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Bataille de l'Yser

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fantassins alleamnds à l'offensive dans un paysage semi-aquatique
Attaque allemande dans la région de l'Yser en octobre 1914. Dessin de 1918.

La bataille de l'Yser est une bataille de la Première Guerre mondiale. Elle s'est déroulée du 18 au 27 octobre 1914, autour de L'Yser, un petit fleuve côtier belge. Les Belges, renforcés par des troupes françaises, y ont arrêté la IVe armée allemande pendant le mouvement de débordement par l'ouest appelé la course à la mer. Le succès est dû, outre la résistance des Belges et des fusiliers marins français, à l'inondation volontaire de la basse vallée de l'Yser opérée par l'armée belge. Le front a été ainsi stabilisé pendant près de quatre ans dans ce secteur.

Le repli de l'armée belge en 1914[modifier | modifier le wikicode]

Le 4 août 1914, les Allemands envahissent la Belgique qui était neutre depuis 1831. L'armée belge commandée par le roi Albert Ier résiste grâce aux camps fortifiés de Namur et de Liège. Cependant, le 20 août, les Belges abandonnent Liège et se replient vers l'ouest sur le formidable camp fortifié d'Anvers, tout en empêchant le débordement par l'ouest des Anglo-français par l'armée allemande.

Après la bataille de la Marne au début de septembre 1914, l'armée française et l'armée allemande s'enterrent dans des tranchées en Champagne et en Picardie. Cependant, à l'ouest, l'espace est libre pour un débordement. Les Allemands entreprennent un mouvement en direction des ports de la Manche, afin de priver les Britanniques de ports de débarquement, voire d'embarquement. Les Français et les Britanniques en font de même pour interdire le débordement. C'est la course à la mer.

Début octobre, ayant attendu en vain les renforts britanniques prévus, l'armée belge, menacée d'encerclement, abandonne Anvers et se replie vers le sud-ouest.

L'arrêt de la retraite[modifier | modifier le wikicode]

Les Belges se replient d'abord derrière le canal de Gand à Terneuzen. Le 10 octobre, à Ostende, une conférence est organisée entre les chefs militaires alliés. Il y est décidé de se replier derrière l'Yser, afin de former un front continu s'étendant jusqu'à la mer du Nord. Il s'agit aussi de sauver de l'invasion allemande un morceau de la Belgique, territoire où pourra siéger le gouvernement belge.

Des unités britanniques et françaises arrivées en Belgique aideront à couvrir le repli. Entre les 12 et 15 octobre, l'armée belge s'installe sur l'Yser, entre la mer et Boezinge (6 km au nord d'Ypres). Les Britanniques s'installent dans le secteur d'Ypres et les 6 000 fusiliers marins français de l'amiral Ronarc'h se positionnent à Dixmude.

Après plus de deux mois de combats, l'armée belge est réduite à 90 000 hommes dont 63 000 fantassins et 5 000 cavaliers, plus l'artillerie et les services. En face, il y a 140 000 hommes commandés par le duc Albert de Wurtemberg, prince héritier de Wurtemberg. Ce sont des troupes de réserve en grande partie composées de jeunes recrues inexpérimentées, avec beaucoup d'étudiants souvent accompagnés de leurs professeurs. Mais les Allemands sont soutenus par une puissante artillerie.

Le terrain des combats[modifier | modifier le wikicode]

L'Yser n'est pas un obstacle important : en effet, le fleuve n'a que 15 mètres de large environ et n'est pas encaissé. Cependant la région est sillonnée par de nombreux canaux qui permettent le drainage des terrains qui sont pour la plupart au-dessous du niveau de la mer. Le déplacement des troupes est tributaire des nombreux ponts et en est ralenti. L'eau est présente à très peu de profondeur. Il est hors de question de creuser des tranchées. Les défenses seront en fait assurées par des remblais faits d'un empilement de sacs de terre placés au dessus du sol.

Seule la voie ferrée qui relie Dixmude à Nieuport est en hauteur. En fait, elle est au sommet d'un remblai à moins de deux mètres au dessus du sol. Ce remblai est percé par de nombreux tunnels qui assurent les communications de part et d'autre. C'est derrière cette modeste muraille et le cours de l'Yser que les soldats alliés prennent position.

Un système d'écluses très ancien permet d'évacuer l'eau. Mais si cela s'avère nécessaire, il permet de faire entrer l'eau de la mer du Nord en profitant des marées hautes. L'inondation est alors garantie sur un à deux mètres de hauteur : les mouvements des soldats sont de ce fait paralysés.

La bataille de l'Yser[modifier | modifier le wikicode]

carte de la région des combats
Le terrain des combats de l'Yser

18 octobre[modifier | modifier le wikicode]

Dès le matin, les troupes de couverture installées à l'est de l'Yser sont attaquées par les Allemands et doivent se replier à l'ouest du fleuve.

Puis l'ennemi déclenche une attaque générale sur tout le front de l'Yser. L'après-midi, tous les avant-postes (situés à l'est de l'Yser) tombent à l'exception de Lombardsijde, qui reçoit l'appui de l'artillerie des navires de guerre britanniques

Le pont de l'Union est défendu avec acharnement par le 7e régiment d'infanterie belge.

Plus au sud, après une préparation d'artillerie, deux bataillons belges partis de Dixmude reprennent Keiem.

À l'extrême sud, sur l'Yperlée, les 87 et 89e divisions territoriales françaises prennent position en remplacement des Belges.

19 octobre[modifier | modifier le wikicode]

Les Allemands reprennent l'attaque avec violence.

Au nord, ils sont contenus devant Lombardsijde par les divisions belges d'infanterie et les fusiliers marins français. Au centre, à Keiem, le village subit quatre attaques successives et tombe aux mains des Allemands pour la deuxième fois.

Au sud, à partir de Dixmude, une contre-attaque sur le flanc gauche de l'ennemi avec des unités de la 5 DI et les fusiliers marins prend Vladslo et Beerst. Mais plus au sud, les Allemands bousculent la cavalerie. La 3e division belge et les fusiliers-marins en danger doivent se replier à l'ouest de l'Yser dès le début de la nuit.

20 octobre[modifier | modifier le wikicode]

Au nord, malgré l'appui des tirs de l'artillerie des navires britanniques, le village de Lombarsijde et la ferme Groote Bamburg sont perdus ; les efforts de reconquête par la 2 DA échoueront. Le soir, une tête de pont se maintient à Nieuport pour protéger les écluses. Au pont de l'Union, le 7e régiment de ligne défend la position.

Au centre, la 1ère division tient une petite tête de pont à Schoorbakke, mais doit l'abandonner et faire sauter le pont de Schoobakke. Mais elle parvient, avec la 4e division, à organiser une position de défense entre le pont de Schoorbakke et celui de Tervaete.

La 3e division, jusque-là en réserve, est mise en ligne.

À Dixmude, la bataille fait rage.

21 octobre[modifier | modifier le wikicode]

Premières décisions d'inondation de la région.

À Nieuport, pour protéger la tête de pont de Palingbrug qui couvre les écluses, on commence l'inondation de la crique de Nieuwendamme. L'ouverture des vannes du vieil Yser permet ainsi à la marée haute de se répandre au nord-est de l'Yser canalisé. Quelques hommes ferment le siphon reliant le vieil Yser au Noordvaart, afin d'empêcher l'eau de pénétrer de l'autre côté de l'Yser canalisé, où se trouve l'infanterie belge.

Au centre, la situation devient critique, car, pendant la nuit du 21 au 22, les Allemands parviennent à franchir l'Yser entre les ponts de Schoorbakke et Tervaete.

Et, à Dixmude, les troupes belges sont soumises à un bombardement ininterrompu.

Au nord, les premiers éléments de la 42e Division française reprennent Lombaertzyde, franchissent l'Yser et marchent sur Slype et Ostende. Les troupes de la division du général Mitry reprennent Bixschoote et se dirigent sur Merkem et Roulers.

22 octobre[modifier | modifier le wikicode]

Au nord, la crique de Nieuwendamme est enfin sous l'eau.

Au centre, les Allemands qui ont franchi l'Yser à la soudure des 1re et 4e DA belges, occupent la boucle de Tervaete. Une contre-attaque menée avec quatre bataillons de la 6e DA (réserve) ne parvient pas à les rejeter. Le général d'Urbal, commandant les Français, en raison des ordres reçus (préparer une attaque pour le 23 octobre), ne peut intervenir avec sa 42e division.

À Dixmude, tous les assauts allemands sont repoussés.

23 octobre[modifier | modifier le wikicode]

L'opération offensive française qui était prévue est suspendue : ils ne peuvent sortir de Nieuport, ni de Dixmude.

À Saint-Georges, le 7e régiment de ligne très éprouvé est relevé par le 14e régiment de ligne et un bataillon du 4e Chasseurs. Il a résisté 7 jours et 7 nuits, a perdu 18 officiers, 600 soldats et a de nombreux blessés.

Au centre, les défenseurs de Schoorbakke reculent et Tervaete tombe.

Au sud, la 17e DI avec la cavalerie de Mitry s'empare de Bischoote et de Paschendaele.

24 octobre[modifier | modifier le wikicode]

À 16 heures, le 14e régiment de ligne, soumis à de violents tirs d'artillerie, doit se replier derrière le Noordvaart et les Allemands occupent Saint-Georges. La 42e division abandonne Lombaertzyde et se rabat sur Ramscapelle pour défendre la chaussée du chemin de fer de Nieuport à Dixmude.

À partir de Schoorbakke, les Allemands marchent vers Saint-Georges malgré les bombardements de l'artillerie française.

À Dixmude, quinze assauts allemands sont repoussés.

25 octobre[modifier | modifier le wikicode]

À l'exception du secteur de Dixmude, la journée est plus calme. Mais le roi Albert, après consultations d'experts, prend la décision de recourir à une inondation générale entre l'Yser et le talus du chemin de fer, à condition d'obturer tous les passages existant sous ce dernier. Les travaux commencent immédiatement.

26 octobre[modifier | modifier le wikicode]

La situation est désespérée : l'artillerie belge n'a presque plus de munitions.

À Nieuport, les Français abandonnent la tête de pont de Palingbrug. Dans la nuit, on détruit volontairement le pont sur le canal de Furnes.

Au centre, sous pression de l'ennemi, les Belges doivent se replier derrière le remblai du chemin de fer. L'ordre est donné de défendre cette ultime position à tout prix.

Au sud, la tête de pont de Dixmude tient toujours.

Le soir, l'ordre est donné de procéder à l'inondation par l’écluse de l’ancien canal de Furnes. Par cet accès à l’ancien canal de Furnes, l'eau de mer peut entrer à l'est du remblai du chemin de fer, grâce au siphon sous le canal de Furnes (ou canal de Dunkerque). La digue que l'on vient de construire entre le canal de Furnes et la ligne du chemin de fer empêche l’eau d’envahir le terrain à l’ouest du chemin de fer, où sont installées les troupes alliées. Le soir, à l'arrivée de la marée haute, les portes de l'écluse sont ouvertes, mais les vantaux, mal fixés, se rabattent brusquement sous la pression de l'eau montante et coupent l'afflux d'eau.

27 octobre[modifier | modifier le wikicode]

Dans la nuit du 27 au 28 octobre, les portes de l’écluse de l’ancien canal de Furnes sont de nouveau ouvertes. L'inondation reprend.

29 octobre[modifier | modifier le wikicode]

L’ordre est donné de réaliser l’inondation par la voie du Noordvaart, ce qui est fait pendant la nuit. La plaine de l’Yser est sous l'eau.

30 octobre[modifier | modifier le wikicode]

À Ramscapelle, les Allemands sont repoussés par une contre-offensive des Français.

1 novembre[modifier | modifier le wikicode]

La région inondée entre l'Yser et le talus du chemin de fer a une largeur de deux à trois kilomètres et une profondeur d'eau d'un à deux mètres. Pour éviter la noyade, les troupes allemandes doivent reculer. L'inondation crée ainsi un « no man's land » qui restera infranchissable pendant quatre ans.

Source[modifier | modifier le wikicode]

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