Combat des Horaces et des Curiaces

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Horace tuant les Curiaces. Fresque de Guiseppe Cesari. Début du XVIIe siècle

Le combat des Horaces et des Curiaces est un épisode légendaire de l'histoire de Rome au VIIe siècle av. J.-C..

Deux équipes de trois champions, l'une représentant Rome (les Horaces) et l'autre (les Curiaces) représentant la ville d'Albe-la-Longue s'affrontent dans un duel afin d'éviter une guerre généralisée. Dans le combat deux des Horaces sont tués. Le dernier Horace en feignant de s'enfuir, parvient à supprimer les uns après les autres les trois Curiaces qui bien que blessés s'étaient lancés à sa poursuite, mais à des vitesses différentes.

Publius Horace est accueilli en vainqueur à Rome. Cependant sa sœur Camille lui reproche d'avoir tué son fiancé qui était un des Curiaces. Horace tue sa sœur en l'accusant de faire passer son intérêt personnel avant celui de son pays donc son manque de patriotisme.

La légende des Horaces et des Curiaces est rapportée par Tite-Live, un auteur latin et par Denys d'Halicarnasse qui écrivait en grec.

La rivalité Albe-Rome[modifier | modifier le wikicode]

Albe-la-longue, avait été fondée par Ascagne, le fils d' Énée. Rémus et Romulus sont nés à Albe. Après avoir rétabli sur le trône leur grand-père Numitor, ils avaient quitté Albe pour fonder la ville de Rome.

Quoi que Rome ne soit alors qu'une petite cité, l'Histoire ou la légende appelle cette époque celle de la monarchie romaine, c'est-à-dire de la royauté.

Rome et Albe était des villes voisines et rivales. Les paysans des deux cités ne cessaient d'avoir des conflits pour la possession des terres à cultiver. Pendant le règne de Tullius Hostilius (le troisième roi légendaire de Rome, entre 673 et 641 av. J.-C.), Albe et Rome sont sur le point de se faire la guerre.

Alors que la région était menacée par les puissants Étrusques, afin de ne pas affaiblir les deux villes, Mettius Fufetius, le dictateur albain, propose de transformer la guerre en un duel entre deux équipes de champions. Après une dizaine de jours de réflexion, les Romains acceptent l'idée du duel. Chaque camp propose trois frères jumeaux qui sont à peu près du même âge, de la même force et qui sont des cousins germains. Les Horaces combattront pour Rome, les Curiaces pour Albe.

Le combat[modifier | modifier le wikicode]

Le combat a lieu dans l'espace séparant les deux armées assemblées. Au cours de la rencontre deux Horaces sont tués, alors que les trois Curiaces ne sont que blessés.

En infériorité numérique face à ses adversaires, Publius, le troisième Horaces, imagine un stratagème pour n'avoir à combattre qu'un seul Curiace à la fois. Il s'enfuit du champ de bataille. Les trois Curiaces le poursuivent, mais à des vitesses différentes, si bien qu'ils se séparent. Lorsqu'il estime que la distance séparant chacun de ses poursuivants est suffisante, Publius s'arrête et fait face. Il attaque le premier Curiace, blessé et épuisé par la course et le tue. Il en fait de même avec les deux autres adversaires.

Le retour à Rome[modifier | modifier le wikicode]

Horace venant de tuer sa sœur Camille. Tableau de Victor-Maximilien Potain. 1785

Vainqueurs, Horace et l'armée romaine regagnent Rome. Publius portait les armes prises sur ses adversaires vaincus. Il est acclamé par la population. Mais sa sœur Camille, qui l'attendait près de la porte Capène, reconnaît sur les épaules de son frère la cotte d'armes qu'elle avait elle-même tissée pour son fiancé un des Curiaces. Elle s'arrache alors les cheveux et déchire sa tunique, elle insulte son frère devenu le meurtrier de son fiancé.

Révolté par l'affront public fait par sa sœur, Publius Hottius la tue avec sa propre épée, en disant:« " Va, avec ton fol amour, rejoindre ton fiancé, toi qui oublies et tes frères morts, et celui qui te reste, et ta patrie. Périsse ainsi toute Romaine qui osera pleurer la mort d'un ennemi.  » (Tite-Live, Histoire Romaine, I-26.)

Le procès de Publius[modifier | modifier le wikicode]

Cependant Publius est un meurtrier. Le roi Tullius Hostilius nomme deux magistrats pour le juger. Ceux-ci le condamnent à être battu à mort. Publius fait appel du jugement et un nouveau procès a lieu, mais devant l'assemblée du peuple. Publius est défendu par son père. Celui-ci fait valoir qu'il ne lui reste plus qu'un seul enfant. Il déclare que Camille était coupable par son manque de patriotisme et de fidélité familiale. Usant de sa puissance paternelle il aurait lui-même puni sa fille. Il parvient à convaincre le peuple, qu'un héros qui a donné la victoire à Rome ne peut être ainsi humilié et mis à mort. Publius est acquitté.

L'expiation du meurtre de Camille[modifier | modifier le wikicode]

Après que les hommes aient rendu leur jugement, il faut apaiser les dieux mécontents de cet homicide. Tout d'abord le vieil Horace doit racheter son fils. Puis le roi demande à deux pontifes de préparer une cérémonie expiatoire de purification des lieux et du meurtrier. On bâtit deux autels sur les lieux du meurtre de Camille. Un est dédié à Junon qui supervise les Furies (créatures qui vengent les crimes commis dans la parenté). L'autre est consacré à Janus Curiatus qui est le gardien des portes.

Le vieil Horace installe en travers de la route une poutre, sorte de joug, sous laquelle il fait passer son fils qui a la tête voilée, tout comme les soldats passaient sous le joug en guise de soumission au vainqueur. Par la suite les Romains y font tous les ans des sacrifices pour honorer Camille par un culte particulier.

Étant vaincue, la cité d'Albe est rasée et ses habitants viennent habiter le site de Rome. Ils s'installent sur la colline du Cælius, renforçant ainsi la population de la ville.

Œuvres[modifier | modifier le wikicode]

Cet épisode a inspiré plusieurs tableaux, sculptures ainsi qu'une pièce de théâtre. Il y a notamment :

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