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Flamen Dialis

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Quatre flamines, dont le Dialis. Arc de la Paix à Rome. Les flamines sont reconnaissables à leur bonnet (galerus) surmonté d'un cimier de forme curieuse (l'apex)

À Rome dans l'Antiquité le flamen Dialis était le prêtre attaché au service exclusif de Jupiter. Sa fonction existait depuis les origines de Rome. Avec le flamen Martialis (culte du dieu Mars) et le flamen Quirinalis (culte du dieu Quirinus) il était un des trois flamines majeurs de Rome.

Sa fonction était très prestigieuse et comme de nombreux magistrats romains, dans ses déplacements il bénéficiait de la protection d'un licteur, il pouvait s'assoir sur un chaise curule et était de droit membre du sénat, l'assemblée dirigeante de Rome pendant la période républicaine. Mais, sauf à partir du Ier siècle av. J.-C., le flamen Dialis ne pouvait exercer d'autres charges publiques, ce qui écartait de ce poste les ambitieux désirant faire une carrière politique et permettait aux familles patriciennes de « caser » un des leurs devenu gênant ou qui était incapable.

Cependant ce flamine était soumis à des règles de vie très strictes. Il ne pouvait s'absenter de Rome, il devait se marier selon un rite particulier, il ne pouvait divorcer... mais si sa femme mourait il perdait ses fonctions. Ses vêtements avaient un aspect particulier, il ne pouvait monter à cheval, ni voir certains animaux considérés comme impurs par les Romains. Il était soumis à un régime alimentaire particulier avec l'abstinence de certaines viandes …

Choix du flamen Dialis[modifier | modifier le wikicode]

On peut reconstituer la vie quotidienne du Flamen Dialis et de son épouse la flaminica à partir des écrits des historiens antiques Plutarque et Aulus-Gelle ainsi que des textes laissés par les grammairiens. Les Romains étant très conservateurs sur le plan religieux, on peut penser que les rites et occupations du flamen Dialis ont assez peu varié au cours de l'histoire romaine, au moins jusqu'au dernier siècle de la République.

Le flamens Dialis était choisi par le Grand pontife parmi trois candidats. Il devait obligatoirement être un patricien et marié avec une femme issue elle-même du même milieu que lui. La nomination faite, une cérémonie publique consacrait l'agrément du dieu pour son nouveau prêtre (inauguration).

Dans la hiérarchie des prêtres officiels de Rome, le flamen Dialis, est placé en dessous du roi (puis pendant la période républicaine, après le rex sacrorum qui récupère les fonctions religieuses du roi). Mais curieusement il est considéré comme supérieur au grand pontife qui pourtant l'a choisi. Cette position hiérarchique du flamen Dialis, qui n'a peut être pas été telle au début de l'histoire de Rome, semble due à la promotion du culte de Jupiter par les rois étrusques qui régnaient sur la ville au VIIe siècle.

Malgré cette position le flamen Dialis doit obéir au Grand pontife, car il est comme un fonctionnaire religieux de l'État qui doit assurer la permanence de la protection divine sur Rome. La surveillance de cette fonction des différents prêtres officiels, jugée comme essentielle par les Romains, revient en effet au Grand pontife qui est le chef de la religion officielle.

Le flamen Dialis était nommé à vie. Cependant il pouvait perdre sa fonction. S'il devenait veuf, il devait démissionner car son épouse, la flaminica, participait à ses obligations religieuses. Il pouvait également être démis de ses fonctions par le Grand pontife, s'il avait commis une faute, même involontaire, comme le fait de faire tomber son bonnet (le galerus) pendant un sacrifice, ce qui était le signe que Jupiter n'agréait plus son flamine et qu'il fallait le remplacer pour conserver la protection divine sur la ville. Il en était de même si le flamine s'était montré négligent dans le soin qu'il apportait pour les offrandes au dieu.

Les privilèges honorifiques du flamen Dialis[modifier | modifier le wikicode]

La colline du Capitole de Rome avec à gauche le temple de Jupiter Capitolin, temple où officiait le flamen Dialis. Visible dans le fond à droite, la colline de l'Arx avec le temple de Junon Moneta. Reconstitution imaginée à la fin du XIXe siècle.

Le flamen Dialis dans ses déplacements dans Rome était précédé par un licteur et par un héraut qui prévenait les habitants de son arrivée. En effet il est le représentant du dieu Jupiter, qui comme les autres dieux, condamne le travail les jours de fête afin de ne pas souiller la pureté de la divinité. Les habitants rencontrés devaient alors arrêter de travailler pendant son passage.

Le flamen Dialis préside les cérémonies en l'honneur de Jupiter, au moins une par mois puisque, dans le calendrier religieux des Romains, le jour des Ides est consacré à Jupiter. Ce jour là il sacrifice un mouton dans le temple situé sur la colline du Capitole. Le flamen préside également la grande fête des Vinalia (signal du début des vendanges), également dédiée à Jupiter ; pour l'occasion il immole une jeune brebis. On sait aussi qu'il préside la fête des Lupercales (au mois de décembre). Il participe aux fêtes d'expiation, organisées au mois de février; c'est lui qui fournit alors la laine sacrée, le sel et le froment brûlé qui servent aux pontifes (prêtres des autres dieux officiels, regroupés le plus souvent en collèges) à purifier les maisons .

C'est le flamen Dialis qui unit les époux à l'occasion du mariage par confareattio (mariage réservé aux patriciens). Il présente aux nouveaux époux le gâteau qu'ils vont se partager.

Le flamen Dialis, tout comme les magistrats de haut rang, dispose d'un chaise curule et siège de droit au Sénat.

Les obligations du flamen Dialis[modifier | modifier le wikicode]

Le flamen Dialis était soumis à des obligations très strictes attachées à sa fonction de prêtre de Jupiter, le plus important des dieux romains.

Dans ses fonctions religieuses le flamine officie seul, alors que les autres prêtres généralement officient en collèges (à plusieurs). Le flamine est avant-tout un sacrificateur qui fait des offrande à son dieu, il ne s'occupe de rien d'autres, alors que les autres prêtres sont en même temps des administrateurs des temples et des juristes. Comme son travail consistait à sacrifier un animal à l'aide d'un couteau de bronze, (le secespita) les cheveux et la barbe du flamen ne pouvaient être coupés qu'avec un couteau du même type. Une fois coupés il étaient enterrés au pied d'un arbre spécial. Le barbier-coiffeur ne pouvait être qu'un homme libre et non pas un esclave (lié à son maître) comme c'est généralement le cas dans les grandes familles romaines (le Romain ne disposait que de miroirs de métal de qualité médiocre et confiait le rasage de son visage à un autre homme).

Le flamen prêtre exclusif de Jupiter ne devait avoir aucun lien avec les autres humains. Après sa nomination il n'est plus sous l'autorité du pater familias de sa gens, contrairement aux autres romains qui le restaient toute leur vie. Sa nouvelle famille est celle de Jupiter, le seul culte qu'il doit rendre est celui de ce dieu et il ne doit plus honorer les lares de la famille d'origine.

Il ne pouvait participer à la guerre (pourtant la défense de la cité est une des obligations fondamentales du citoyen romain) et n'avait pas le droit de monter à cheval. Il ne pouvait envisager une carrière politique (ce qui est un des droits du citoyen et en particulier des patriciens). Il ne pouvait pas prêter de serment à l'État, ce qui est impensable pour un prêtre lié à Jupiter. Ce n'est qu'en 200 av. J.-C. qu'un flamine est autorisé à devenir un édile curule (première fonction du cursus honorum, et dans à cette occasion le serment de fidélité à l'État est prononcé par son frère.

Pour assurer le service du dieu, le flamine doit être pur. Par le toucher, la vue ou l'ouïe il ne doit pas avoir de contacts avec la mort et les dieux souterrains. Il ne doit donc ne pas approcher le corps d'un mort décédé naturellement (la mort naturelle était considérée comme une souillure par les Romains). Pour la même raison il ne pouvait voir un bûcher funéraire où le corps du mort était incinéré. Il devait se tenir éloigné des joueurs de flûtes funéraires. Le flamen Dialis devait fuir la proximité de la viande crue, de la farine fermentée, des fèves, des chiens, des chèvres qui étaient des offrandes faites aux dieux souterrains.

Serviteur de Jupiter, le flamen doit assurer la permanence de la protection divine sur la ville. Il ne doit donc pas s'éloigner de Rome plus de deux jours de suite. Il ne doit pas passer de nuit hors de sa demeure. Dans son logis le feu sacré brûle en permanence (comme dans le temple de Vesta). Il ne peut sacrifier que dans Rome. Près de son lit, il doit y avoir un gâteau destiné à être offert en toute occasion à la divinité. Pour cela on ne doit pas placer une table vide devant le flamen, tout comme les autels familiaux ou dans les rues de Rome ont des offrandes permanentes.

Le flamen et la flaminica[modifier | modifier le wikicode]

Le flamen Dialis devait être marié. Comme tout patricien il se mariait selon la procédure de la confareattio. Les époux symbolisaient le « couple idéal » des Romains de l'époque royale et républicaine. L'épouse devait être vierge lors de son mariage et devenait alors la flaminica qui participait aux différentes obligations de son mari. Si le couple n'avait pas d'enfant, des enfants choisis dans d'autres familles patriciennes (appelés les camilles) assistaient le couple lors des cérémonies.

La flaminica avait des obligations spécifiques. Elle tissait l'étoffe de laine avec laquelle elle confectionnait la tunique et le manteau de son mari (la laena). Elle devait être voilée lorsqu'elle sortait dans la ville. Elle ne pouvait monter plus de trois marches d'une échelle, afin de ne pas montrer son pied à d'autres hommes. Ses chaussures devaient être fabriquées avec la peau d'un animal immolé ou tué volontairement. Pendant le mois de juin (jusqu'aux Ides), elle ne pouvait se peigner, de couper les ongles ni « s'approcher » de son mari. C'était un temps de deuil.

Elle porte une coiffure spéciale, faite de tresses de ses cheveux qui sont ramassées sur le dessus de la tête (le tutulus) . Le plus souvent elle porte une couronne composée d'un rameau de grenadier dont les deux extrémités sont fixées par un fil de laine. Sur cette couronne est attaché un petit voile de laine de couleur rouge orangé (la même que celle du voile de la mariée d'origine patricienne qui entre dans la maison nuptiale).

Source[modifier | modifier le wikicode]

  • [1] dictionnaire des Antiquités grecques et romaines de Daremberg et Saglio. Réédité par l'Université de Toulouse Jean Jaurès.
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