En 1618, l'empereur Matthias Ier priva les protestants de Bohême, une région de l'Est de l'Allemagne, de leur liberté de culte. C'est ainsi qu'une révolte éclate contre les Habsbourgcatholiques. Le 23 mai, un groupe de protestants s'empare du Château de Prague, plusieurs amis de l'empereur sont défenestrés. La Bohême se déclare indépendante et choisit comme souverain le prince-électeur Frédéric. Cependant plusieurs villes de Bohême restent fidèles à l'empereur, c'est ainsi que Frédéric V, à la fin 1618, se révolte contre le pouvoir impérial. Un ami de Frédéric, le comteErnst von Mansfeld, fait le siège de Pilsen, dernière ville catholique de Bohême, qu'il parvient à soumettre le 21 novembre. Le 31 octobre 1619, Frédéric V entre triomphalement dans Prague et est couronné "Premier Roi de Bohême" en la Cathédrale Saint-Guy, le 4 novembre. Le nouvel empereur, Ferdinand II, cousin du précédent, exige la soumission de Frédéric et le retour de la Bohême au sein de l'Empire allemand. Le refus du nouveau roi déclenche la terrible Guerre de Trente Ans, à laquelle vont se retrouver mêlées la France, le Danemark et la Suède.
Le couronnement de Frédéric en tant que Roi de Bohême
Frédéric V, en arrière plan, la ville de Prague
Très vite, l'empereur organise la reconquête de la Bohême. Alors que Frédéric se trouve à Prague, l'armée impériale entre dans le Palatinat et soumet Bad Kreuznach le 10 septembre 1620, puis Oppenheim 4 jours plus tard. En novembre, 50 000 hommes au service de l'empereur entrent en Bohême, cette armée se retrouve nez à nez avec les 15 000 hommes de Frédéric. Le 8 novembre, une bataille éclate sur la Montagne Blanche, une colline non loin de Prague, Frédéric est sévèrement défait. Le lendemain, le roi et sa famille s'enfuient pour Breslau. Le même jour, un lointain cousin de Frédéric, le duc Maximilien de Bavière, qui était au service de l'empereur, entre victorieusement dans Prague. Les insignes royaux sont retrouvés éparpillés le long du pont Charles, plusieurs proches du roi restés à Prague sont décapités: la Bohême est redevenue une terre impériale allemande. Cependant, la soumission de la Bohême ne signifie pas la fin de la Guerre, en effet, celle-ci durera encore 28 ans. En raison de son règne très court, Frédéric sera surnommé "le roi d'un hiver".
La bataille de la Montagne Blanche, le 8 novembre 1620
Un pamphlet moqueur sur Frédéric V, où le surnom "roi d'un hiver" est pour la première fois utilisé
Déchut de ses pouvoirs sur la Bohême, Frédéric se réfugie dans le Palatinat. Sa victoire sur l'armée impériale à la bataille d'Ohrenberg, le 27 avril 1622, lui redonne de l'espoir. Cependant, la défaite de ses alliés Georges-Frédéric de Bad-Durlach et Christian de Brunswick-Wolffenbüttel aux batailles de Wimpfen et de Höchst, lui firent vite oublier les quelques lueurs d'espoir qu'il avait eu. Le 19 septembre 1622, après 11 semaines de siège, Heidelberg capitule et se soumet à l'empereur. Les églises protestantes sont fermées, l'université est dissoute et la riche bibliothèque du Château est envoyée comme cadeau au pape Grégoire XV.
Siège de Heidelberg par l'armée impériale en 1622
Frédéric V en 1625
Frédéric est mis au ban de l'Empire et envoyé en exil. La Palatinat est donné à Maximilien de Bavière. Frédéric à cependant été atteint d'une grave infection, probablement la peste. Après avoir enduré une longue maladie, Frédéric meurt finalement le 29 novembre 1632, à Mayence. Son corps est provisoirement enterré au Château de Frankenthal, ses intestins sont, pour une raison inconnue, extraits de son estomac et déposés en l'église Sainte-Catherine d'Oppenheim. Son corps est transféré à Metz puis finalement à Sedan, loin des combats. Sa tombe n'a toujours pas été retrouvée.