Catharisme

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Les Cathares (du grec katharós, « pur »), qui s'appelaient eux-mêmes les « Bons Chrétiens », étaient un groupe religieux du Moyen Âge.

Un peu d'histoire[modifier | modifier le wikicode]

La population cathares expulsées de Carcassonne en 1209 après la croisade.

Le catharisme s'est développé dans le sud-ouest de la France.

L’Église catholique, effrayée par cette « hérésie », en était pourtant la principale responsable : en effet, critiquée de toutes parts et incapable de se réformer, elle a petit à petit laissé place au catharisme. Combattue dès sa naissance par la papauté, cette secte fut éteinte brutalement lors de la prise de Montségur, en mars 1244. Pour détruire l'Église cathare, l'Église catholique s'appuie sur les princes et les seigneurs qui organisent à partir de 1208, une Croisade, qui va ravager le sud de la France pendant des dizaines d'années. La défaite des seigneurs occitans, face aux seigneurs du nord, provoque le rattachement du Comté de Toulouse au domaine royal en 1271.

En réalité le siège de Montségur ne marque pas la fin de la saga cathare, le dernier château ne tomba qu'en 1256, il s'agissait du château de Quéribus. Mais si les cathares devaient fuir les persécutions, ils n'en continuaient pas moins à pratiquer leur foi de manière plus ou moins clandestine. Le dernier Parfait, Guilhem Bélibaste, sera brûlé un siècle après la chute de Montségur.

La croyance des cathares[modifier | modifier le wikicode]

Les Cathares sont dualistes, ils croient à la coexistence de deux principes éternels qui sont à l'origine de la création du bien (l'âme, le monde spirituel) et du mal (le corps, le monde matériel, celui de la souffrance et de la mort).

Les cathares se divisaient en deux tendances, qui divergent sur le problème de l'origine du mal. Dieu, éternel, tout puissant, créateur, peut-il être tenu pour responsable du mal ?

Le dualisme mitigé[modifier | modifier le wikicode]

Pour les dualistes mitigés, le monde terrestre est la création de Lucifer, qui est un ange (donc une créature de Dieu) qui se rebelle contre Dieu. Chassé du royaume de Dieu (le Bien) il entraîne dans sa chute de très nombreux autres anges (les âmes). Réfugié sur Terre, Lucifer crée les êtres et les choses visibles à partir des quatre éléments créés par Dieu. Les anges déchus sont enfermés dans le corps des hommes qui reçoivent ainsi une âme céleste, mais celle-ci est entachée du péché originel (celui de la désobéissance à Dieu). Par la suite, les anges se sont reproduits en même temps que les corps humains. D'après cette tradition, Dieu serait en partie responsable du monde terrestre et du mal.

Le dualisme absolu[modifier | modifier le wikicode]

Pour les dualistes absolus, Dieu qui est le Bien, est totalement innocent du Mal. Il y a en fait deux principes opposés qui expliquent deux créations. Dans les premiers temps de la création, Satan, qui est le mal, et est indépendant de Dieu, monte à l'assaut du royaume de Dieu. Mais il est vaincu par l'archange Michel. Il est précipité sur terre avec un tiers des âmes célestes qu'il a réussi à corrompre et qui laissent dans le royaume de Dieu leurs corps et leurs esprits saints. Sur Terre, Satan enferme ces âmes déchues dans des corps humains qu'il a créés. Ces âmes ont oublié leur origine divine et se réincarnent continuellement dans de nouveaux corps humains.

Mais Dieu (le Bien) n'abandonne pas les âmes perdues. Il envoie sur terre son fils Jésus Christ, qui prend une apparence humaine (et non une réalité physique comme pour les autres chrétiens). Jésus enseigne (contenu des Évangiles) les moyens pour être sauvé et rejoindre leurs corps divins. Par le baptême (ou le consolament pour les cathares) l'esprit saint rejoint les âmes, les deux réunis peuvent alors regagner le royaume de Dieu, en interrompant ainsi les réincarnations. Les créatures de Satan diminueront en nombre et le monde qu'il a créé disparaîtra à la fin des temps.

Le consolament[modifier | modifier le wikicode]

L'aigle, symbole de Jean l'évangéliste

Le consolament est le seul sacrement des cathares. Le croyant qui reçoit le consolament entre dans la communauté des parfaits. L'administration du consolament est faite par les parfaits. Le consolament est donné à des adultes ou à des adolescents consentants. Celui qui reçoit le consolament doit avoir fait un séjour d'étude et de probation pendant un an dans les maisons (non-mixtes) tenues par les parfaits.

La cérémonie d'administration du consolament a lieu dans une pièce fortement éclairée dans laquelle sur une table on a disposé un manuscrit renfermant l'évangile selon Jean. Le texte est traduit en occitan, ce qui est une pratique interdite par l'Église catholique de l'époque. Un des parfaits présents, l'ancien (l'évêque cathare, ou un de ses deux adjoints), dirige la prière et récite et commente le Pater (la prière chrétienne du Notre Père, que seuls les parfaits peuvent prononcer). Le croyant confesse ses péchés et par trois fois répond positivement à la question de son accord pour recevoir le consolament et suivre les obligations qui s'y rattachent.

Puis l'ancien pose le manuscrit de l'évangile sur la tête du croyant (c'est la descente de l'Esprit Saint , tout comme les apôtres l'ont reçu le jour de la Pentecôte) et lui entoure la taille d'une corde.

Tous les parfaits présents imposent les mains sur le croyant. Ensuite le croyant reçoit le baiser de paix qui se transmet entre tous les présents, si des parfaites participent à la cérémonie, celles-ci se contentent d'effleurer le bras de leurs voisins. Le croyant devient alors le consolé c'est à dire un parfait.

Le consolament sert donc de baptême (entrée dans l'Église cathare), de pénitence (il efface les péchés, il pouvait d'ailleurs être renouvelé en cas de rechute dans le péché), d'ordination (le nouveau parfait peut prêcher la foi cathare et administrer le consolament à un croyant), mais aussi bien pour les femmes que les hommes.

Le consolament pouvait être accordé à un mourant. Dans ce cas la cérémonie était abrégée. Si le mourant guérissait il perdait alors le bénéfice du consolament ainsi reçu, sauf s'il observait les obligations strictes du parfait.

Organisation de l'Église cathare[modifier | modifier le wikicode]

Les croyants sont la base de l'Église cathare. Ils viennent de tous les milieux sociaux (de la petite noblesse aux paysans en passant par les artisans des villes). Certains adhèrent aux idées cathares et respectent les parfaits, mais ne veulent pas vivre avec les contraintes qui sont celles des parfaits ; ils se contentent d'assister aux cérémonies, ils recoivent chez eux les parfaits en déplacements. Mais pour le reste du temps ils vivent comme tous leurs voisins. Pour la plus grande part d'entre eux ce ne sera qu'à l'approche certaine de la mort, qu'ils demanderont à recevoir le consolament . Ces croyants sont donc des « sympathisants », mais pas des membres de l'Église cathare. On peut estimer qu'ils étaient 100 000 au début du XIIIe siècle.

Ceux qui souhaitaient devenir parfaits ou bonshommes ou bonnesfemmes devaient faire leurs preuves. Ils faisaient un stage (l'approbation) dans des maisons tenues par les parfaits. Souvent les parfaits vivaient en communautés qui mènent une vie austère (surtout parmi les femmes).

Les parfaits ou purs ou revêtus, avaient reçu le consolament. Ils forment l'Église cathare. Parmi eux ils désignaient un ancien qui dirigeait la communauté locale. Au-dessus, se trouvent l'évêque cathare, élu, assisté de deux fils : le fils majeur, qui succédera à l'évêque et le fils mineur, qui succédera au fils majeur. Ce système permet s'assurer la continuité de l'Église cathare.

Les obligations des parfaits[modifier | modifier le wikicode]

Les parfaits doivent montrer un détachement du monde terrestre. Ils ont de nombreux interdits alimentaires. La viande, les œufs, le lait et les laitages sont interdits en permanence. Le poisson, l'huile, le pain, les légumes sont permis en semaine, sauf le lundi, le mercredi et le vendredi qui sont des jours de jeûne. Rien ne doit être cuit avec de la graisse. Pour être sûr de la pureté de leurs repas, les parfaits ont leurs propres couverts, serviette et nappe.

Les parfaits pratiquent trois périodes de jeûne dans l'année. Chacune dure quarante jours. Seule la consommation d'eau, de pain et de légumes est alors autorisée (sauf les jours de jeûne de la semaine normale).

Les parfaits doivent renoncer à toutes relations sexuelles, à tout contact physique avec une personne du sexe opposé.

Le parfait doit travailler de ses mains pour vivre. Il ne doit plus prêter serment, ni blasphémer, ni mentir, ni juger, ni voler, ni tuer (même un animal).

Tout manquement à ces interdits fait perdre le consolament. Les fautes doivent être confessées en public au moins une fois dans la semaine au moment de la visite de l'ancien.

Sources[modifier | modifier le wikicode]

  • Arno Borst, Les cathares, Payot, 1974
  • Les Cathares, divers collaborateurs, MSN. 2007
  • Catharisme article de Wikipedia.
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