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Enseignement élémentaire pendant la Première République

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Alors que les assemblées précédentes, l'Assemblée constituante de 1789 et l' Assemblée législative de 1791, dominées par les classes aisées s'étaient peu préoccupé de l'enseignement primaire (dont la masse des élèves proviennent surtout des classes populaires majoritaires dans la population), la Convention, assemblée élue en août 1792 plus démocratique et républicaine tente d'organiser l'école élémentaire pour le bénéfice de la plus grande partie de la population.

La déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793, précédant la constitution républicaine de 1793, contrairement à celle de 1789 qui n'en fait pas mention, proclame dans son article 22 que tout citoyen a droit à l'instruction. Notons que cette instruction pouvait être donnée dans le sein des familles grâce à l'emploi de précepteurs engagés par les parents pour s'occuper à domicile des enfants du foyer (mais cette option était réservée aux familles les plus aisées).

Pendant la Convention girondine[modifier | modifier le wikicode]

La Convention nationale qui dirige la France depuis septembre 1792, décrète le 30 mai 1793, que toute localité de 400 à 1500 habitants doit disposer d'une école publique élémentaire. Dans cette institution l'instituteur doit enseigner {{"|les connaissances élémentaires nécessaires aux citoyens pour exercer leurs droits, remplir leurs devoirs et administrer leurs affaires domestiques. De plus une fois par semaine les instituteurs doivent donner des cours pour les adultes des deux sexes.

Pendant la Convention montagnarde[modifier | modifier le wikicode]

La loi du 29 frimaire an II (19 décembre 1793) institue l'obligation scolaire pour les enfants à partir de 6 ou 8 ans. Les parents qui n'envoient pas leurs enfants à l'école sont sanctionnés, en particulier par la privation de leurs droits civiques, ce qui en cette période troublée pouvait leur causer de graves ennuis. N'importe qui pouvait ouvrir une école après en avoir fait une déclaration à la municipalité et avoir présenté un « certificat de civisme ».

L'enseignement primaire public était gratuit. Les instituteurs et les institutrices reçoivent 20 livres par élève et par an pour les instituteurs mais seulement 15 livres pour les institutrices. Les programmes de l'école publique se limitent à l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et des bases de calcul. Des manuels rédigés selon les directives des députés de la Convention doivent être obligatoirement utilisés comme supports pédagogiques (ils ne sont pas encore rédigés et nombre de maîtres conservent les livres utilisés dans les écoles de l'Ancien Régime et qui sont rédigés en grande partie par des religieux catholiques..

N'importe qui pouvait ouvrir une école après en avoir fait une déclaration à la municipalité et avoir présenté un « certificat de civisme ». De nombreux ex-religieux, mis au chômage par la réorganisation du clergé catholique français, se reconvertissent alors dans l'enseignement pourvu qu'ils puissent présenter des preuves de leurs civisme.

La faiblesse de salaires et le manque de compétence rend difficile le recrutement des enseignants. Ainsi à Saumur, dans l'ouest de la France, il n'y a que 413 élèves et 13 enseignants pour une population de 12 500 personnes. À la fin de l'an II (septembre 1794)dans le district de Wissembourg, en Alsace, seules 5 écoles sont ouvertes alors que théoriquement il devait y en avoir 220.

Pendant la Convention thermidorienne et le Directoire[modifier | modifier le wikicode]

Après l'élimination des robespierristes en juillet 1794, les conventionnels, écartent les classes populaires de l'instruction, jugée dangereuse pour la tranquillité publique par les bourgeois enfin maîtres du gouvernement. La loi du 27 brumaire an III (17 novembre 1794) supprime l'obligation scolaire. La loi exige seulement qu'il y ait une école par groupements de 1 000 personnes, ce qui rend l'accès à l'école difficile pour les enfants des milieux ruraux où la population est dispersée dans des villages de petite taille ou des hameaux. Les écoles sont non-mixtes ce qui aggravent encore plus la situation.

Les enseignants sont sélectionnés par un jury, ce qui doit permettre de recaler ceux qui auraient manifesté des opinions trop révolutionnaires pendant la période précédente. Les enseignants, moins nombreux sont mieux rémunérés ; un instituteur bénéficie d'un traitement de 1 200 livres, mais une institutrice de seulement 1 000 livres.

Cependant loi du 3 brumaire an IV (24/10/95) supprime le traitement des instituteurs. Ils ne conservent que la gratuité du logement fournis par la municipalité mais doivent désormais être payés par les parents d'élèves.

Bien entendu les écoles libres continuent de fonctionner et se développent.

Pendant le Directoire la bourgeoisie qui a réorganisé le pouvoir politique et administratif à son profit à partir de 1795, change peu les conditions de la scolarisation primaire. Par contre on assiste à un grand développement des écoles libres ; ainsi dans le département de la Seine en l'an VI : il y a plus de 2000 écoles libres contre 53 écoles publiques en l'an VI. Les autorités nationales s'inquiètent de la reprise en main de l'enseignement élémentaire par des religieux et religieuses catholiques. Aussi ils tentent de surveiller les écoles libres. Un arrêté du 27 brumaire an VI exige que tout candidat à un poste administratif ait été (ou ses enfants) un élèves d'une école publique. Un arrêté du 17 pluviôse an VI (5 février 1798), demandent aux autorités municipales de faire des inspections impromptues dans les établissements scolaires privés. Elles doivent vérifier si les fêtes républicaines ou décadaires sont observées, si les élèves et le personnel emploient le titre de "citoyen"... En cas de non respect de ces obligations les autorités peuvent fermer les établissements en faute. Ces mesures permettent de limiter l'expansion de l'enseignement privé, bien que celui-ci bénéficie du soutien de nombreux familles.

Source[modifier | modifier le wikicode]

  • Les institutions de la France sous la Révolution et l'Empire. Jacques Godechot. PUF.
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