Rojava
| Administration autonome du Nord et de l'Est de la Syrie | |
|---|---|
| Drapeau de la Syrie et de la région. | |
| Administration | |
| Emblème de l'Administration autonome du Nord et de l'Est de la Syrie. | |
| Nom local | (ar) الإدارة الذاتية لشمال وشرق سوريا (ku) Rêveberiya Xweser a Bakur û Rojhilatê Sûriyeyê |
| Pays | |
| Langue(s) | Arabe, kurde |
| Statut politique | Région autonome |
| Capitale | Qamichli |
| Monnaie | Livre syrienne |
| Histoire | |
| Date | Novembre 2013 |
| Démographie | |
| Population | minimum 4 000 000 hab. (2022) |
| Tourisme | |
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L'Administration autonome du Nord et de l'Est de la Syrie, communément appelée le Rojava (qui signifie « l'Ouest » en kurde) ou le Kurdistan syrien, est une région autonome située dans le nord-est de la Syrie. Partiellement peuplée de populations d'origine et de langue kurde, elle est bordée au nord par la Turquie et à l'est et au sud-est par l'Irak. Elle est formée en novembre 2013, au cours de la guerre civile syrienne. En 2022, il est peuplé d'au moins quatre millions d'habitants1.
Description[modifier | modifier le wikicode]
Le Kurdistan syrien est situé dans le nord-est de la Syrie, et possède pour capitale la ville de Qamichli. Il est dominé par un terrain plat au sud de son territoire et par un relief plus prononcé au nord, avec la présence des montagnes de la Djézireh. Il est traversé par plusieurs fleuves, comme l'Euphrate et le Khabour qui tous deux se rejoignent depuis la Turquie.
À l'instar du nord du pays, le climat de la région est de type aride avec des étés très secs. Étant situé dans une zone désertique, le Rojava est peu peuplé en dehors des centres urbains (comme Raqqa, Hassaké...). Le manque de ressources hydrauliques naturelles a conduit le gouvernement à implanter des infrastructures d'approvisionnement en eau artificiels, comme le barrage de Tabqa qui arrose les rives de l'Euphrate et alimente aussi en électricité le nord de la Syrie.
D'un point de vue administratif, le Rojava est divisé en cinq régions :
- Canton de l'Euphrate, situé au nord de la Syrie ;
- Canton de Tabqa, au nord ;
- Canton de Raqqa, au nord ;
- Canton de Deir ez-Zor, situé au sud-est, à la frontière avec l'Irak ;
- Canton de Jazira, situé au nord-est, aux frontières avec l'Irak et la Turquie.
La population de la région est assez diversifiée, étant surtout composée de Kurdes au nord et d'Arabes dans le reste du territoire. La religion majoritaire est l'islam sunnite, bien qu'il existe des minorités chrétiennes.

Histoire[modifier | modifier le wikicode]
Avant l'époque moderne[modifier | modifier le wikicode]
Époque moderne[modifier | modifier le wikicode]
En 1962, un recensement falsifié par le pouvoir nationaliste arabe retire la citoyenneté syrienne à 20 % des Kurdes du pays. Ces derniers se retrouvent ainsi apatrides, et ne bénéficient plus de protection sociale de la part de l'État2.

Au début de la guerre civile syrienne, les régions de peuplement kurdes connaissent quelques manifestations organisées contre le régime de Bachar el-Assad, mais restent généralement attentistes face à la situation. Le 19 juillet 2012, alors que les troupes du régime syrien sont mobilisées contre l'offensive rebelle à Alep, les forces armées du Parti de l’union démocratique (PYD, parti kurde) profitent de la situation pour occuper les bastions kurdes de Afrine, Kobané et Hassaké3. Les groupés armés kurdes se constituent alors en milices autonomes qui opèrent indépendamment les unes des autres4. Le 12 novembre 2013, alors que les forces rebelles sont évacuées de la zone, le Parti de l'Union démocratique (PYD) annonce la création d'une région autonome dans les territoires que les milices kurdes contrôlent, ce qui cause des tensions avec le reste de l'opposition syrienne qui soutenait un pays unitaire. L'administration kurde met en place un gouvernement chargé de gérer les services publics, ainsi qu'une assemblée élue5. Ils désirent installer un système de gouvernance libéral et démocratique, inspiré des principes du militant indépendantiste Abdullah Öcalan (le confédéralisme démocratique), à l'opposé des dictatures de la région6. Ce projet politique est souvent qualifié d'« utopie » en raison de son caractère innovant et de sa réalisation très complexe78. Une constitution est adoptée en janvier 20149.
Dès 2013, les milices kurdes sont engagées dans des combats contre l'État islamique (Daech), qui s'impose dans le nord-est de la Syrie à la place de l'Armée syrienne libre. L'EI progresse jusqu'à la frontière turque, à Kobané, mais les Kurdes parviennent à reprendre la ville après trois mois de siège, avec le soutien de la communauté internationale. À partir de 2015, ils remportent une série de victoires contre les forces de l'État islamique dont ils coupent les routes de communication à l'est du pays, comme à Hassaké (2015), Manbij (2016) et Raqqa (2017). Ils conquirent l'ensemble du nord-est du pays, les limites de son territoire suivant à peu près le cours de l'Euphrate jusqu'à la frontière irakienne. Les Forces démocratiques syriennes, formées en 2015, contribuent de manière décisive à la chute de l'EI en Syrie en 201910.
Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]
Références[modifier | modifier le wikicode]
- ↑ La révolution du Rojava - Une décennie après (Partie I) – Kurdistan au féminin
- ↑ La position kurde dans le conflit syrien depuis 2011 - L'Orient-Le Jour
- ↑ Le Rojava : heurs et malheurs du Kurdistan syrien (2004‑2015) - OpenEdition Journals
- ↑ L’épopée de la Rojava - Persée
- ↑ En Syrie, les Kurdes prennent le large - Le Monde
- ↑ Le « cavalier seul » des Kurdes de Syrie - OrientXXI
- ↑ Une utopie au cœur du chaos syrien - Le Monde diplomatique
- ↑ Au Rojava, l'irruption d’une utopie en plein chaos | Philosophie magazine
- ↑ Les Kurdes, de la Médie au Rojava - Le Monde diplomatique
- ↑ Le « califat » de l'État islamique totalement éliminé - Le Point
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