Otto Dix

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Otto dix à l'académie allemande des arts de Berlin en 1957.

Otto Dix, né le 2 décembre 1891 à Untermhaus, près de Gera, en Thuringe et mort le 25 juillet 1969 (à 78 ans) à Singen, près du lac de Constance, est un peintre allemand appartenant aux mouvements de l'expressionnisme et de la Nouvelle Objectivité.

Sa vie a été profondément marquée par ce qu'il a vécu durant la Première Guerre mondiale : il en revient pour peindre les conséquences de la guerre et critiquer la société qui l'a provoquée.

Sa vie[modifier | modifier le wikicode]

Dix était issu d'une famille ouvrière (son père travaillait dans une mine de fer) et rien ne le prédestinait à devenir peintre, si ce n'est l'intérêt de sa mère pour les beaux-arts et la musique. De 1905 à 1909, il prend des cours de dessin et de peinture à Gera, mais ses professeurs ne voient pas en lui un avenir artistique. De 1909 à 1914, grâce à une bourse, il étudie à l’École des arts appliqués de Dresde. Il s'essaie au futurisme, au cubisme et au dadaïsme.

Quand éclate la Première Guerre mondiale, il se porte volontaire comme artilleur et effectue plusieurs missions (notamment dans la Somme et en Champagne) : il a alors 24 ans. Il en ressort profondément bouleversé et choqué par les horreurs qu'il a vues : la guerre n'en finit pas de le poursuivre dans son inspiration artistique. Il adhère au mouvement satirique et réaliste de la Nouvelle Objectivité (wp) qui, au cours des années 1920, critique violemment la société allemande.

En 1927, Otto Dix devient professeur et enseigne l'art à l'université de Dresde. Mais lorsque les nazis prennent le pouvoir en Allemagne, en 1933, l'art et les artistes, surtout l'art moderne, sont persécutés.

Considéré comme un « bolchévique » à cause de son style, il est renvoyé de son poste d'enseignant et fuit vers le Sud de l'Allemagne vers le lac de Constance, où il peint de nombreux paysages. Il fait partie de ce que les nazis appellent les « artistes dégénérés » : en 1937, de nombreux tableaux de lui sont brûlés, tandis que d'autres sont mis de côté pour une exposition où les nazis montrent des « peintres dégénérés » (souvent de la Nouvelle Objectivité, comme Grosz), mais aussi des tableaux d'artistes étrangers, comme Matisse ou Picasso, ainsi que des peintures de malades mentaux (on veut ainsi prouver que les « peintres dégénérés » sont eux aussi des malades dont il faut se débarrasser). De nombreux artistes quittent l'Allemagne, mais Otto Dix choisit de rester et de modifier son style.

Otto Dix (à droite) en 1957.

En 1938, il est arrêté par la Gestapo pour complot contre Hitler, mais est ensuite libéré. De 1944 à 1945, il sert sur le front occidental. Il est envoyé en Alsace : fait prisonnier par les Français, il ne pourra revenir en Allemagne qu'en 1946.

Après guerre, il ne s'intéresse pas aux nouveaux mouvements qui apparaissent en Allemagne, mais reçoit de nombreuses récompenses des deux côtés du mur. Il meurt à Constance en 1969, des suites d'un infarctus.

Son œuvre[modifier | modifier le wikicode]

Otto Dix a peint des centaines de tableaux, mais ses œuvres sont encore soumises au droit d'auteur : on ne peut donc pas les reproduire sur Vikidia.

Jeunes années[modifier | modifier le wikicode]

  • Soleil levant (1913), réalisé alors qu'il n'était encore qu'un peintre amateur (lien)
  • Autoportrait avec un casque d'artillerie (Selbstbildnis mit Artillerie-Helm, 1914) : Otto Dix s'est représenté lui-même sur ce tableau, alors qu'il s'était engagé volontairement pour partir à la guerre en tant que soldat (lien)

Les années 20 : la Nouvelle Objectivité[modifier | modifier le wikicode]

Les Joueurs de Skat (Die Skatspieler, 1920) et les « Gueules cassées »[modifier | modifier le wikicode]

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Huile sur toile et collage, 110 cm × 87 cm

Ce tableau représente trois vétérans allemands, mutilés après la guerre, en train de jouer au skat, un jeu de cartes très populaire en Allemagne. Il est exposé à la Neue Nationalgalerie, à Berlin.

Otto Dix a peint ce tableau après avoir vu trois vétérans allemands jouer aux cartes dans un café ; il a donc décidé de reproduire la scène et l'a exagérée. Les soldats sont amputés, ils leur manquent des bras, des jambes, ou d'autres parties de leur corps, qui ont été remplacées par des prothèses. Peint seulement deux ans après la fin de la guerre, ce tableau en décrit les conséquences horribles.

Il fait partie d'une série de quatre tableaux, peints cette année-là, et représentant les « Gueules cassées », c'est-à-dire les soldats estropiés de la Première Guerre mondiale :

  • La Rue de Prague (Prager Strasse lien), qui représente la Rue de Prague, à Dresde, après la première guerre mondiale. On y voit deux personnes, l'une estropiée, et portant plusieurs prothèses, et l'autre cul-de-jatte (c'est-à-dire qu'il lui manque les deux jambes), sur une planche à roulettes.
  • Le Vendeur d'allumettes (lien), qui montre un homme assis sur un trottoir, aveugle, amputé des deux bras et des deux jambes, en train de vendre des allumettes dans l'indifférence des passants, tandis qu'un chien lui fait pipi dessus.
  • Les Joueurs de skat
  • La Barricade

Portrait de la journaliste Sylvia von Harden, ou Portrait de femme (Bildnis der Journalistin Sylvia von Harden, 1926)[modifier | modifier le wikicode]

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C'est une œuvre très caractéristique du mouvement de la Nouvelle Objectivité : c'est un portrait de Sylvia von Harden, de son vrai nom Sylvia Lehr (1894-1963), une journaliste. Cette œuvre est très connue, et a été souvent reproduite.

Elle a quelque chose de très novateur et de choquant pour l'époque (elle a été peinte en 1926 !) : on y voit une femme, intellectuelle, assise seule dans un café, en train de fumer, ce qui était impensable pour l'époque. Cette peinture illustre la montée du féminisme.

Elle est exposée au Centre Pompidou.

La Guerre (Der Krieg, entre 1929 et 1932)[modifier | modifier le wikicode]

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C'est une œuvre en trois parties, formant ce que l'on appelle un triptyque : autour d'un grand tableau s'articulent, de chaque côté, deux tableaux plus petits. L'ensemble représente plusieurs vues de la guerre, qui lui ont été inspirées par la première guerre mondiale. Otto Dix a peint ce tableau à une époque où la menace d'une nouvelle guerre pesait sur le monde : il voulait rappeler les horreurs que l'on avait connues durant la Première Guerre mondiale. En effet, comme le témoigne son œuvre, "la rue de Prague".

Le panneau central mesure 2,04 × 2,04 m, l’œuvre est exposée à la Galerie Neue Meister, à Dresde.

1933 - 1944 : le régime nazi[modifier | modifier le wikicode]

Nelly en Flore (1940)[modifier | modifier le wikicode]

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Au début du régime Nazi, Otto Dix a été considéré comme artiste "dégénéré" mais pour échapper à la persécution, il s'est conformé aux critères nazis, et a peint une série de portraits, comme celui-ci, où il représente sa fille, Nelly, en tant que Flore, la déesse romaine des moissons et des fleurs.

1945 à sa mort : La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le wikicode]

Alors qu'il avait vécu les horreurs de la première guerre et les dénonçait dans ses peintures, Otto Dix est finalement envoyé en France pour se battre ; il sera fait prisonnier et ne sera libéré qu'en 1947. Âgé alors de 57 ans, il est profondément marqué par la guerre.

Musées et lieux où sont conservées ses œuvres[modifier | modifier le wikicode]

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Sources[modifier | modifier le wikicode]

Liens wiki[modifier | modifier le wikicode]

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

Article mis en lumière la semaine du 8 octobre 2012, la semaine du 3 février 2014.
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