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Marie Curie

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Marie Curie l'année de son second prix Nobel (1911)

Maria Skłodowska (1867-1934), connue en France sous le nom de Marie Curie, est une physicienne et chimiste polonaise naturalisée française, célèbre pour ses travaux sur la radioactivité naturelle.

Elle a reçu deux fois le prix Nobel dans deux catégories scientifiques, ce qui est unique :

Biographie[modifier]

Marie Curie est née à Varsovie, en Pologne, où elle fait ses études secondaires. À cette époque, Varsovie est annexée par la Russie, et l’accès à l’université est difficile pour les Polonais, et interdit aux femmes. Elle participe pendant deux ans à «l'université volante» : des réunions clandestines d'universitaires et d'étudiants dans un but de partage du savoir.

Marie part ensuite en novembre 1891 pour Paris ou elle y retrouve sa soeur, et entre à la Sorbonne où elle fait de brillantes études en sciences physiques et en mathématiques.

Au printemps 1894, elle rencontre Pierre Curie, qu’elle épouse à Sceaux, le 26 juillet 1895. Le 12 septembre 1897, elle donne naissance à leur première fille, Irène.

Le polonium et le radium[modifier]

En décembre 1897, elle commence ses travaux sur l’étude des rayonnements produits par l’uranium, découverts par Henri Becquerel. En utilisant des techniques mises au point par son mari, elle analyse les rayonnements d’un minerai riche en uranium, la pechblende.

À partir de 1898, Pierre participe aux travaux de son épouse sur la radioactivité. Ils travaillent dans un local prêté par l’École de physique et de chimie à Paris. Les différents traitements chimiques sont réalisés dans un hangar, qui se trouve à côté de l’atelier, séparé uniquement par une cour.

Le chimiste allemand Wilhelm Ostwald, visitant le lieu de travail de Pierre et Marie Curie, déclara : « Ce laboratoire tenait à la fois de l’étable et du hangar à pommes de terre. Si je n’y avais pas vu des appareils de chimie, j’aurais cru que l’on se moquait de moi. ».

Dans ce laboratoire de fortune où ils étudient la pechblende, ils découvrent deux nouveaux éléments. Le 18 juillet 1898, Marie Curie annonce la découverte du polonium, nommé ainsi en référence à son pays d’origine. Le 26 décembre, avec Gustave Bémont, elle annonce la découverte du radium ; il aura fallu traiter plusieurs tonnes de pechblende pour obtenir moins d’un gramme de cet élément.

Prix Nobel[modifier]

Le 10 décembre 1903, Marie Curie reçoit avec son mari et Henri Becquerel, le prix Nobel de physique « en reconnaissance de leurs services rendus, par leur recherche commune sur le phénomène des radiations découvert par le professeur Henri Becquerel ». Elle est la première femme à recevoir le prix Nobel. Cette même année, elle est la première femme lauréate de la Médaille Davy.

L’année suivante, le 6 décembre, elle donne naissance à leur deuxième fille, Ève.

Le 19 avril 1906, Pierre meurt, renversé accidentellement par une voiture à cheval. En novembre, elle le remplace à son poste de professeur à la Sorbonne. Elle devient ainsi la première femme à enseigner dans cette université.

À cette époque, elle organise avec d’autres scientifiques une école, la « coopérative », pour leurs enfants respectifs, qui ont entre 6 et 13 ans. Irène Joliot-Curie qui a alors 10 ans y suivra ses premiers cours de physique, qui accordent une part importante à l'expérimentation.

Le 10 décembre 1911, Marie Curie reçoit son second prix Nobel, « en reconnaissance des services pour l’avancement de la chimie par la découverte de nouveaux éléments : le radium et le polonium, par l’étude de leur nature et de leurs composés ». Elle est la première personne (et la seule femme à ce jour) à obtenir deux prix Nobel pour ses travaux scientifiques.

Marie Curie au Congrès de Soltay, en 1911 à côté de Henri Poincaré. Albert Einstein est debout, le deuxième en partant de la droite.

La presse française n’admire cependant pas les travaux scientifiques de Marie Curie, mais préfère critiquer sa vie privée et surtout sa liaison amoureuse avec le physicien Paul Langevin, qui est marié et a, comme elle, des enfants. Elle est traitée d’étrangère brisant une famille française, et on tente même de l’empêcher de recevoir son prix. Ces campagnes de presse contre elle ne cesseront qu’à la Première Guerre mondiale, quand on la verra travailler sur les champs de bataille pour radiographier les blessés.

Elle participe à des congrès avec de nombreux physiciens qui vont changer notre façon de percevoir le monde, comme Max Planck, Albert Einstein ou encore Ernest Rutherford.

À partir de 1914, elle travaille à l’Institut du radium, dédié à la recherche médicale contre le cancer et à son traitement par radiothérapie. L’Institut réunit deux laboratoires aux compétences complémentaires : le laboratoire de physique et de chimie, dirigé par Marie Curie, et le laboratoire Pasteur, axé sur la radiothérapie.

Les petites Curie[modifier]

Durant la Première Guerre mondiale, Marie Curie est mobilisée, tout comme le reste du personnel de l’Institut du radium. Avec Antoine Béclère, directeur du service radiologique des armées, elle participe à la conception d’unités chirurgicales mobiles. Elle crée également dix-huit voitures de radiologie, surnommées les « petites Curie », qui sont envoyées sur le front. À l’Institut du radium, elle forme des aide-radiologistes.

En 1916, elle obtient son certificat pour conduire ces véhicules, et part régulièrement sur le front réaliser des radiographies. Sa fille Irène, âgée de seulement dix-huit ans, fait de même dans plusieurs hôpitaux de campagne durant toute la guerre.

L’institut du radium[modifier]

En 1918, à la fin de la guerre, elle peut enfin occuper son poste à l’Institut du radium. Sa fille Irène devient son assistante.

En 1921, elle participe à un voyage de collecte de fonds organisé par les Femmes américaines aux États-Unis. Le gain de 100 000 dollars permet d'acheter un gramme de radium à l’usine du radium de Pittsburgh. En 1929, toujours grâce aux Femmes américaines, elle reçoit un nouveau gramme de radium, qu’elle donne à l’Université de Varsovie.

Suite à une trop grande exposition à des éléments radioactifs, elle est atteinte d’une leucémie, dont elle meurt en 1934. Malgré sa faiblesse, elle continue d’assurer la direction de la section de physique et chimie de l’Institut du radium jusqu’à son décès.

Quelques semaines avant sa mort, sa fille Irène et son gendre Frédéric Joliot découvrent la radioactivité artificielle.

Hommages[modifier]

Le 20 avril 1995, ses cendres et celles de son mari sont transférées au Panthéon de Paris. Elle est à ce jour la seule femme honorée au Panthéon pour son travail. L'institut du radium a pris le nom d'institut Curie, un musée Curie y a été édifié dans les locaux mêmes où la savante travailla jusqu'à sa mort.

Sa seconde fille, Ève Curie (la seule de la famille qui ne soit pas une scientifique !) racontera la vie de sa mère dans un livre : Madame Curie.

Pour fêter le 100e anniversaire de son prix Nobel de chimie, l'année 2011 a été proclamée "année Marie Curie".

Voir aussi[modifier]

Lien externe[modifier]

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