Politique extérieure de l'Italie fasciste

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La politique extérieure de l'Italie fasciste, guidée par le souvenir de la puissance de l'Empire romain, tente de redonner au pays une place importante en Europe et dans le monde. D'abord modérée, la politique extérieure devient agressive à partir de 1936 et entraine l'Italie dans la Seconde Guerre mondiale. Le régime fasciste sera fortement ébranlé par les défaites de l'armée italienne.

De 1922 à 1936, la modération[modifier | modifier le wikicode]

Timbre de la Ville de Fiume. Ville conquise par les nationalistes italiens en 1920 et ratachée à l'Italie en 1924

De 1925 à 1936, Mussolini dirige personnellement la politique extérieure de l'Italie. Par la suite c'est lui qui prendra les décisions essentielles (en particulier l'alliance avec l'Allemagne nazie).

Dès la prise du pouvoir en 1922, pour rassurer la France et le Royaume-Uni, Mussolini met de côté les revendications territoriales qui étaient une des priorités des premiers fascistes. Il se pose en défenseur de l'ordre international mis en place par les traités de paix de 1919-1920. Il s'accorde avec la toute récente Yougoslavie pour garder Fiume, qui avait été conquise par des nationalistes italiens. En 1925, il adhère au pacte de Locarno et avec le Royaume-Uni, l'Italie garantit les frontières françaises et belges face à l'Allemagne. À partir de 1926, afin d'isoler la Yougoslavie il se rapproche de l'Albanie, de la Bulgarie et de la Roumanie, pays qui ont des problèmes de minorités ethniques avec la Yougoslavie. En 1928, l'Italie adhère au pacte Briand-Kellog qui met « la guerre hors la loi ».

La montée en puissance de l'Allemagne après la prise du pouvoir par Hitler en janvier 1933, inquiète Mussolini. Les idées hitlériennes d'annexion de l'Autriche feraient de l'Allemagne le voisin immédiat de l'Italie ! Alors Mussolini se rapproche de la France et du Royaume-Uni. Il signe en juin 1933, le Pacte à quatre, auquel adhère l'Allemagne nazie encore balbutiante, pacte qui prévoit que les révisions territoriales en Europe ne pourront se faire que par l'accord des signataires. En juillet 1934, après l'assassinat du chancelier autrichien Dollfuss par les nazis autrichiens, Mussolini masse des troupes italiennes sur la frontière avec l'Autriche. En juillet 1935, à Stresa avec la France et le Royaume-Uni il réaffirme le maintien des frontières européennes.

La guerre d'Éthiopie[modifier | modifier le wikicode]

En 1936, la guerre d'Éthiopie va changer la politique extérieure de l'Italie. Mussolini veut agrandir l'empire colonial italien. Celui-ci n'est qu' « une collection de déserts » (Libye, Somalie, Érythrée, Dodécanèse). En jouant sur le souvenir de l'action civilisatrice de Rome, il pense pouvoir installer des Italiens pauvres dans les pays conquis. La gloire militaire acquise dans la guerre de conquête, doit souder les Italiens autour du régime fasciste et détourner l'attention des difficultés socio-économiques dues aux effets de la crise économique.

Il a obtenu le soutien (secret) du gouvernement français de Pierre Laval et la bienveillance britannique. À partir de ses colonies de l'Afrique de l'Est, l'Italie provoque de multiples incidents de frontières avec l'Éthiopie, puis déclare la guerre le 3 octobre 1935. Rapidement l'agression italienne est condamnée par la Société des Nations (SDN) qui décide des sanctions économiques contre l'Italie. Ces sanctions auront un effet limité puisque de nombreux pays (États-Unis, Allemagne, Japon), renforcent alors leur commerce avec l'Italie. La guerre est très difficile et très violente car les Éthiopiens résistent. Cependant, en mai 1936, les Italiens sont victorieux et le roi d'Italie Victor-Emmanuel III est proclamé empereur d'Éthiopie le 9 mai.

Mussolini a été très irrité de la condamnation de l'Italie par la SDN. Il considère que la « bonne volonté » de la France et du Royaume-Uni dans l'affaire éthiopienne sont des signes de faiblesse face à une politique qui recourt à la force (la faible réaction de ces deux pays au réarmement allemand, en 1935, en était déjà une manifestation). Persuadé que ses initiatives seront toujours couronnées de succès, Mussolini renverse les alliances de l'Italie et se rapproche de l'Allemagne nazie.

La collaboration avec l'Allemagne nazie[modifier | modifier le wikicode]

Mussolini et Hitler à Munich en 1938

À partir de 1936, l'Italie fasciste devient l'alliée de l'Allemagne nazie. Mussolini, pionnier du fascisme en Europe et jusque-là l'égal d'Hitler va progressivement devenir le second et se laisser entrainer dans la dangereuse politique expansionniste de l'Allemagne nazie. En mars 1936, Mussolini, tout comme Hitler intervient dans la guerre civile espagnole (1936-1939). L'Italie envoie jusqu'à 70 000 hommes pour soutenir les rebelles nationalistes commandés par le général Franco. En octobre 1936, Mussolini et Hitler forment l'Axe Rome-Berlin, puis le 6 novembre les deux pays rejoints par le Japon signent le Pacte antikomintern dirigé contre l'URSS. Le 7 décembre l'Italie quitte la SDN (ce que l'Allemagne nazie avait fait dès octobre 1934). Mussolini n'intervient pas lorsqu'en 1938 Hitler envahit et annexe l'Autriche (Anschluss), en compensation il obtient le Haut-Adige autrichien ce qui contraint 70 000 germanophones à quitter le pays.

En septembre 1938, Mussolini est un des signataires des accords de Munich qui décident du démembrement de la Tchécoslovaquie au profit de l'Allemagne. En mars 1939, l'Italie et l'Allemagne signent le Pacte d'acier qui prévoit l'entrée en guerre d'un des deux pays si l'autre entre en conflit. En avril 1939, l'Italie en vue d'une action postérieure sur la Grèce, attaque le royaume d'Albanie dont le roi d'Italie Victor-Emmanuel III devient le souverain début mai.

L'Italie dans la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le wikicode]

Conscient que l'armée italienne n'était pas prête à faire une guerre prolongée, Mussolini n'intervient pas militairement lorsque le 3 septembre 1939, éclate la Seconde Guerre mondiale. Mais l'offensive allemande foudroyante et victorieuse contre les franco-britanniques en mai-juin 1940, le pousse à déclarer la guerre. Il espère ainsi participer au traité de paix et d'y obtenir des avantages. L'Italie y gagnera la zone d'occupation de Nice.

Voulant imiter les succès allemands, en septembre 1940, l'Italie attaque l'Égypte anglaise à partir de la Libye italienne. C'est un échec désastreux et en février 1941, elle doit faire appel à l'aide militaire allemande. Fin octobre 1940, l'Italie attaque la Grèce, mais la résistance du pays l'oblige à arrêter ses troupes. En avril 1941, l'Italie attaque la Yougoslavie, mais là aussi la résistance yougoslave contraint les Allemands à intervenir, à occuper le pays et à faire la guerre aux résistants. Pour compenser les troupes allemandes immobilisées en Yougoslavie et participer à la « croisade » anticommuniste, Mussolini envoie un corps expéditionnaire en URSS pour aider les Allemands lorsqu'ils attaquent l'URSS en juin 1941.

L'entrée en guerre de l'Italie fut désastreuse pour le pays. les restrictions économiques aggravent la situation déjà fragile de la population. Surtout les défaites succèdent aux défaites et minent le prestige du régime fasciste. En mai 1943, en Afrique du nord, les Italiens et leurs alliés allemands de l'Afrika-Korps sont battus par les Alliés anglo-franco-américains. Au même moment 250 000 soldats italiens d'Éthiopie sont faits prisonniers par les britanniques. En URSS, en janvier 1943, l'armée italienne combattant dans le secteur du Don perd plus de 110 000 hommes (la moitié de ses effectifs). Ces défaites accumulées auxquelles s'ajoute le débarquement anglo-américain en Sicile (juillet 1943) poussent le roi et certains chefs fascistes à faire arrêter Mussolini (26 juillet 1943). L'Italie demande l'armistice le 8 septembre 1943, puis change de camp et combat aux côtés des Alliés.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Sources[modifier | modifier le wikicode]

  • Paul Guichonnet, Mussolini et le fascisme, PUF, collection Que-Sais-Je ?
  • Michel Mourre, Dictionnaire encyclopédique d'histoire, Bordas

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