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Abbaye du Mont-Saint-Michel

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L'abbaye du Mont-Saint-Michel

L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située en France, en Normandie, dans le département de la Manche. Elle a été construite au Moyen Âge. Certains la comparent aux Sept merveilles du monde. C'est actuellement un des monuments français les plus visités (trois millions de visiteurs par an).

Qui était saint Michel ?[modifier]

Article à lire Article à lire : Michel (archange)

Michel est un prénom d'origine hébraïque qui veut dire « qui est comme Dieu ». Saint Michel est un ange spécial : c'est un archange (plus qu'un ange). Selon la Bible, saint Michel est celui qui pèse l'âme des morts pour choisir si elles iront en enfer ou au paradis. Il est le chef de l'armée des anges : c'est un « soldat archange », qui a combattu le diable.

Histoire de l'abbaye[modifier]

Des origines au XIIIe siècle[modifier]

La première construction est une église construite sur le « Mont Tombe » en 708. La légende dit que Saint Michel a ordonné la nuit à l'évêque d'Avranches, Aubert, de lui construire une église. L'évèque croit que c'est un rêve. Au bout de la troisième fois, Saint Michel lui perce un trou dans le crâne. Avant, sur ce rocher il y avait, peut-être, des cultes celtes ou gaulois. L'endroit est idéal pour les moines car il est à l'écart de la population.

En 966, le duc de Normandie, Richard Ier renvoie les chanoines installés au VIIIe siècle, et fait appel à douze moines bénédictins de Saint-Wandrille sous les ordres de l'abbé Maynard venu de la ville de Gand. Les constructions commencèrent à partir de là. Les bénédictins construisent une abbatiale (l'église de l'abbaye) et plusieurs bâtiments : un réfectoire (lieu où les moines prennent leurs repas), un dortoir (lieu où ils dorment), une salle de travail, un cloître (lieu de détente et de méditation), une aumônerie (lieu où les pauvres sont reçus et reçoivent l'aumône qui consiste souvent en un léger repas).

En 1204, une armée bretonne met le feu au village du Mont-Saint-Michel. Le feu monte jusqu'à l'abbaye et détruit les constructions du nord. Le roi Philippe Auguste pour racheter la faute de ses partisans, finance la réalisation d'un nouveau et magnifique ensemble, la Merveille. Les six salles qui composent la Merveille sont : le cloître, le scriptorium, le cellier, l'aumônerie, la salle des hôtes et le réfectoire.

Du XIVe siècle à nos jours[modifier]

La guerre de Cent Ans oppose de 1337 à 1453 la France à l'Angleterre. En 1434, le Mont-Saint-Michel se hérisse de remparts et de tours. Quatre cents défenseurs, dont 119 chevaliers, le protègent face à « 20 000 attaquants » anglais. Grâce à ses hautes murailles et à sa construction défensive (mâchicoulis et corbeaux), le Mont-Saint-Michel est imprenable.

Au XVIIe siècle, des moines bénédictins mauristes s'installent et le Mont-Saint-Michel est aménagé pour leur confort.

Au moment de la Révolution française, les moines quittent l'abbaye.

Au XIXe siècle, de 1792 à 1863, le Mont-Saint-Michel devient une prison. Un plancher est installé à mi-hauteur de la nef pour entreposer de la paille, certains murs sont percés pour faciliter la circulation et on installe une grue à treuil dans l'ossuaire.

Au XXe siècle, c'est un lieu de tourisme. Le mont Saint-Michel est le lieu le plus visité en Normandie (plus de trois millions de visiteurs par an).

Les possessions de l'abbaye[modifier]

Les moines ont acquis leurs terres grâce aux ducs de Normandie, notamment Richard Ier. Elles constituent une très vaste seigneurie qui s'étend sur des milliers d'hectares.

Les ducs de Normandie mais aussi les rois de France (comme Philippe Auguste) ont fait des dons (en terre et en argent).

Des paysans travaillaient sur les terres des moines. Ils cultivaient des champs au profit des moines, et bénéficiaient en retour de leur protection. La nourriture ainsi récoltée pouvait aussi servir à nourrir les pauvres qui venaient chercher de l'aide à l'abbaye.

Sur l'ensemble de la seigneurie, l'abbé perçoit des impôts et des taxes nommés cens et champart, versés par les paysans (taxes sur les marchés, les poids et mesures...)

Les dons que les pèlerins faisaient à l'abbaye servaient aussi à la construction de celle-ci.

L'abbé possède six baronnies et cinquante paroisses, cela représente des milliers d'hectares. Les moines sont des seigneurs qui possèdent beaucoup d'argent. Cet argent leur permet aussi de financer les constructions.

La vie des moines[modifier]

Entrée du Mont

Leurs règles[modifier]

Les moines du Mont-Saint-Michel suivent la règle de saint Benoît (aussi appelée la règle bénédictine). Ils doivent se consacrer uniquement à la méditation, à la prière et vivre à l'écart de la population. Les moines étaient une soixantaine au XIIe siècle et au XIIIe siècle ils étaient environ 40 dans le monastère.

La journée d'un moine[modifier]

  • 0 h 30 : Vigile (messe) - 2 h 30 : Ils se recouchent. - 4 h 00 : Mâtines (nouvelle messe et prière) - 4 h 30 : Ils se recouchent encore.
  • 5 h 30 : Lever en même temps que le soleil ; toilette de la barbe et du corps avant 6 h. - 5 h 45 : Messes privées - 6 h 00 : Prime (prière, messe et chant) - 6 h 30 : Lecture d'un chapitre de la règle de saint Benoit - 7 h 30 : Messe. - 8 h 15 : Messe privée - 9 h 00 : Tierce (messe et chant) - 10 h 45 : Travail - 11 h 30 : Sexte (prière, messe et chant).
  • 12 h 00 : Repas - 12 h 45 : Sieste - 14 h 00 : None (messe et chant) - 14 h 30 : Scriptorium (salle de travail) - 16 h 30 : Vêpres (prière, messe et chant)
  • 17 h 30 : Souper - 18 h 00 : Complies (prière, dernière messe et chant) - 18 h 45 : Coucher.

Dans le cloître, les moines réfléchissent à la Bible. Dans le réfectoire, les moines se lavent les mains avant chaque repas et ont l'obligation de manger tout ce qu'il y a dans leurs assiettes. Ils sont également obligés d'arriver à l'heure pour ne pas manquer la prière. Pendant tout le repas, un moine lit des textes religieux et le repas se fait en silence. Les moines communiquent par gestes. Ils n'ont pas le droit de regarder l'assiette de leur voisin, ni de faire du bruit en mangeant. Il leur est aussi interdit de faire des taches sur la nappe.

Quelques moines ont un travail particulier. Le chapelain par exemple est le secrétaire particulier de l'abbé : il occupait le rôle de secrétaire général et était chargé de rédiger et d'expédier les actes au nom de l'abbé. Il est probable qu'il était aussi chargé de s'occuper des archives. Son importance changeait selon les abbés qu'il servait. L'aumônier organisait l'accueil des pauvres, des mendiants et des pèlerins. L'évolution du pèlerinage au Mont-Saint-Michel entre les Xe et XVe siècles laisse deviner l'importance de sa tâche.

Construire au Mont-Saint-Michel[modifier]

Coupe de l’abbaye : la Merveille se trouve à gauche.

La construction de l'abbaye a été difficile car le Mont-Saint-Michel est un rocher et les moines voulaient l'église abbatiale au sommet du rocher. On a donc construit des cryptes sur le flanc du rocher. Ce sont elles qui « tiennent » l'église abbatiale. La Merveille a été construite en 25 ans mais il a fallu 75 ans pour construire le chœur de l'église. Les techniques de construction au Moyen Âge sont assez simples. On construit les murs verticalement. Pour construire les voûtes, on pose un coffrage en bois... En bas du chantier les tâcherons taillent exactement les pierres comme l'architecte le demande... les pierres sont ensuite montées par des roues, des treuils et « collées » les unes aux autres puis on enlève le coffrage en bois... et normalement... tout tient.

L'architecture[modifier]

L'architecture romane : la nef de l'église abbatiale et la crypte Saint Martin[modifier]

La nef et le transept de l'église abbatiale datent de l'époque romane.

L'art roman apparait vers l'an mille. Il se développe en Italie et en Espagne. Trois types de voûtes sont possibles : voûte en plein cintre, voûte en arc brisé, voûte d'arête. Les façades des églises romanes sont décorées pour inviter les hommes à la prière et pour les préparer à entrer dans l'église. Il n'y a pas beaucoup de lumière dans ces églises parce que les fenêtres y sont étroites ; les murs doivent être très épais et très solides pour soutenir les voûtes.

L'église abbatiale est l'église de l'abbaye : c'est là que les moines célèbrent les grandes messes. Cette église a été construite au XIe siècle. Elle se compose de trois niveaux. Les colonnes et les piliers soutiennent un second étage et au-dessus il y a des fenêtres assez larges. La voûte est en bois pour être la plus légère possible.

La crypte Saint Martin est une chapelle destinée à la prière. Elle était utilisée par les moines mais aussi parfois par les pèlerins. La voûte en berceau plein cintre de cette crypte a une portée de neuf mètres.

L'architecture gothique : le chœur, la Merveille et ses six salles[modifier]

Le cloître de l'abbaye

Le nom d'art gothique fut inventé à la Renaissance pour désigner le style artistique existant en Europe du milieu du XIIe siècle jusqu'au XVIe siècle. Le terme rappelle les Goths et exprime le mépris des hommes de la Renaissance pour ce style qu'ils n'aimaient pas. Le terme est resté pour désigner l'architecture du Moyen Âge de cette époque : l'art gothique s'est développé dans les villes au moment de la construction des cathédrales. Dans ce style gothique, les bâtiments construits sont très hauts et très lumineux.

La Merveille[modifier]

Le cloître est un jardin carré. C'est le lieu de la promenade, de la conversation, du recueillement, c'est un lieu de prière et de méditation pour les moines. Il était réservé aux moines. Ce jardin est suspendu entre la mer et le ciel, il est entouré d'une galerie couverte située au niveau du réfectoire et de l'église. Il repose sur les voûtes de la salle des chevaliers, les murs sont en granite. Sur les murs, il y a des dessins de fleurs, qui nous rappellent les jardins d'Eden.

Le réfectoire de l'abbaye

Le cellier est une salle fraîche et obscure, les moines entreposent les provisions de l'abbaye.

Le réfectoire est une salle rectangulaire. Le plafond est une voûte en berceau (voûte en forme d'arc prolongé) pour alléger le poids sur les murs. Cinquante-neuf fenêtres (assez étroites) assurent une lumière douce et uniforme sur l'ensemble de la pièce. C'est dans ce lieu que les moines prenaient leurs repas en écoutant en silence le lecteur dans une chaire encadrée dans le mur sud.

La salle des hôtes se situe dans le bâtiment ouest. C'est une salle divisée en deux nefs de même longueur par une rangée de colonnes supportant une voûte sur croisée d'ogives (une voûte constituée d'arcs disposés en diagonale qui se croisent au centre sur une clef). C'est un lieu élégant. C'est une salle princière où les moines recevaient les hôtes et leur cour. De grandes cheminées dans le mur ouest constituaient la partie cuisine qui était séparée de la pièce par une tapisserie suspendue à des poutres encore visibles. La salle était décorée de peintures, de vitraux et d'un carrelage rouge avec des fleurs de lys dorées.

L'aumônerie est située sous la salle des hôtes, à côté du cellier. C'est une grande salle qui mesure 35 mètres de long. Elle est divisée en deux nefs couvertes par de simples voûtes d'arêtes. Cette salle est le lieu où les moines respectent la parole de St Benoît, elle donne un abri et de la nourriture aux pauvres.

La salle des chevaliers est la salle de travail des moines. Ils copient et mettent en couleurs les manuscrits. Les livres étaient très chers, et ils empruntaient des manuscrits à d'autres abbayes, ils les copiaient. Le livre était placé dans la grande bibliothèque. Au Moyen Âge les abbayes possèdent les plus grandes bibliothèques ; les livres sont des livres religieux et des livres de l'antiquité grecque et romaine.

Les voûtes du chœur sont des voûtes sur croisées d'ogives. Il y a des vitraux et le chœur qui est très grand est baigné de lumière.

Les pèlerinages du Moyen Âge vers le Mont-Saint-Michel[modifier]

Les pèlerins étaient des croyants (appelés miquelots). Beaucoup de personnes célèbres sont venues au Mont-Saint-Michel, la plupart étaient des rois comme Philippe Ier, Louis IX, Louis XI, François Ier, Philippe Le Bel.

On venait en pèlerinage au Mont-Saint-Michel pour prier l'archange Saint-Michel se faire pardonner ses péchés. En priant, ils espèrent obtenir le paradis (aller au paradis).

Les pèlerins faisaient la traversée à pied quand la marée était basse. Le problème, c'était les sables mouvants, beaucoup de pèlerins s'enfonçaient. Aucun ne venait en bateau à marée haute, c'était très dangereux.

Avant les pèlerins allaient au mont Gargan (Italie) chercher un morceau de roche. Ce fameux morceau de roche était sacré pour eux. Les pèlerins du Mont-Saint-Michel voulurent imiter les pèlerins qui allaient au mont Gargan mais cette pratique fut interdite. Ils décidèrent de ramasser des coques pour les porter sur eux. C'est devenu l'insigne du pèlerin. C'était déjà l'insigne du pèlerin à Saint Jacques de Compostelle. Les pèlerins venaient aussi pour voir les reliques : Il y avait 214 reliques au Mont-Saint-Michel et les moines devaient les présenter aux pèlerins pendant les messes. Une relique est ce qui reste matériellement d'une personne honorée comme sainte. Exemple de reliques du Mont-Saint-Michel : crâne de saint Aubert, bras de saint Aubert, bout de croix de Jésus.

Normand ou breton ?[modifier]

Le Mont-Saint-Michel se trouve à la frontière de ces deux régions, où Normands et Bretons prétendent chacun que le mont se trouve dans leur région. En fait, la frontière entre la Normandie et la Bretagne est un petit fleuve côtier, le Couesnon, dont le cours a souvent varié au cours des siècles, à cause des grandes marées dans la région. Du coup, au temps du duché de Bretagne, le Couesnon mettait le Mont du côté breton. Mais en 1789, lorsque l'on créa les départements, le Couesnon avait changé de cours et le Mont se trouva dans le département de la Manche, un département normand. Le Mont-Saint-Michel est donc actuellement normand.

Les Bretons se sont consolés en inventant un proverbe en forme d'alexandrin : Le Couesnon dans sa folie a mis le mont en Normandie.

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48° 38′ 09″ N 1° 30′ 41″ W / 48.635834, -1.511389