Duel

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Duel d'Onéguine et de Lensky, par Ilia Répine, aquarelle, Saint-Pétersbourg (1899).

Un duel est un combat réglementé entre deux personnes, l'offenseur et l'offensé. Que ce soit à l'épée ou au pistolet, le duel est une pratique datant du XVe siècle attachée à la question de l'honneur : le but n'est pas de tuer l'adversaire mais seulement de laver la réputation de l'offensé.

Ces combats, d'abord censés exercer la violence dans un cadre plus loyal et réglementé, ont vite fait de nombreuses morts et ont été progressivement interdits partout en Occident.

Histoire[modifier | modifier le wikicode]

Duel judiciaire entre le maréchal Wilhelm von Dornsberg et Theodor Haschenacker, à Augsbourg, en 1409.

Aux origines, le duel judiciaire[modifier | modifier le wikicode]

Les origines du duel remontent au Moyen Âge : à cette époque, le duel judiciaire est une pratique en pleine expansion. Lorsqu'un procès n'aboutissait pas faute d'éléments suffisants pour conclure, les deux parties pouvaient s'opposer dans un duel : placé sous l'arbitrage de Dieu, le combat déterminait quelle était la bonne position. Ce combat mortel, allant toujours à son terme, était courant pour les affaires de crimes ; les nobles pouvaient se battre à l'épée ou la lance, les non-nobles se battaient avec des bâtons.

Dès cette époque, le duel devient une cause de nombreuses morts. C'est pourquoi en 1260, le roi saint Louis décrète une ordonnance royale interdisant tout duel sur le sol de son royaume. Malgré tout, les nobles continuent d'utiliser cette méthode, considérée comme la seule réparation possible pour leur rang. De nouveau autorisé par Philippe IV le Bel pour les crimes de sang, il disparaît progressivement au cours du XVIe siècle.

Le duel d'honneur[modifier | modifier le wikicode]

Le duel judiciaire est alors remplacé par le duel d'honneur. Non contents de réserver le duel aux procès irrésolus, les nobles à partir du XVIe siècle en firent un moyen de laver leur honneur en toutes circonstances. Les gentilshommes se battent pour n'importe quelle raison : calomnie, mots maladroits et même regards déplacés suffisent à mettre en jeu des vies. Le résultat est catastrophique : en trente ans, le nombre de morts pour cause de duel s'élève à 10 000.

Duel au bois de Boulogne, en 1874.

Pendant les années qui suivront, les rois de France essaieront tous d'interdire le duel, sans succès. Les édits d’interdiction se multiplient sans effet (1599, 1602, 1613, 1617, 1623, etc.) car, les rois appartenant eux-mêmes à cette tradition aristocratique, sont toujours d'une grande complaisance à l'égard des duellistes. Désormais considéré comme un moyen pour les aristocrates de contester l'autorité du Roi et de réclamer leur indépendance, le duel est qualifié de crime lèse-majesté. Arrivé au pouvoir, le cardinal Richelieu, connu pour sa rectitude, mène alors une politique beaucoup plus sévère : il déclare la pratique du duel passible de la peine de mort et n'hésite pas à faire exécuter les contrevenants, si haut soit leur rang. Les duels se font plus discrets, mais existent toujours.

La Révolution française marque un tournant politique à propos des duels. Tous les édits royaux interdisant les duels sont supprimés et aucune loi ne vient les remplacer. Encadré par un procès verbal, le duel redevient alors une pratique commune à la bonne société (nobles, mais également bourgeois, hommes politiques, militaires, journalistes, écrivains...), très réglementée et codifiée : des ouvrages, comme L'essai sur le duel (1836) du comte de Chatauvillard, donnent des conseils sur le choix de l'arme, du lieu, de la date, des témoins ou encore du type de duel. En effet, on connaît deux formes de duels : le duel de sang (qui s'arrête dès que le sang coule) ou le duel à mort (qui ne cesse que lorsque l'un des deux parties est morte).

Cependant, le duel tombe peu à peu en désuétude. Symbole de l'Ancien régime ou jeu d'enfants décrié par les écrivains, il devient vite un spectacle plus qu'un lavage d'honneur. La Première guerre mondiale, qui valorise l'unité collective plutôt que l'honneur personnel, met fin à une pratique déjà en déclin. Le dernier duel connu date de 1967 entre les parlementaires MM. Gaston Defferre et René Ribière qui avaient eu une altercation lors d'une séance publique.

Personnalités s'étant battues en duel[modifier | modifier le wikicode]

Règles[modifier | modifier le wikicode]

Duel entre Alexander Hamilton et Aaron Burr

La personne qui se considérait comme offensée pouvait provoquer son offenseur en duel : cela se faisait en montrant un geste insultant, généralement en frappant son adversaire avec un gant. Dès lors, s'il ne relevait pas le défi, l'offenseur était considéré comme un pleutre.

Le duel pouvait se faire à l'épée, au sabre mais surtout au pistolet. Les deux parties se mettaient également d'accord sur un lieu qui devait être isolé, comme un bois, afin que le duel ne soit pas interrompu par des passants. Pour la même raison, le duel avait lieu tôt le matin, dès l'aube. Chaque partie est accompagnée de témoins : deux par personne pour le pistolet, quatre pour l'épée ou le sabre. Quand on avait vérifié les armes d'un côté comme de l'autre, le duel pouvait commencer.

On connaît plusieurs types de duels. Pour les duels au pistolet, il y a le duel au visé et le duel au commandement. Dans le duel au visé, les duellistes ont tour à tour une minute pour tirer (deux s'ils sont blessés) et doivent attendre de manière immobile pendant la minute de tir de leur adversaire (il n'y a généralement pas plus de trois coups par personne) ; dans le duel au commandement, les duellistes ont trois secondes à partir du signal « Feu » pour tirer en même temps (il n'y a pas d'ordre de tirs). Pour les duels au sabre ou à l'épée, il y a le duel de premier sang et le duel à mort. Dans le duel au premier sang, le combat cesse à la première goutte de sang versée, à la première blessure, si petite soit-elle ; dans le duel à mort, le combat s'achève par la mort d'un des duellistes.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

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