Campagne d'Égypte

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Le Général Bonaparte et son état-major en Égypte, par Jean-Léon Gérôme, 1867.

La campagne d’Égypte (ou expédition d'Égypte) est une expédition militaire menée en Égypte par le général Napoléon Bonaparte de 1798-1799, mais elle continue après son départ jusqu'en 1801 et se termine par un désastre humain.

Cette campagne militaire était accompagnée d'une expédition scientifique, à laquelle participèrent de nombreux savants français : historiens, botanistes, dessinateurs. Les résultats scientifiques recueillis ont donné lieu à la publication de la Description de l'Égypte.

Pourquoi les Français sont-ils allés en Égypte ?[modifier | modifier le wikicode]

Napoléon Bonaparte en 1797. Tableau de Jacques-Louis David

En 1798, le Royaume-Uni est le seul pays européen qui reste en guerre contre la France révolutionnaire. Pour contraindre les Britanniques à négocier la paix, le gouvernement du Directoire décrète l'interdiction d'entrée pour les marchandises britanniques (c'est la préfiguration du Blocus continental qui sera mis en place par Napoléon en 1806).

De plus les Français envisagent un débarquement en Angleterre. Pour cela on rassemble une armée formidable sur les côtes de la Manche. Le commandement en est confié au général Bonaparte qui vient de rentrer à Paris après la victorieuse campagne d'Italie. Après inspection du dispositif prévu Bonaparte se rend compte que l'idée est mauvaise. Les Français se contenteront alors de soutenir les Irlandais révoltés contre le gouvernement de Londres. Une tentative de débarquement français en Irlande, confiée au général Humbert, échouera en septembre 1798 (alors même que la révolte irlandaise est écrasée).

Talleyrand, ministre français des Relations Extérieures, propose alors d'attaquer l'Égypte, afin de menacer l'Inde où les Britanniques se sont installés après en avoir chassé les Français en 1763. L'occupation britannique est à cette époque violemment contestée par la révolte des Indiens dirigés par Tippo-Sahib. L'idée est de pouvoir aller le soutenir à partir de l'Égypte.

L'Égypte est alors une possession de l'empire ottoman, avec lequel la France est en paix. Le gouvernement de fait y est assuré par les mamelouks.

Bonaparte qui « tourne en rond », puisque l'Europe est en paix, est séduit par l'idée. Il pense y augmenter sa gloire et pourquoi pas conquérir un territoire pour son compte personnel. Le gouvernement français est d'ailleurs satisfait d'éloigner un général à qui il est redevable de l'argent rapporté par les pillages en Italie, un général ambitieux qui pourrait s'avérer dangereux pour la République.

L'expédition maritime[modifier | modifier le wikicode]

Le corps expéditionnaire français rassemble plus de 400 navires, transportant 40 000 hommes et 10 000 marins. Les navires sont réunis dans les ports de Toulon, Gènes et Civitta-Vecchia, ces deux dernières villes étant sous contrôle de l'armée française. Le rassemblement d'une telle armada ne passe pas inaperçu. Mais la flotte britannique de l'amiral Nelson qui est supérieure en nombre aux navires d'escorte français, ne navigue pas dans les parages. Nelson, qui croit à une invasion de l'Angleterre, pense pouvoir intercepter les navires français beaucoup plus à l'ouest au large de Gibraltar, passage étroit où les navires français devront se regrouper. La flotte française échappe donc à la marine anglaise.

Bonaparte quitte Toulon le 19 mai 1798. Le 11 juin 1798 la flotte s'empare tout d'abord de l'île Malte, défendue par les chevaliers de l'Ordre de Malte. Cela permet d'avoir un point de contrôle des passages des navires entre la mer Méditerranée occidentale et la mer Méditerranée orientale.

L'armée française débarque en Égypte à Alexandrie le 1er juillet 1798. La ville est conquise en quelques heures.

La conquête de l'Égypte[modifier | modifier le wikicode]

La bataille des Pyramides

Bonaparte se lance alors dans la conquête du pays. Le 21 juillet près des pyramides de Gizeh, son armée écrase la cavalerie des mamelouks. Le 23 juillet les Français entrent au Caire, la capitale de l'Égypte. La population, surtout des fellahs (paysans) qui considérait les mamelouks comme étrangers reste indifférente, elle change seulement de dirigeants. Bonaparte charge le général Desaix de conquérir la Haute-Égypte (le ruban de la vallée du Nil). Desaix atteindra Assouan le 9 février 1799.

Mais le 1er août 1798, la flotte française est détruite par la flotte britannique à la bataille d'Aboukir. L' armée française ne peut plus quitter Égypte et revenir en France. La situation se dégrade, Bonaparte doit réprimer violemment les révoltes du Caire en octobre.

Bonaparte visite les soldats pestiférés à Jaffa. Tableau de Antoine-Jean Gros

En septembre la Turquie déclare la guerre à la France. Pour empêcher une invasion de l'Égypte par le nord-Est, Bonaparte entreprend la conquête de la Syrie au printemps 1799. Le 7 mars les Français sont à Jaffa, le 23 mars ils atteignent Saint-Jean-d'Acre qu'ils vont assiéger pendant deux mois. Ses communiqués militaires visent à impressionner les Français, par les noms des villes où passe l'armée (Jérusalem, Nazareth...). Cependant la situation militaire est moins favorable. Bonaparte ne peut prendre la ville de Saint-Jean-d'Acre. La peste frappe l'armée française. Bonaparte doit revenir au Caire.

Le 25 juillet 1799, il rejette à la mer une armée turque qui vient de débarquer à Aboukir.

La perte de l'Égypte[modifier | modifier le wikicode]

La guerre avait repris en Europe depuis mars 1799. Les souverains s'étant coalisés contre la France dont la politique expansionniste couvrait le continent de républiques-sœurs. Les armées françaises étaient en difficultés.

La situation étant sans avenir pour lui en Égypte, Bonaparte abandonne son armée en août 1799, il n'a pas demandé l'autorisation au gouvernement. Il rentre en France (débarquement à Fréjus le 9 octobre). Comme la situation militaire est rétablie par les victoires françaises de septembre, Bonaparte et ses amis préparent le coup d'État du 18 brumaire afin de renverser le gouvernement et d'établir un régime fort. Le commandement de l'armée restée en Égypte est assuré par le général Kléber

Kléber négociera avec les Anglais, une convention d'évacuation en janvier 1800. La convention est rompue. En mars 1800, Kléber bat les Turcs à Héliopolis, il parvient à reprendre le Caire, mais il est assassiné par un musulman le 14 juin 1800.

En 1801, l'Égypte est perdue. Une partie de l'armée est faite prisonnière.

Bonaparte en Égypte[modifier | modifier le wikicode]

Le journal La décade égyptienne annonce la création de l'Institut du Caire.

Tout comme il l'avait en Italie, Bonaparte administre l'Égypte. Il essaie d'associer les notables à l'administration. Mais il rencontre beaucoup d'inertie. Il s'intéresse à l'islam et discute avec les théologiens musulmans. Avec ses soldats, ses officiers, il participe aux fêtes locales.

Bonaparte introduit des nouveautés en Égypte : le moulin à vent, la fonderie de métaux, le service des postes, le journal. Il fait étudier la possibilité d'un creusement d'un canal à travers l'isthme de Suez pour relier la mer Méditerranée à la mer Rouge. Il fonde l'Institut français du Caire qui commence l'étude de la civilisation de l'Égypte antique.

Il adapte même son armée aux conditions locales : les soldats reçoivent des uniformes en coton et il crée un régiment de « dromadaires ».

La Description de l'Égypte[modifier | modifier le wikicode]

Les découvertes des savants ayant pris part à l'expédition ont été publiées de 1809 à 1828 dans une œuvre monumentale : la Description de l'Égypte.


Bonaparte devant le Sphinx, par Jean-Léon Gérôme, 1867.
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