une ponte complète compte autour de 4 œufs2,1, qui sont blancs et tachetés de rouge. L'incubation dure environ 15 jours, et elle est réalisée seulement par la femelle. Par contre, ce sont les deux parents qui nourrissent les petits.
Répartition et habitat[modifier | modifier le wikicode]

La sittelle kabyle est la seule espèce d'oiseaux endémique d'Algérie4. Elle peuple les forêts en montagne de la Kabylie. On la trouve au mont Babor (aussi appelé Djebel Babor) et dans les forêts de Guerrouch (au parc national de Taza), Tamentout et Djimla. La kabyle vit dans les chênaies entre 350 et 1 120 m d'altitude et dans les forêts mixtes (avec des chênes, des érables, des peupliers et des conifères) à plus de 2 000 m d'altitude.
Cet oiseau apprécie les forêts humides avec des grands arbres ayant des cavités, comme le sapin de Numidie, le cèdre de l'Atlas, le chêne afarès, le chêne-liège et le chêne faginé1.
Histoire[modifier | modifier le wikicode]
La sittelle kabyle a été découverte le 5 octobre 1975 en Algérie par Jean-Paul Ledant, un naturaliste belge. Il l'annonce aux scientifiques de l'Académie des sciences, et bien qu'ils soient sceptiques, ils l'encouragent à retourner sur le site. Jean-Paul Ledant, accompagné de Jacques Vielliard (un ornithologue de l'Académie), va alors y retourner pour observer des nichées. L'oiseau est formellement décrit dans la revue scientifique Alauda par Vielliard, en 1976. Il lui donne comme nom scientifique Sitta ledanti, en hommage à Ledant. Cette découverte surprend beaucoup le monde des ornithologues.
En décembre 1976, l'ornithologue suisse Éric Burnier fait savoir qu'il avait découvert l'espèce le 20 juin de la même année, avant d'apprendre qu'il avait été précédé dans sa découverte et que l'espèce venait d'être baptisée.

Menaces et conservation[modifier | modifier le wikicode]
Menaces[modifier | modifier le wikicode]
Cette espèce est menacée, déjà parce que son aire de répartition est aujourd'hui fragmentée et limitée à cause de la déforestation. Mais la principale menace est surtout la destruction de son habitat, qui est causée notamment par les incendies, le surpâturage du bétail et la déforestation illégale. La sittelle kabyle pourrait également compter plusieurs prédateurs durant l'incubation, comme la belette, le lérot commun ou le pic épeiche5.
La sittelle kabyle a une faible population (autour de 1 000 individus matures), qui est considérée comme en déclin6.
Tous ces faits font que, depuis 19946, la sittelle kabyle est considérée comme « en danger » et est sur la liste de rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature.
Protection[modifier | modifier le wikicode]
En Algérie, la sittelle kabyle est protégée par le décret n° 83-509 du 20 août 1983 concernant des espèces animales non domestiques protégées. La plus grande population de cette espèce se trouve au parc national de Taza, un espace protégé. D'autres mesures pour sa conservation ont également été proposées : la restauration ou la préservation de son habitat par la reforestation, la prévention des incendies, etc.
Relations avec l'Homme[modifier | modifier le wikicode]

Comme c'est la seule espèce endémique d'Algérie, la sittelle kabyle est très recherchée par les ornithologues, chacun souhaitant être le prochain découvreur d'une nouvelle population de sittelles kabyles. Elle a également du succès auprès des touristes naturalistes, qui viennent spécifiquement dans son aire de répartition pour l'observer.
Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]
Liens internes[modifier | modifier le wikicode]
- Autres sittelles
Liens externes[modifier | modifier le wikicode]
Sources[modifier | modifier le wikicode]
(fr) Lars Svensson et Peter Grant, Le guide ornitho, Delachaux et Niestlé, (ISBN 2603011421), p. 322-323
(fr) Wikipédia
(fr) myalgerie.com
(fr) ebird.org
Références[modifier | modifier le wikicode]
| Article mis en lumière la semaine du 10 mars 2025. |
- ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 et 1,6 (fr) www.oiseau.net
- ↑ 2,0 2,1 2,2 et 2,3 (fr) www.digimages.info
- ↑ (fr) Wikipédia - Sitta
- ↑ (fr) www.ornithomedia.com
- ↑ (fr) Un nouveau témoin relictuel de la spéciation dans la zone méditerranéenne : Sitta ledanti (Aves, Sittidae), de Jacques Vieilliard (lire en ligne)
- ↑ 6,0 et 6,1 (en) Site officiel de l'UICN
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