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Peinture romane

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La peinture est partout présente dans les édifices romans. Elle est lié à la consécration de l'église. Les sculptures étaient peintes (comme le prouve de multiples traces ayant échappées à l'usure du temps). Mais la peinture est très bien adaptée à l'architecture romane qui lui offre de nombreuses surfaces (voûtes, murs) pour s'y déployer. Le procédé le plus employé est la détrempe, mais on utilise aussi d'autres techniques comme la fresque. La mosaïque est surtout utilisée en Europe du Sud qui baigne dans l'atmosphère romaine et byzantine où elle est un procédé essentiel de la décoration. L'inspiration est la même que pour la sculpture : il s'agit d'abord d'illustrer les écrits de l'Histoire sainte afin d'instruire les fidèles sur les bases de leur foi.

Images sur la peinture romane Vikidia possède une catégorie d’images sur la peinture romane.

Les techniques de la peinture romane[modifier | modifier le wikicode]

Peinture "à la grecque" dans l'abside de l'église de Berze la Ville

La fresque est une technique très employée. Le peintre étale un enduit sur une surface réduite (de 2 à 3 mètres carrés). Il doit peindre avant que l'enduit ne sèche (il dispose d'environ 6 ou 7 heures) ; les couleurs pénètrent dans l'enduit frais et les corrections sont assez difficiles, ce qui donne un certain « naturel » aux peintures ainsi réalisées. Le décor est donc constitué de bandes horizontales formées de « plaques » successives.

On peut également utiliser la peinture « à la grecque » (dénomination rappelant les peintures de certaines poteries grecques antiques). Sur un enduit réalisé avec deux couches de chaux éteinte et de sable fin, l'artiste dessine le motif avec un trait rouge, puis il peint l'intérieur avec un fond noir et bleu, ensuite on rajoute les couleurs. Celles-ci sont en nombre limité (bleu, noir, blanc, jaune, brun, vert et deux rouges).

Il existe aussi la technique de la « détrempe ». C'est une peinture mate sur fond clair. La couleur est faite à la colle, sans eau, et est appliquée sur un mortier sec, humidifié à l'endroit du dessin. Une fois le dessin réalisé on procède à la peinture du fond. Les corrections sont possibles (cas de Saint Savin sur Gartempe).

Les caractéristiques de la peinture romane[modifier | modifier le wikicode]

L'arche de Noé. Peinture à la détrempe de l'église de Saint Savin sur Gartempe (env. 1050)

L'abside des églises romanes est le plus souvent une représentation du Christ en majesté (voir abside de Bèze la Ville, ci-dessus). Jésus apparait dans une mandorle et est entouré d'une procession de saints ou par les 4 vivants (qui sont les 4 évangélistes : Matthieu, Luc, Marc, Jean). Il est la réplique (au fond de l'église) du Christ en majesté qui trône dans les tympans des portails d'entrée. La partie supérieure des murs latéraux de la nef, ainsi que la voûte sont décorées par des images tirées de l'histoire sainte ou de la légende dorée des saints, voire par des sujets profanes (travaux et jours en particulier).

La peinture romane a une esthétique particulière. Les corps des personnages sont structurés par le dessins des bras (formant un Y ou une W) ; mais ils disparaissent le plus souvent sous des vêtements dont les plis ou la décoration reprennent la même disposition. Les traits des visages sont réduits à des figures géométriques (rectangle ou ovale), souvent une longue ligne continue indique les sourcils, le nez ; la bouche est souvent indiquée par une ligne double. De plus il y a un refus de la perspective chez les peintres.

Les personnages se détachent d'un fond qui est le plus souvent uni ou constitué de petits motifs géométriques. S'il y a lieu pour préciser le contexte, une plante suggérera le Paradis, des traits ondulés horizontaux représenteront la mer...

L'utilisation des couleurs et sa symbolique est différente à chaque fois, même si des généralités sont possibles, il ne faut pas oublier que l'appréhension des couleurs n'était pas la même qu'aujourd'hui. Le jaune par exemple, la couleur des prostitués en règle générale, pourra faire référence au paradis et au ciel de la Jérusalem céleste dans d'autres cas.

L'enluminure romane[modifier | modifier le wikicode]

Une lettre enluminée dans un manuscrit roman

L'enluminure est une partie essentielle de la peinture romane. Il s'agit de la décoration des manuscrits contenant les textes religieux (Apocalypse, Bible, évangéliaire, psautier). Ces peintures sont réalisées dans les ateliers de copistes (le scriptorium) fréquents dans les monastères de l'époque. La tradition a été maintenue du VIe siècle au XIe siècle en Irlande et dans l'Espagne wisigothique. Les enluminures de cette époque utilisent les entrelacs et les tresses soigneusement mélangées autour de figures humaines ou animales (Irlande) ou bien des animaux ou humains fabuleux peints dans des couleurs violentes (Espagne). Par la suite et dans le reste de l'Europe romane les sujets sont inspirés des « écritures saintes » mais aussi des romans de chevaleries ou de la vie quotidienne. La peinture peut être réalisée en pleine page (mais bien que réduite en taille son coût de réalisation rend cette pratique rare). La décoration est souvent dans les marges et surtout dans les lettres capitales qui commencent les chapitres du texte (capitales ornées). La place disponible étant limitée, le décorateur réduit la taille des sujets (on parle de miniatures) et stylise au maximum les éléments du fond. Les feuillets des manuscrits sont en parchemin et le décorateur travaille à la plume d'oie. Pour certains feuillets on utilise l'or et l'argent. Quelquefois une légende écrite sur un ruban, sorte de bulle de bande dessinée, indique les idées principales. Le texte est écrit en « caroline » (type d'écriture apparue sous le règne de Charlemagne et qu s'impose à partir du Xe siècle).

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Sources[modifier | modifier le wikicode]

  • Flavio Conti et Martia Cristina Gozzoli, Reconnaitre l'art', Solar, 1983
  • Françoise Leriche-Andrieu, Initiation à l'art roman, Zodiaque, 1993

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