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Pandémie de COVID-19 en Corée du Sud

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Pandémie de COVID-19 en Corée du Sud
De haut en bas et de gauche à droite : file d'attente devant une pharmacie pour la distribution de masques de protection, drone de désinfection à Seongnam, école primaire fermée à Daegu, affiches de protestation contre l'église Shincheonji de Jésus sur une voiture, appel vidéo entre responsables politiques municipaux, atelier de fabrication de masques de protection, file d'attente pour voter aux élections législatives du 15 avril, admission d'un malade à l'hôpital de Busan, matériel d'isolation hermétique pour déplacer les patients, caserne de pompiers à Daegu, caméra thermique pour contrôler la température des visiteurs à l'entrée de l'hôpital de Wonju, stand de vérification de la température à l'aéroport international d'Incheon, drive-in de dépistage à Gyeongju.
De haut en bas et de gauche à droite : file d'attente devant une pharmacie pour la distribution de masques de protection, drone de désinfection à Seongnam, école primaire fermée à Daegu, affiches de protestation contre l'église Shincheonji de Jésus sur une voiture, appel vidéo entre responsables politiques municipaux, atelier de fabrication de masques de protection, file d'attente pour voter aux élections législatives du 15 avril, admission d'un malade à l'hôpital de Busan, matériel d'isolation hermétique pour déplacer les patients, caserne de pompiers à Daegu, caméra thermique pour contrôler la température des visiteurs à l'entrée de l'hôpital de Wonju, stand de vérification de la température à l'aéroport international d'Incheon, drive-in de dépistage à Gyeongju.
Carte
Coronavirus Outbreak in South Korea over Time.gif
Maladie COVID-19
Agent infectieux SARS-CoV-2
Origine Chine Wuhan (Chine)
Localisation Corée du Sud Tout le pays
Foyer principal : Daegu
Date d'arrivée 20 janvier 2020
Bilan
Cas confirmés 13 979
Cas soignés 12 817
Morts 298
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La pandémie de COVID-19 en Corée du Sud a commencé avec la première détection du 20 janvier 2020, puis a pris une ampleur importante à partir du 18 février lorsqu'une patiente membre d'une secte religieuse, l'église Shincheonji de Jésus, est diagnostiquée porteuse du coronavirus. La ville de Daegu, où se trouve le siège de la secte, ainsi que la province du Gyeongsang du Nord deviennent alors un important foyer de contamination. Au 10 mars 2020, la Corée du Sud totalise plus de 7 500 cas confirmés mais à peine 50 morts ce qui fait un taux de mortalité d'environ 0,6 %, l'un des plus faibles dans le monde. Un tel chiffre s'explique par de nombreuses raisons :

  • Une forte capacité de dépistage s'élevant à des dizaines de milliers par jour ce qui permet un grand nombre de détection.
  • Des infrastructures médicales avancées.
  • La transparence de la communication du gouvernement sud-coréen.

La Corée du Sud connaît désormais une baisse du nombre de nouveau cas, tendance imputée à la réaction rapide du gouvernement, à la politique de dépistage massive, à la communication transparente et à la responsabilisation de la population.

Contexte[modifier | modifier le wikicode]

La pandémie de COVID-19 éclate en décembre 2019 et en janvier 2020 à Wuhan en Chine continentale. Les premiers cas détectés viennent d'un marché de fruit de mer, dont le rôle précis reste cependant incertain. Le docteur Li Wenliang et quelques autres essaient d'avertir les autorités chinoises du danger que constitue le coronavirus. Ils sont accusés une première fois de diffuser de fausses informations avant d'être réhabilités quelques semaines plus tard. Il est néanmoins trop tard pour empêcher la contamination d'être lancée et la ville de Wuhan est mise sous quarantaine alors que le virus a eu le temps d'être transmis. Un premier cas est détecté en Thaïlande le 13 janvier1, puis au Japon le 15 janvier2. Il s'agit dans chacun de ces cas d'une personne ayant voyagé à Wuhan1,2. La Corée du Sud, après une première fausse alerte, devient le troisième pays à être touché hors de Chine après la détection de son premier cas le 20 janvier3.

Pour lutter contre la propagation du virus, la Corée du Sud prévoit de s'appuyer sur les expériences du SRAS en 2003 et du MERS en 20154. Dans le cas du MERS, 38 avaient trouvé la mort sur 186 d'infection à la suite de déboires dans le diagnostic d'un homme d'affaires ayant voyagé à Bahreïn, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis4. Celui-ci avait dû être déplacé dans trois hôpitaux différents pendant neuf jours avant d'être diagnostiqué positif4. Le manque de transparence du gouvernement de la présidente Park Geun-hye avait entraîné un scandale politique et une chute de sa popularité, descendue de 40 % à 29 %4. Le plan de réponse à une pandémie a été entièrement revu par la Corée du Sud à la suite de ce scandale4. Par un hasard du calendrier, la Corée du Sud avait réalisé un exercice en décembre 2019 sur les réponses d'urgence à une épidémie fictive5. Ces réponses sont déployées dans le pays lorsque le COVID-19 entre dans le pays5.

Déroulement[modifier | modifier le wikicode]

Premières détections (20 janvier-17 février)[modifier | modifier le wikicode]

Les premiers cas détectés en Corée du Sud sont des personnes ayant voyagé à Wuhan et les contacts de ces personnes. Les détections se font pour la plupart à Incheon car il s'agit du lieu où se trouve l'aéroport international le plus fréquenté du pays. Le premier cas détecté est une femme chinoise ayant voyagé à Wuhan6. Le deuxième cas est un homme sud-coréen ayant voyagé à Wuhan. Après le diagnostic positif de trois autre cas, la sixième détection, survenue le 30 janvier alors que la personne s'était rendue dans un restaurant avec le « patient 3 », représente le premier cas d'infection en Corée du Sud sans lien avec Wuhan.

Le nombre de cas positifs se dresse à 30 au 17 février. De ces 30 personnes, 12 sont guéries.

Éclatement de l'épidémie (18 février-29 février)[modifier | modifier le wikicode]

Visite du Premier ministre Chung Sye-kyun à un groupe de pompiers à Daegu pendant le pic de l'épidémie.

La pandémie alors épidémie prend des proportions importantes à partir du 18 février lorsque la « patiente 31 » (31e cas confirmé) est diagnostiquée positive7. Lors des deux précédentes semaines, elle s'était rendue à plusieurs services religieux très fréquentés de l'église Shincheonji de Jésus8. Elle s'était ainsi retrouvée en contact serré avec 1 160 personnes8. La Corée du Sud lance alors un dépistage massif de tous les contacts de la « patiente 31 ». En l'espace de cinq jours, la Corée du Sud atteint les 600 cas détectés le 23 février9 avant de devenir le plus grand foyer de propagation hors de Chine avec 833 cas détectés le 24 février10. Le pic de nouveaux cas est atteint le 29 février avec 1 062 détections et le 10 mars avec 7 470 cas actifs.

Aplatissement du nombre de cas (depuis mars)[modifier | modifier le wikicode]

Le nombre de cas en Corée du Sud ralentit au début du mois de mars. La Corée du Sud perd son statut de plus grand foyer de contamination hors de Chine, dépassée d'abord par l'Italie11 et l'Iran autour du 8 mars, puis par la France, l'Allemagne et les États-Unis. Le 9 mars, la Corée ne comptabilise que 131 nouveaux cas, soit le plus faible depuis le 20 février. Le nombre de nouveaux cas journalier diminue en dessous de 30 au milieu du mois d'avril12. Le 30 avril, pour la première fois depuis plus de deux mois, aucun cas de transmission local n'est recensé13.

Pour autant, les politiques coréens restent prudents. La Corée du Sud observe des cas d'importation du virus depuis l'étranger ce qui entraîne un durcissement de la procédure d'entrée pour les étrangers (voir ci-dessous)14,15. Les nouveaux foyers d'infection suscitent des inquiétudes. 98 détections sont associées à un centre d'appel de Séoul au milieu du mois de mars16. Au début du mois de mai, alors que le pays n'enregistrait plus aucune transmission locale depuis plusieurs jours, un nouveau foyer de contamination est détecté autour d'un homme de 29 ans dans des discothèques du quartier d'Itaewon à Séoul17.

Prévention et mesures de lutte[modifier | modifier le wikicode]

Contrôle aux frontières[modifier | modifier le wikicode]

La Corée du Sud réagit rapidement lorsque l'alerte est lancée par la Chine. Des mesures de dépistage renforcées et un système de quarantaine sont mis en place dès le 3 janvier 2020 pour les voyageurs en provenance de Wuhan18. À partir du 19 mars, tous les voyageurs étrangers doivent se soumettre à un contrôle de la température et de l'état de santé19. Le 22 mars, c'est à un dépistage que les voyageurs sont obligés de se soumettre20. Le 1er avril, une quarantaine de deux semaines devient obligatoire pour tous les voyageurs entrant sur le territoire coréen quel que soit le pays d'où ils proviennent19. L'aéroport international d'Incheon se dote d'un dispositif de dépistage « walk-through » afin de procéder à un dépistage rapide en immobilisant les personnes que quelques minutes20. La procédure complète de contrôle dure environ 30 minutes20.

L'une des particularités de la Corée du Sud réside dans l'absence d'interdiction d'entrée sur son territoire19. Des pressions sont exercées sur le gouvernement au travers de pétitions, notamment au début de l'épidémie, pour interdire l'entrée aux voyageurs chinois, mais elles restent sans suite21.

Dépistage de masse et traçage[modifier | modifier le wikicode]

La Corée du Sud a déployé en masse les tests virologiques (dits RT-PCR) afin de dépister tous les cas suspects22. Le pays totalise une capacité quotidienne supérieure à 20 000 tests PCR23. Dès le déclenchement de l'alerte par les autorités chinoises en janvier 2020, une autorisation accélérée est accordée aux nouveaux kits23. Le dépistage PCR est proposé gratuitement ou à bas prix dans des « drive-in » ou « drive-through » en voiture, selon le même principe qu'une commande McDonald à emporter en voiture23. Pendant l'éclatement de la pandémie autour du foyer de Daegu, le gouvernement se concentre sur le dépistage de tous les membres du mouvement Shincheonji23. À partir du 22 mars, le test est rendu systématique pour tous les voyageurs venant de l'Union européenne, puis par la suite des États-Unis et d'autres pays à risque23.

Mesures de quarantaine[modifier | modifier le wikicode]

Au contraire de nombreux pays du monde, aucun confinement à l'échelle du pays n'est imposé en Corée du Sud qui pratique la mise en quarantaine locale et incite à la mise en quarantaine individuelle spontanée24.

Gestion du comportement social[modifier | modifier le wikicode]

À partir du 22 mars 2020, la Corée du Sud met en place une campagne de distanciation sociale. Plusieurs événements sociaux et festifs sont annulés ou reportés. Tous événements sportifs sont suspendus. Conséquence en partie du rôle d'une secte religieuse dans la contamination en Corée du Sud, les congrégations religieuses sont particulièrement ciblées par les mesures de distanciation sociale.

Réactions[modifier | modifier le wikicode]

Conséquences[modifier | modifier le wikicode]

Sources[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. 1,0 et 1,1 (fr) Ressource en ligne [en ligne] Chine : un nouveau virus identifié, un premier cas importé en Thaïlande, le 13 janvier 2020 sur www.lepoint.fr (consulté le 1er avril 2020)
  2. 2,0 et 2,1 (fr) Ressource en ligne [en ligne] Le Japon confirme le premier cas de nouvelle infection à coronavirus en Chine, le 16 janvier 2020 sur www.breakingnews.fr (consulté le 1er avril 2020)
  3. (fr) Ressource en ligne [en ligne] Corée du Sud : apparition du premier cas d'infection du mystérieux virus chinois, par Benoît Collet le 20 janvier 2020 sur www.rtl.fr (consulté le 1er avril 2020)
  4. 4,0, 4,1, 4,2, 4,3 et 4,4 (fr) Ressource en ligne [en ligne] En Corée du Sud, des tests massifs pour endiguer le coronavirus, par Philippe Mesmer et Harold Thibault le 20 mars 2020 sur www.lemonde.fr (consulté le 1er avril 2020)
  5. 5,0 et 5,1 (en) Ressource en ligne [en ligne] South Korea's emergency exercise in December facilitated coronavirus testing, containment, par Shin Hyon-hee le 30 mars 2020 sur www.reuters.com (consulté le 16 avril 2020)
  6. (en) Essai ou thèse [publication scientifique] The First Case of 2019 Novel Coronavirus Pneumonia Imported into Korea from Wuhan, China: Implication for Infection Prevention and Control Measures par Kim Jin-yong, Choe Pyoeng-gyun, Oh Yoon-ju,Oh Kyung-joong Oh, Kim Jin-sil, Park So-jeong, Park Ji-hye, Na Hye-kyoung et Oh Myoung-don le 31 janvier 2020 (consulté le 16 avril 2020)
  7. (fr) Ressource en ligne [en ligne] (3e LD) Coronavirus : Séoul en alerte contre la transmission communautaire, 31 cas au total le 18 février 2020 sur fr.yna.co.kr (consulté le 23 mai 2020)
  8. 8,0 et 8,1 (en) Ressource en ligne [en ligne] The Korean clusters mis à jour le 20 mars 2020 sur graphics.reuters.com (consulté le 23 mai 2020)
  9. (fr) Ressource en ligne [en ligne] Covid-19 : 3 nouveaux décès et 169 cas supplémentaires le 23 février sur world.kbs.co.kr (consulté le 23 mai 2020)
  10. (fr) Ressource en ligne [en ligne] La Corée du Sud, plus grand foyer de coronavirus en dehors de la Chine le 24 février sur www.bfmtv.com (consulté le 23 mai 2020)
  11. (fr) Ressource en ligne [en ligne] Coronavirus : l'Italie compte 7 375 cas et 366 morts, le 8 mars 2020 sur www.lepoint.fr (consulté le 14 mai 2020)
  12. (fr) Ressource en ligne [en ligne] (4e LD) Coronavirus : les nouvelles infections en dessous de 30 pour le 5e jour consécutif, par Lee Sae-lom le 17 avril 2020 sur www.fr.yna.co.kr (consulté le 14 mai 2020)
  13. (fr) Ressource en ligne [en ligne] Coronavirus en Corée du Sud : pour la première fois, aucun nouveau cas enregistré, le 30 avril 2020 sur www.ouest-france.fr (consulté le 14 mai 2020)
  14. (fr) Ressource en ligne [en ligne] Coronavirus : les experts recommandent des mesures de confinement plus strictes pour les arrivées des USA le 24 mars 2020 sur fr.yna.co.kr (consulté le 23 mai 2020)
  15. (fr) Ressource en ligne [en ligne] (LEAD) A partir du 1er avril, confinement obligatoire de 2 semaines pour toutes les arrivées de l'étranger le 29 mars 2020 sur fr.yna.co.kr (consulté le 23 mai 2020)
  16. (fr) Ressource en ligne [en ligne] Coronavirus: nouveau foyer en Corée du Sud, par Stéphane Lagarde le 10 mars 2020 sur www.rfi.fr (consulté le 23 mai 2020)
  17. (fr)Ressource en ligne [en ligne] COVID-19 : 11 Séouliens infectés dans des boîtes de nuit d’Itaewon, le 8 mai 2020 sur world.kbs.co.kr (consulté le 23 mai 2020)
  18. Duchâtel, Godement et Zhu, p13
  19. 19,0, 19,1 et 19,2 Duchâtel, Godement et Zhu, p15
  20. 20,0, 20,1 et 20,2 Duchâtel, Godement et Zhu, p17
  21. Duchâtel, Godement et Zhu, p18
  22. Duchâtel, Godement et Zhu, p30
  23. 23,0, 23,1, 23,2, 23,3 et 23,4 Duchâtel, Godement et Zhu, p31
  24. Duchâtel, Godement et Zhu, p71

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

  • (fr) Livre imprimé [livre] Mathieu Duchâtel, François Godement et Viviana Zhu, Institut Montaigne, Covid-19 : l’Asie orientale face à la pandémie, Paris, avril 2020 (ISSN 1771-6756, lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le wikicode]

Articles connexes[modifier | modifier le wikicode]

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

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