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Flora Tristan

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Portrait de Flora Tristan en 1838
Plaque commémorative apposée à Bordeaux
Bibliothèque Flora Tristan

Flora Tristan est née à Paris le 7 avril 1803 et morte à Bordeaux le 14 novembre 1844 à l'âge de 41 ans. Femme de lettres, elle est considérée, avec Olympe de Gouges, comme une des pionnières du féminisme.

Sa vie et son œuvre[modifier | modifier le wikicode]

Fille d'un couple mixte franco-péruvien après un mariage en Espagne par un prêtre réfractaire, elle perd son père à quatre ans et doit épouser son employeur à 17 ans. Ils ont trois enfants mais elle obtient la séparation de corps en 1838 pour violences conjugales.

Elle essaie, en vain, de récupérer l'héritage paternel en allant à la rencontre de sa famille péruvienne en 1833 ; par contre, pendant la traversée, elle se découvre un talent d'enquêtrice sociale et publie son premier ouvrage, Les pérégrinations d'une paria en 1837.

Puis elle écrit en 1840 ses Promenades dans Londres : elle fait l'apologie du pamphlet de Mary Wollstonecraft, Défense des droits de la femme, contre la société patriarcale de son temps ; elle découvre aussi la misère des quartiers insalubres d'une capitale de la société industrielle.

Elle commence, en 1843, son « tour de France » de la condition ouvrière, à la manière des compagnons et tient un journal qui sera publié après sa mort survenue à Bordeaux, fin 1844.

Par sa fille Aline Chazal, Flora Tristan est la grand-mère du peintre Paul Gauguin.

Ses idées[modifier | modifier le wikicode]

Son militantisme s'est appliqué à deux domaines, le féminisme, pour des raisons personnelles (échec de son mariage) et le socialisme international.

Elle a milité contre le mariage, qui transforme les épouses en esclaves et les rebelles en véritables parias de la société : pendant son voyage au Pérou par exemple, elle se sent obligée de mentir sur son statut et de cacher son mariage pour ne pas être mise à l'index ; elle préfère passer pour fille-mère.

Ses premières lectures lui font apprécier le lyrisme et l'engagement social de Rousseau, de Lamartine et de Madame de Stael, en particulier dans son essai paru en 1800, De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales.

Ses contacts parisiens avec les socialistes utopiques renforcent ses observations personnelles récoltées au cours de ses voyages, sur la lutte des classes et la condition ouvrière. Ses rencontres avec le journaliste Proudhon ou avec Victor Considerant lui ont permis de préciser ses engagements politiques et philosophiques. Mais sa religiosité l'éloigne des positions de ses contemporains comme Marx ou Charles Fourier.

Un talent littéraire[modifier | modifier le wikicode]

Flora Tristan est certes reconnue actuellement pour ses engagements politiques, à une époque où la démocratie s'installait péniblement en Europe et en Amérique, mais c'est probablement sa plume qui lui permettra d'atteindre une reconnaissance littéraire.

Elle ne se contente pas de décrire et d'analyser ses réactions personnelles romanesques face aux événements où elle joue la plupart du temps un rôle de victime. C'est une journaliste capable de brosser en quelques lignes une multitude de portraits, physiques et moraux, plus ou moins acides. Elle réussit à se dégager, au fil des ans, des stéréotypes et des préjugés de ses premiers écrits pour atteindre une vision internationale de l'humanité.

Sources[modifier | modifier le wikicode]

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