Asticothérapie

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Une mouche Lucilie adulte
Larves de mouche verte Lucilie traitant une plaie

L'asticothérapie, également appelée larvothérapie ou luciliathérapie, est l'utilisation médicale des larves de mouches (asticots) pour guérir et désinfecter les plaies.

Historique[modifier | modifier le wikicode]

Les asticots ont été utilisés en médecine depuis l'Antiquité.

En 1557, lors de la bataille de Saint-Quentin, le chirurgien Ambroise Paré remarque que les plaies des soldats blessés qui ont été infectées par des asticots guérissent plus rapidement. Il pense que les asticots contiennent des substances qui facilitent la cicatrisation et imagine un médicament à base d'asticots bouillis.

À la fin du XVIIIe siècle, lors de la Campagne d'Égypte, Dominique-Jean Larrey, médecin-chef de l'armée de Bonaparte, remarque également l'effet des asticots sur la guérison des plaies.

Durant la Première Guerre mondiale, les soldats blessés ne pouvaient parfois pas être évacués immédiatement. Dans les tranchées, leurs plaies s'infectaient ; les médecins remarquèrent que les plaies qui avaient été infectées par des asticots guérissaient plus vite et cicatrisaient mieux.

Des recherches sont alors menées pour comprendre comment les asticots peuvent aider à soigner les plaies. Après la Seconde Guerre mondiale, l'asticothérapie est abandonnée au profit des antibiotiques. Aujourd'hui, on commence à découvrir les limites des antibiotiques, et les médecins commencent à utiliser de nouveau l'asticothérapie.

Principe[modifier | modifier le wikicode]

Les asticots utilisés en asticothérapie sont ceux de la mouche verte commune (nom scientifique : Lucilia sericata). Les mouches vertes pondent habituellement leurs œufs sur les plaies des animaux et les charognes, car leurs larves se nourrissent de viande en décomposition : les asticots de la mouche verte commune ont la particularité de ne manger que la chair morte, sans toucher à la chair vivante.

Les médecins utilisent des asticots stériles, c'est-à-dire qui ne portent pas de micro-organismes, et ne peuvent donc pas transmettre de maladies.

Le médecin dépose des asticots sur une plaie infectée. Quand une plaie s'infecte, une partie de la chair autour de la blessure meurt : on dit qu'elle se nécrose. Les asticots vont se mettre à manger la chair nécrosée, mais sans abîmer la chair vivante autour : ils vont donc nettoyer la plaie.

Les asticots sont minuscules : ils nettoient la plaie beaucoup plus précisément que ne le ferait un chirurgien avec ses instruments. En plus, l'asticot sécrète des sucs digestifs qui l'aident à digérer les chairs nécrosées, et qui ont pour effet de tuer un grand nombre de bactéries, comme les staphylocoques, ce qui évite que la plaie ne se réinfecte et qu'il y ait d'autres maladies.

Quand la plaie est bien nettoyée, le médecin peut retirer les asticots, et la plaie va ensuite cicatriser toute seule, beaucoup plus rapidement que si elle n'avait pas été nettoyée.

Bien sûr, la vue des asticots peut faire un peu peur : c'est pour cela que l'on met en général un pansement pour cacher la plaie et les asticots. Le pansement est fait de gaze, un tissu percé de trous, afin que les asticots puissent respirer.

Limites et inconvénients[modifier | modifier le wikicode]

Le premier inconvénient de cette méthode vient du dégoût provoqué par les asticots. Comme les asticots vivent sur les charognes, on a l'habitude de penser qu'il y a un rapport entre les asticots et la mort ou les maladies : cela nous fait peur.

La plupart des malades n'ont pas envie de voir des asticots sur leurs plaies, mais également les personnels (infirmiers, aide soignants...) sont également dégoûtés, et n'ont pas envie de toucher aux asticots.

De plus, les asticots provoquent des démangeaisons (ça gratte) quand ils se nourrissent, ce qui ne fait pas vraiment mal, mais peut être désagréable.

Enfin, on ne sait pas encore exactement comment les asticots désinfectent la plaie et tuent les bactéries : il est possible qu'ils produisent des sortes d'antibiotiques : dans ce cas, il faudrait surveiller leur utilisation, comme pour les antibiotiques.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Vikiliens pour compléter[modifier | modifier le wikicode]

Article mis en lumière la semaine du 9 septembre 2013.
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