Devise nationale de la France

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La devise républicaine dans le logo officiel de la République française.

« Liberté, Égalité, Fraternité » est la devise nationale de la France depuis 18481.

Cette expression reprend les idées de liberté et d'égalité qui sont contenues dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen votée en août 1789 par l'Assemblée Constituante. L'idée de fraternité vient, quant à elle, du préambule de la Constitution de 1848 rédigée pour la mise en place de la Deuxième République. Cette devise figure sur la plupart des monuments publics (mairies et écoles publiques) et sur les papiers officiels provenant de l'État.

Histoire de la devise républicaine[modifier | modifier le wikicode]

Inscription murale de 1793 à Lagny-sur-Marne

Origine[modifier | modifier le wikicode]

Selon l'historienne Mona Ozouf, « la naissance de la devise manque d'éclat et de netteté (...) » : elle entend par là que son histoire n'est pas extrêmement claire.

Dès 1789, la France révolutionnaire adopte la devise : « La Nation, la Loi, le Roi ».

La liberté et l'égalité sont posées comme principe dans l'article premier de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, texte qui fait partie du préambule de la Constitution de la Cinquième République française.

Après la chute de la royauté en août 1792, et la proclamation de la République le 22 septembre 1792, les révolutionnaires adoptent la devise : « Unité, indivisibilité de la République, Liberté, Égalité, Fraternité ou la mort ».

Enseigne alsacienne de la période révolutionnaire, 1792.
Freiheit Gleichheit Brüderlichk(eit) od(er) Tod (Liberté Égalité Fraternité ou la Mort)
Tod den Tyrannen (Mort aux Tyrans)
Heil den Völkern (Vivent les Peuples).

Le premier à avoir formulé cette devise en tant que telle est Maximilien de Robespierre dans son Discours sur l'organisation des gardes nationales, imprimé mi-décembre 1790, reprise très vite par le Grand Orient de France.

C'est la Commune de Paris qui adoptera officiellement en premier la formule lorsque son maire, Jean-Nicolas Pache, ordonnera le 21 juin 1793 de faire peindre sur les murs de la maison commune, la formule : « La République une et indivisible - Liberté, Égalité, Fraternité ou la mort ».


Tympan de l'église d'Aups dans le Var, avec une inscription datant de 1905 à la suite de la loi sur la séparation des Églises et de l'État.

Postérité[modifier | modifier le wikicode]

La devise disparaît sous l'Empire et la Restauration avant de réapparaître à nouveau avec la révolution de 1830 sous l'égide de différents révolutionnaires comme les socialistes mais aussi par les communistes, en 1840 qui voulaient aussi faire reconnaître l'existence de la fraternité dans la devise2.

La Deuxième République française adopte le 27 février 1848 sous Louis Blanc cette devise3.

Le 14 juillet 18804 la devise apparaît sur les murs de toutes les institutions publiques, même si les partisans de la République étaient réticents, car eux préféraient entendre parler de solidarité plutôt que d'égalité, la seconde notion étant selon eux trop religieuse3.

Le régime de Vichy supprime la devise pour la remplacer par Travail, Famille, Patrie. Au sein de la Résistance, le colonel Edgard de Larminat privilégie Honneur et patrie en juillet 1940, lorsqu'il participe à une émission de la BBC en juillet 1940. Pour autant, la devise originale circule encore dans les journaux de la Résistance.

Suite à l'arrivée au pouvoir de Charles de Gaulle, la devise reviendra à ses origines qui est Liberté, Egalité, Fraternité qui pour lui, représente vraiment le peuple français, alors qu' Honneur et Patrie, a une connotation trop militaire qui ferait plaisir aux américains, mais pas aux français.

Contenu de la devise républicaine[modifier | modifier le wikicode]

Liberté[modifier | modifier le wikicode]

Pièce de 20 francs de 1851.

L'idée de liberté est un des grands principes de 17895. Elle figure dès l'article I de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen : " Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. " « La liberté est un des droits imprescriptibles de l'Homme » (article 2).

Les articles suivants précisent ce qu'est la liberté :

  • « Elle consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». (article 4).
  • « Tout ce qui n'est pas défendu par la loi, ne peut être empêché et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas » (article 5).
  • « Nul ne peut être accusé, arrêté et détenu que dans les cas déterminés par la loi et selon les formes qu'elle a prescrites ». (article 7). Il s'agit ici de la liberté individuelle face à la police et à la justice.
  • « Nul ne peut être inquiété pour ses opinions, même religieuses pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi ». (article 10). Cet article définit la liberté d'opinion.
  • « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme on peut donc parler, écrire, imprimer librement sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi » (article 11). Ici se trouve définie la liberté d'expression.

Tous ces articles ont pour but d'interdire l'arbitraire de la police et de la justice royale qui était la règle avant la Révolution. Il s'agit de créer une sorte d'Habeas Corpus comme dans l'Angleterre de l'époque.

Dans certains cas, il est possible que la liberté ne soit pas forcément respectée totalement, par exemple, lors de crises sanitaires graves, de guerres ou de crises à l'intérieur du pays, il est admis que la liberté soit restreinte le temps que la situation devienne plus gérable et que les gens soient en sécurité.

Égalité[modifier | modifier le wikicode]

La devise sur le mur d'une école publique de Villeurbanne (Rhône).

L'égalité des droits est aussi un des grands principes de 17895. Il figure dès l'article un de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Il interdit l'existence de privilèges, qui était la base de l'organisation sociale de la France avant la Révolution.

  • « La loi doit être la même pour tous, soit qu'elle protège soit qu'elle punisse ». (article 6)
  • « Tous les citoyens étant égaux à ses yeux (de la loi), sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents » (article 6).
  • « Pour l'entretien de la force publique et pour les dépenses d'administration, une contribution commune (l'impôt) est indispensable, elle doit être également répartie entre les citoyens en raison de leurs facultés (moyens financiers) ». (article 13). Il crée l'égalité devant l'impôt.

Fraternité[modifier | modifier le wikicode]

La fraternité n'apparaît pas dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Pourtant de nombreuses inscriptions la mentionnent comme étant une idée révolutionnaire. Il s'agit d'une fraternité entre les peuples européens face aux rois qui depuis des siècles, pour leur seul profit, font se battre les peuples pendant les guerres.

L'idée de fraternité est portée par la grande vague révolutionnaire qui va embraser l'Europe en 1848. En Allemagne, en Autriche, en France, en Italie, la population se soulève contre les princes. En France, les républicains de tendance socialiste souhaitent que la Révolution de février 1848 profite aux plus défavorisés. Ils luttent pour imposer le droit au travail ou le devoir pour la communauté nationale de prendre en charge ceux qui sont dans le besoin5. Ils font inscrire dans la constitution de 1848 le principe de fraternité.

  • « La République a pour principe, la Liberté, l'Égalité et la Fraternité » (article 4 du préambule de la Constitution de 1848).
  • « Les citoyens doivent concourir au bien-être commun en s'entraidant fraternellement les uns les autres » (article 4 du préambule).
  • « La République doit par une assistance fraternelle assurer l'existence des citoyens nécessiteux, soit en leur procurant du travail dans les limites de ses ressources, soit en donnant, à défaut de la famille, des secours à ceux qui sont hors d'état de travailler ». (article 8 du préambule). Il s'agit bien du principe de solidarité entre les habitants de la communauté nationale.

En 2018, le Conseil constitutionnel a été interrogé par des avocats à propos de ce terme dans la devise et l'a reconnu comme principe à valeur constitutionnelle, c'est-à-dire, comme un élément qui doit être respecté par les français et les gouvernants. La fraternité a été reconnu par la Justice notamment lorsque des personnes aidant des migrants ont été condamnées. En effet, la fraternité consiste à aider les personnes qui sont dans le besoin, donc l'Etat ne pouvait pas condamner des personnes qui leur venait en aide.6

Sources[modifier | modifier le wikicode]

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. La devise de la République française, via Gralon, 13 août 2008.
  2. Marcel David, Le peuple, les droits de l'homme et la république démocratique.
  3. 3,0 et 3,1 Symboles de la République via le site de la diplomatie française.
  4. Bertrand Pauvert et Xavier Latour, Libertés publiques et droits fondamentaux, Studyrama, 2006.
  5. 5,0, 5,1 et 5,2 Pourquoi la devise de la France est-elle "Liberté, Égalité, Fraternité"?, France Soir, 20 mai 2016.
  6. Décision n° 2018-717/718 QPC du 6 juillet 2018 ECLI:FR:CC:2018:2018.717.QPC du Conseil constitutionnel, le 5 juillet 2018}}.

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

  • Michel Borgetto, La Devise : « Liberté, Égalité, Fraternité », Paris, PUF, 1997
  • Marcel David, Le Peuple, les droits de l'homme et la république démocratique, Paris, l'Harmattan, 2002
  • Bernard Richard, Les emblèmes de la République, CNRS Éditions, 2012

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]


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Article mis en lumière la semaine du 23 août 2010.