Jonque

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Navire à trois voiles de type jonque. Les voiles sont raidies par des lattes.
Une jonque en 1981.

Une jonque est un bateau traditionnel d'Extrême-Orient (Chine, Japon, Corée, Indochine). Il sert aux transports de passagers ou de marchandise, ainsi qu'à la pêche ou à la guerre.

La jonque est un bateau à fond plat, généralement dépourvu de quille. Elle a deux ou trois mâts non verticaux et est gréée de voiles, dites aux « trois quart », de toile ou de natte raidies par des lattes en bambou qui peuvent coulisser. La coque est compartimentée.

Il n'y a pas un modèle unique de jonque. Chaque type d'utilisation, chaque lieu de navigation (lac, rivière ou mer côtière ou au grand large) a donné lieu à un modèle particulier.

Par extension, le mot jonque désigne le gréement typique de ces voiliers. Aujourd'hui ce type de gréement peut être appliqué à tous les types de bateaux que ce soit des bateaux pneumatiques, des canots des yachts de course ou de croisière, mais aussi à des bateaux de pêche.

Origine du mot[modifier | modifier le wikicode]

Le mot jonque serait un emprunt au portugais « junco », lui-même emprunté au javanais « djong » ou au malais « adjong », emprunté au chinois « chuan ».

Caractéristiques de la jonque[modifier | modifier le wikicode]

le mécanisme qui permet de mouvoir les lattes commandant le déploiement des panneaux de toile
Détail de la voilure d'une jonque.

Les mâts[modifier | modifier le wikicode]

Dans une jonque à plusieurs mâts, ceux-ci ne sont pas placés en ligne droite, mais décalés les uns par rapport aux autres. Ils ne sont pas non plus verticaux, mais plus ou moins obliques.

Les voiles[modifier | modifier le wikicode]

Les voiles ne sont pas perpendiculaires à l'axe du bateau mais lui sont parallèles. La voile est à côté du mât et dépasse légèrement en avant de celui-ci (voile au 4/5). Ainsi disposée, la voile peut pivoter d'un côté ou de l'autre du mât et continuer à prendre le vent même lorsque le bâtiment vire de bord. On peut donc s'en servir comme d'un gouvernail.

La voile est divisée en panneaux, qui sont délimités par des lattes de bambous relativement lourdes. Ces lattes sont tenues au mât. Elles raidissent la voile, la maintiennent tendue et amortissent les efforts que le vent imprime à la toile. Chaque latte a ses propres écoutes (ou cordages), si bien quelle est relativement indépendante des autres lattes. En manœuvrant ces lattes on peut réduire ou augmenter facilement la surface de la voile, en fonction de la puissance du vent. En descendant les lattes les unes sur les autres, on ne laisse comme prise au vent que les parties basses du mât, ce qui en cas de tempête est très favorable. Si la toile d'un des panneaux est déchirée on fait « disparaitre » le trou en abaissant facilement la latte supérieure du panneau sur la latte inférieure, ainsi la jonque peut continuer à avancer.

Cette voilure est beaucoup plus facile à manœuvrer que la voilure des bateaux européens de la même époque. Elle demande un équipage plus réduit et moins exposé au danger pour enrouler ou désenrouler les panneaux de toiles.

Le gouvernail[modifier | modifier le wikicode]

Une jonque chinoise, illustration de 1853.

Le gouvernail axial existe en Chine dès le Ier siècle av. J.-C. ; en Occident les premières traces de son utilisation ne remontent pas avant le XIIe siècle.

La taille et la forme du gouvernail varient selon les régions et les types de jonques. On pouvait changer de gouvernail en fonction de la profondeur des eaux, car il pouvait être relevé ou descendu grâce à un palan.

Le gouvernail était à l'arrière du bateau. Il était muni d'un long bras qui débouchait sur le pont après avoir traversé une chambre étanche. Souvent il était percé de fenêtres en losange ce qui diminue la force nécessaire pour son maniement.

Les cloisons étanches de la coque[modifier | modifier le wikicode]

La jonque a une coque cloisonnée, ce qui permet d'isoler les compartiments où une avarie se serait produite. On évite ainsi que toute la coque se remplisse d'eau et cela permet au bateau de rester à flot. L'étanchéité entre les planches est assurée par de l'étoupe, de la chaux et de l'huile de tung.

Cette technique est en usage en Chine depuis le début du premier millénaire. Les Occidentaux ne l'adopteront qu'au XIXe siècle.

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