Ligues d'extrême-droite

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caricature. Les chefs des différentes ligues défilent devant le préfet de police de Paris, à la veille du 6 février 1934.
Le défilé des ligus . Paru dans le Populaire ; organe officiel de la SFIO le 6 février 1934

En France, les Ligues sont des organisations d’extrême-droite opposées à la République parlementaire. Elles souhaitent un régime politique français plus autoritaire et une épuration du personnel politique qu'elles jugent corrompu.. L'une d'entre elles, L'Action française milite pour un retour à la monarchie.

Les ligues ont commencé à se développer à partir des années 1880, quand la république définitivement installée, doit faire face à une crise économique qui s'éternise. Les ligues regroupent ceux qui rejettent la république ou qui lui reprochent de ne pas lutter efficacement contre la crise dont ils sont les victimes. Les ligues se manifestent au moment de la boulangisme, du scandale de Panama ou de l'Affaire Dreyfus.

Les ligues les plus importantes sont l'Action française et les Croix de Feu, qui est une organisation d'anciens combattants. Mais après la Première Guerre mondiale, des mouvements très anticommunistes et admiratifs du fascisme italien voient le jour, comme le Francisme, les Jeunesses patriotes, plus tard à la fin des années 1930, le Parti populaire français et le parti socialiste de France. Les ligues sont financées par les grands industriels, mais aussi par l'Italie fasciste et l'Allemagne hitlérienne.

Les ligues mènent des actions violentes contre les républicains et contre les étrangers installés en France. Elles développent des idées xénophobes et antisémites. Et à partir de 1920, les ligues y rajoutent l'anticommunisme. Toutes les ligues sont organisées militairement avec un service d'ordre musclé qui intervient lors des manifestations. La plupart veulent imposer leurs idées par la force.

En février 1934, les ligues parviennent à renverser le gouvernement légalement constitué mais ne parviennent pas à abattre le régime républicain. Elles peuvent être interdites d'après une loi votée en janvier 1936 (gouvernement de Pierre Laval. Les ligues sont dissoutes en juin 1936 par le gouvernement de Front populaire. Mais elles se reconstituent en partis politiques quelques temps après. Les ligues fourniront une partie du personnel politique du régime de Vichy et auront ainsi leur revanche sur la République qu'elles feront disparaître au profit de l'État français.

Adhérents et sympathisants[modifier | modifier le wikicode]

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Caricature à charge contre les ligues. Parue dans le quotidien communiste l'Humanité le 22 mars 1936

Avant la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le wikicode]

Depuis 1898, les monarchistes et catholiques conservateurs sont regroupés autour du journal l'Action française, dont le leader est Charles Maurras. Ils sont des ennemis résolus de la République, qu'ils appellent « La Gueuse » (la prostituée). Ils sont révoltés par l'installation définitive du régime républicain et les mesures visant à limiter l'influence de l'Église catholique dans la société. Le service d'ordre est assuré par les camelots du roi.

La Ligue des Patriotes, fondée en 1882 par Paul Déroulède, regroupe les nationalistes qui veulent maintenir le souvenir de la Revanche pour récupérer l'Alsace-Lorraine cédée à l'empire allemand après la désastreuse guerre franco-prussienne de 1870-1871. La Ligue se déchaîne au moment de l'Affaire Dreyfus qui met en cause une partie des officiers français (pour beaucoup issus de l'aristocratie) et elle adopte une attitude violemment anti-dreyfusarde et mène une campagne antisémite.

La crise économique qui s'éternise depuis le début des années 1880, mécontente les agriculteurs dont les productions sont concurrencées par celles arrivant du « Nouveau monde » ou qui sont touchées par la grave crise du phylloxéra qui ruine le vignoble français. Ils veulent des mesures de protection de l'agriculture française et une fermeture du marché français aux produits étrangers. Les commerçants de quartier voient leur chiffre d'affaire se réduire du fait de la sous consommation. Les rentiers sont lésés par le non remboursement des prêts qu'ils avaient consentis à des sociétés qui ont fait frauduleusement faillite (cas du canal de Panama) et par la perte de valeur des emprunts d'État. Les revenus qu'ils tiraient des loyers de la terre ou de leurs biens immobiliers sont aussi en chute. Ils doivent réduire leur train de vie et sont anxieux sur l'avenir de leurs enfants (qu'ils espéraient voir s'intégrer dans les professions libérales, socialement prestigieuses). Pour eux il faut chasser les étrangers et les juifs soupçonnés d'accaparer les meilleurs postes.

Après la première Guerre mondiale[modifier | modifier le wikicode]

Les Anciens combattants sont déçus de l'accueil qui leur est réservé par le reste de la population. La plupart des soldats démobilisés considèrent les autres habitants comme des « planqués » ayant échappé à la vie terrible du front. Ils veulent réduire la place que les femmes ont prise pendant la guerre afin de faire tourner la machine de guerre et assurer les rôles de chef de famille. Ils sont scandalisés par la liberté des mœurs de certaines femmes. Ils veulent plus de considération en compensation des sacrifices qu'ils ont consentis pendant plus de quatre années. Ils souhaitent retrouver la fraternité virile des tranchées. Beaucoup ont le culte du chef qui sait imposer le « bon comportement » individuel et collectif dans les moments décisifs. Pour eux le régime parlementaire, avec ses négociations continuelles, ses scandales où sont compromis des hommes politiques, doit disparaître pour laisser à place à des hommes nouveaux qui feront régner l'honnêteté et la franchise, qui fourniront du travail et rétabliront la famille traditionnelle. La plus importante des organisations regroupant les anciens combattants décorés pendant la guerre est celle des Croix de Feu dirigée par le colonel François de La Roque.

photographie en noir et blanc. Posant devant une affiche expliquant le programme du Francisme, des militants en uniforme font le salut nazi
Militants du francisme en 1934

Certaines ligues proposent d'imiter les fascistes italiens qui ont pris le pouvoir en 1922. Depuis, en Italie, la dictature a éliminé les affrontement entre partis politiques en instituant le parti unique et en pourchassant les opposants. Elle a interdit les affrontements liés au travail en créant des corporations où sont regroupés de forces les salariés et leurs employeurs. Les revendications des salariés sont ignorées. Le parti double les administrations et crée ainsi des postes d'encadrement où peuvent s'installer les petits bourgeois en voie de déclassement social, mais aussi des aventuriers.

Les ligues souvent financées par de riches industriels français, par les fascistes italiens, puis par les nazis allemands, sont très nombreuses : le Francisme, la Solidarité française, Le Faisceau . Avec le développement de la crise économique née après le Krach de 1929, ces grands patrons veulent qu'un régime autoritaire interdise toute contestation du pouvoir patronal. Pour cela les lois ne doivent pas être favorables aux salariés, donc les patrons doivent contrôler le pouvoir politique par l'intermédiaire de partis qu'ils ont financés. Par ailleurs les organisations ouvrières qui défendent les salariés ne doivent plus être indépendantes donc ils doivent les contrôler par l'intermédiaire de l'organisation d'un régime corporatiste ou les interdire, ce qui ne peut être fait que dans un régime autoritaire.

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