Guerre de succession de Pologne

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La guerre de succession de Pologne se déroule de 1733 à 1738. Le prétexte est l'élection de Stanislas Leszczynski comme roi de Pologne en 1733. Stanislas était le beau-père de Louis XV roi de France. L'élection est contestée par l'électeur de Saxe Auguste III qui est soutenu par la tsarine de Russie et l'empereur germanique Charles VI de Habsbourg.

À l'issue de la guerre, Stanislas renonce à la Pologne mais obtient le duché de Lorraine (qui doit revenir à la France après sa mort, via sa fille Marie Leszczynska, épouse de Louis XV). Le roi d'Espagne, allié de la France, obtient le royaume de Naples et la Sicile. En échange de son duché cédé à Stanislas, François de Lorraine, gendre de l'empereur Charles VI, reçoit le grand-duché de Toscane en Italie.

La succession de Pologne[modifier | modifier le wikicode]

Portrait en buste. Stanislas coiffé d'une perruque grise porte la cuirasse, et le manteau d'hermine est accroché sur son épaule gauche
Stanislas Leszczynski

La royauté de Pologne est élective. Les nobles réunis dans la Diète choisissent leur roi. En 1733, le roi Auguste II, qui est aussi électeur de Saxe (dans le Saint-Empire romain germanique) meurt. Stanislas Leszczynski, déjà roi de Pologne entre 1704 et 1709, beau-père du roi de France depuis 1725, et Auguste III de Saxe fils d'Auguste II sont candidats. Auguste III est soutenu par deux ennemis de la Pologne : la Russie et l'empereur Charles VI (également archiduc d'Autriche, roi de Bohême et de Hongrie, etc.).

La noblesse polonaise, largement payée par l'or français, souhaitant échapper aux pressions russe et autrichienne et espérant un soutien de la France, choisit Stanislas Leszczynski. Aussitôt la Russie et l'Autriche envahissent la Pologne et placent Auguste III sur le trône de Pologne. La France traditionnelle alliée de la Pologne catholique va intervenir, malgré les réticences du cardinal Fleury, le principal ministre de Louis XV.

La France recherche des alliances[modifier | modifier le wikicode]

Vu la distance et la nécessité de traverser l'Empire pour rejoindre la Pologne, une expédition militaire française en Pologne est exclue.

Reste donc à attaquer l'Empereur germanique, protecteur de Auguste III de Saxe (désormais roi de Pologne). Le cardinal Fleury et Louis XV lui déclarent la guerre, le 10 octobre 1733. On ne peut l'attaquer dans les Pays-Bas autrichiens (la Belgique actuelle) qui lui appartiennent. En effet cela risque de mécontenter le Royaume-Uni, qui ne veut pas de présence française dans cette région qui est en face de Londres. La France réussit d'ailleurs à ce que les Anglais restent neutres pendant toute la durée du conflit.

En Allemagne, la France reçoit l'appui de la Bavière.

Reste l'attaque sur l'Italie où les Habsbourg possèdent le Milanais et Naples et la Sicile. La France s'allie à l'Espagne (qui possède les duchés de Parme et la Toscane), à qui on promet la Sicile et le Royaume de Naples, ainsi qu'au duc de Savoie, roi de Sardaigne dont l'expansion territoriale est gênée par le Milanais.

La guerre[modifier | modifier le wikicode]

Une tentative navale pour débloquer Stanislas encerclé par les Russes dans Dantzig, port de la mer Baltique, échoue.

En Allemagne du Sud, les français commandés par le maréchal de Berwick, s'emparent de Kelh et de Philippsbourg. Le futur maréchal de Saxe participe à cette guerre du côté français.

En 1734, la France et la Savoie-Sardaigne par les victoires de Parme et de Guastalla, s'emparent du Milanais. Les Espagnols prennent Naples.

Mais le cardinal Fleury veut une paix rapide. Les armées cessent de se combattre dès 1735.

Le Traité de Vienne de 1738[modifier | modifier le wikicode]

Carte de l'est de la France
Le duché de Lorraine (en rayures grises) est enclavé dans le territoire du royaume de France (en jaune).

Les négociations sont laborieuses.

Stanislas Leszczynski renonce à être roi de Pologne. En compensation, il conserve son titre de roi et reçoit les duchés de Lorraine et de Bar (à titre viager). La France récupérera ces territoires à la mort de Stanislas (récupération effective en 1766), mais elle va, dès l'installation de l'ex-roi de Pologne dans ses duchés, fournir leurs administrateurs.

Lorraine et Bar appartenaient jusque là à François III de Lorraine, époux depuis 1736 de Marie-Thérèse de Habsbourg, fille et unique héritière de l'empereur Charles VI. En attendant d'endosser l'héritage du beau-père, en particulier la couronne impériale, François accepte (à contre-coeur) d'échanger ses possessions ancestrales contre le grand-duché de Toscane, les Habsbourg récupérant également le duché de Parme et Plaisance... tandis que le fils du roi d'Espagne, Don Carlos, qui était duc de Parme, est déplacé à Naples dont il devient roi (royaume de Naples), ainsi que de la Sicile (royaume de Sicile)1.
Par ailleurs, le roi de Sardaigne reçoit la partie ouest du Milanais.

Tous ces réarrangements territoriaux sont convenus par le traité de Vienne (1738).

Il n'y a que les Polonais, les Lorrains et les Italiens, tous concernés par ces chassés-croisés princiers, qui n'ont pas leur mot à dire.

Curieusement, cette guerre aboutit à l'installation des Bourbons d'Espagne dans le sud de l'Italie. Les Bourbons de France doivent hériter rapidement de la Lorraine, ce qui permettra une continuité territoriale du royaume jusqu'à l'Alsace et au Rhin.

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. La réunion de ces deux royaumes donnera, en 1816, le royaume des Deux-Siciles.

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